Cross Country

Europe de cross : les promesses des juniors-espoirs

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Poste Le 14 décembre 2015 par adminVO2

Les juniors filles, deuxièmes l’an dernier, ont terminé au pied du podium dimanche 13 décembre aux championnats d’Europe de cross à Hyères, alors que les espoirs féminines ont récolté l’argent. Sans oublier le bronze pour les espoirs masculins et le carton plein des juniors. Belles promesses pour l’avenir.
Le demi-fond féminin, notamment chez les jeunes, a souvent souffert de la comparaison avec les autres nations. Et le tableau des médailles des championnats d’Europe en atteste. Avant Hyères, les juniors filles ne figuraient pas dans le top 20 des nations continentales, classement largement dominé par les Britanniques (30 médailles dont 18 en or ; les juniors hommes étaient de leur côté troisièmes, derrière la Russie et la Grande-Bretagne).
Chez les espoirs, la France se situait en 11e position d’un classement là aussi dominé les filles britanniques, alors que les espoirs masculins figuraient en tête (sans comptabiliser les résultats de Hyères, donc), devant la Grande-Bretagne (11 médailles, dont cinq en or).
Mais çà, c’était avant.
« Un pont d’encouragements »
Car les juniors féminines à l’ossature triathlon avaient balisé le chemin l’année passée, en s’emparant de la médaille d’argent par équipes, la première de l’histoire dans la catégorie.
Hier, elles n’ont pas réédité l’exploit, terminant 4e à quinze points des Danoises, un résultat qui demeure très honorable. « J’ai voulu trop bien faire et j’ai ressenti la pression.  Au niveau de la respiration, je me sentais comme paralysée » explique Cassandre Beaugrand, 14e. « J’ai essayé de me libérer, en me disant que c’était une course normale, mais c’était vraiment dur. Mais on retentera encore et encore, jusqu’à ce que çà marche ».
Cécile Lejeune, 13e et première Française, s’est au contraire nourrie du fait d’évoluer à domicile. « A l’échauffement, c’était génial, on nous encourageait de tous les côtés. Sur le parcours, il y avait des endroits où il y avait une sorte de pont d’encouragements qui résonnait tout autour de nous. Ça m’a aidé, lorsque j’ai commencé à avoir mal aux jambes ».

Départ des juniors
Départ des juniors
« On ne gère pas nos émotions de la même façon » analyse Annette Sergent, double championne du Monde de cross et qui a notamment suivi les juniors et les espoirs lors des stages de préparation. A l’instar de Cassandre Beaugrand, Jacqueline Gandar, impressionnante cet automne et notamment au sélectif à Gujan-Mestras, fut inhibée tout au long de la course (37e). « Je pense que Jacqueline s’est mise beaucoup de pression. Elle était dans un état de stress assez important avant la course. On voyait qu’elle ne maîtrisait pas. C’est une expérience et il faut qu’elle apprenne pour les prochaines occasions. Elle est jeune et c’est bien que ça se passe maintenant pour qu’elle puisse travailler là-dessus » glisse Annette Sergent.
« Je suis fière des filles »
Les épreuves jeunes servent aussi à cela : se préparer pour les seniors et le très haut niveau. « J’avais l’impression de ne plus pouvoir respirer, ce qui ne m’était jamais arrivée après une course. Heureusement, on m’a emmené à la tente (après la ligne d’arrivée), ça m’a calmé et j’ai repris ma respiration » raconte Jacqueline Gandar dans la zone mixte, encore très marquée. « J’ai tout donné jusqu’au bout, je suis fière des filles qui ont fait une course absolument géniale. On s’est toutes motivées ».
Car nonobstant sa contreperformance et la sélection gagnante de Liv Westphal chez les seniors (qui pouvait courir chez les espoirs), les espoirs bleues sont tout de même parvenues à monter sur la deuxième marche du podium par équipes.
Dans l’aire d’arrivée, ce fut l’explosion de joie. « Merci à toi » souffle Maéva Danois à une Annette Sergent émue. « Non, c’est vous qui l’avait fait. Vous me faîtes monter le coeur, ça ne va pas du tout ! » sourit-elle (lire aussi ses conseils pour le cross dans le dernier numéro de VO2 Run).
Emma Oudiou
Emma Oudiou
« Annette nous a beaucoup suivies tout au long du stage (en octobre). (Lors des championnats), elle était là jusqu’à l’échauffement. On est très reconnaissantes car elle nous a apporté son expérience, sa crédibilité d’athlète. Laurence Vivier également, qui a toujours été là. On s’est sorties les tripes » souligne Danois, 19e et deuxième françaises derrière une épatante Emma Oudiou, excellente 8e.
Une performance qui met en exergue son potentiel, pas encore exprimé à ce niveau dans les labours. « Je me suis complètement libérée. J’ai couru sans complexe. Je pense aussi que c’était un parcours pour moi. Les buttes me correspondaient, et le reste était super roulant. Pour une pistarde et une steepleuse, c’était parfait » indique la médaillée de bronze des Europe espoirs sur steeple l’été dernier (Maéva Danois avait pris l’argent), qui met en avant une équipe vraiment « soudée » et pleine de fraîcheur, avec en sus Marie Bouchard (20e hier) et Cécile Jarousseau (24e).
« Des filles volontaires »
Annette Sergent résume : « On a bien échangé avec Laurence Vivier qui les coache, ainsi que leurs coaches perso. Ça m’a fait spécialement plaisir car ce sont toutes des filles très volontaires, très sympas, qui ont tous mis au niveau du collectif et qui ont la pêche. A cet âge là, on a souvent du mal. Là, ça fait plaisir d’avoir des équipes jeunes ».
De quoi franchir le gap avec les seniors dans la sérénité, l’image d’une Westphal ou d’un Romain Collenot-Spriet chez les hommes, encore espoir l’année passée et très bon 18e hier, qui soulignait avoir pris conscience du différentiel de niveau entre les deux catégories (lire ici).
Le bronze pour les espoirs masculins
Le bronze pour les espoirs masculins
Les espoirs, justement, voulaient imiter les juniors vainqueurs par équipes. S’ils ont tout de même glané le bronze (derrière l’Espagne et la Grande-Bretagne), c’est davantage l’amertume qui transpirait dans leurs propos.
« Je suis déçu car au fond de moi, je voulais  faire un podium individuel » regrette Djilali Bedrani, pourtant 5e à deux secondes de la « boîte ». Même tonalité du côté de François Barrer, 17e (trois places derrière le deuxième Français, Alexandre Saddedine). « On a une médaille mais on voulait l’or ».
espoirs hommes 2
Les résultats des juniors femmes : cliquez-ici.
Les résultats des juniors hommes : cliquez-ici.
Les résultats des espoirs femmes : cliquez-ici.
Les résultats des espoirs hommes : cliquez-ici.
Photos : Jean-Luc Juvin.

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