Cross Country

Hugo Hay : « Je vais retenir tout le séjour, car c’était franchement énorme »

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Poste Le 3 avril 2015 par adminVO2

Hugo Hay, 47e et premier Français lors des Mondiaux de cross juniors à Guiyang en Chine le 28 mars, raconte son expérience, la première sous le maillot tricolore. S’il devait retenir un instant en particulier ? « Je vais retenir tout le séjour, car c’était franchement énorme » sourit-il.
L’ambiance.
Hugo Hay découvrait pour la première fois l’équipe de France, au sein d’une prometteuse équipe junior (au complet, contrairement aux autres catégories). « On ne se connaissait pas vraiment tous, mais on s’est bien marrés. C’était un bon séjour » sourit le sociétaire du Sèvre Bocage Athlétic Club (SBAC, dans les Deux-Sèvres).
Arrivés le mardi soir sur place, les athlètes ont mêlé entraînements les mercredi et jeudi matins, et tourisme l’après-midi, avant de se plonger dans les championnats le vendredi avec le repérage du parcours. « On a pas mal visité. On ne pensait pas trop à la course. On n’avait aucune pression. On s’est juste mis dedans le vendredi soir. Avec Jimmy (Gressier), dont c’était aussi la première sélection, on était un peu émerveillés. C’était parfait ».
La course.
Hugo Hay escomptait terminer autour de la 50e place (lire son portrait ici), « en étant optimiste. 47, c’est vraiment super, car j’ai fait une bonne course et j’ai bien géré. C’était assez facile de partir vite, contrairement aux France où c’était une boucherie. Je me suis retrouvé dans un groupe autour de la 60e, 65e place avec Maxime (Hueber-Moosbrugger, 69e) et Jimmy (Gressier, 80e) » raconte l’élève d’Abel Jamain, qui a progressivement remonté.
« On ne voulait pas prendre de risque avec l’altitude (un peu plus de 1 000 mètres). J’ai ensuite ramassé pas mal de monde. J’ai surtout fait un gros troisième tour. J’étais un peu moins bien sur le dernier, mais j’ai réussi à gagner 4-5 places sur les 500 derniers mètres ».
Pour terminer in fine premier Français, le jour même de ses 18 ans. « C’est cool. Ça montre que j’ai fait une bonne course, même si Fabien (Palcau, vice-champion de France, 60e) n’avait sans doute pas les meilleures jambes, alors que les autres n’étaient pas non plus à leur place ce jour-là. J’ai dit à Fabien que ça faisait longtemps que je ne l’avais pas battu en cross » sourit-il. « Mais ce n’est pas ça le plus important dans un championnat du Monde » reprend le Sbaciste, 5e et 4e Français au National aux Mureaux le 1er mars dernier.
Au final, alors que l’objectif était de prendre la première place européenne par équipes dans l’optique du rendez-vous de Toulon-Hyères en novembre prochain, les jeunes Bleus se sont classés 15e et 3e formation continentale (derrière, l’Italie, 8e et la Grande-Bretagne, 13e).
Le niveau : « Où je suis !? »
« Tu les vois partir devant, ça fait bizarre. Ça va très très vite » souligne Hugo Hay. Habitué à figurer aux avant-postes, il dû cette fois-ci s’accoutumer à un autre schéma de course. « A un moment, je me suis retourné pendant la premier tour. Et je voyais les derniers qui n’étaient pas très loin. Ça fait bizarre de se retrouver en milieu de peloton. A un autre moment, dans une montée, les Kényans étaient en train de descendre. Avec ceux qui étaient dans mon groupe, on les a tous regardés passer ».

« Quand on se baladait, les gens étaient très sympas »

 
Si pour des France de cross, chacun s’épie quelque peu avant la course, la donne est différente aux Mondiaux, pour le Deux-Sévrien. « Tu te dis : “Où je suis !?“ ».
La Chine.
Première (demi)surprise, l’accès à certains sites internet est bloqué. Composer avec s’apparente à une véritable gageure pour la génération actuelle… « On s’y attendait, mais il n’y avait pas Facebook, Twitter, Snapchat, pas Google. Je n’avais pas accès à ma messagerie. Il y avait juste WhatsApp et deux ou trois autres applications qui marchaient, et encore pas sur les Iphone ! Ça, c’était dur » rit le vice-champion de France du 3 000 m cadets l’été dernier.
Si les soirées de clôtures de championnats sont connues pour être festives, ce ne fut pas le cas à Guiyang. « Là, c’était 18-21 heures. Du coup, on a traîné un peu à l’hôtel ».
Mais Hugo Hay fut surtout frappé par l’accueil local. « Les volontaires chinois qui étaient avec nous étaient vraiment très cool, souriants etc… Ils ne faisaient que nous prendre en photo, dans la rue ou sur le parcours. Ils étaient très contents dès qu’on leur disait quelques mots en chinois. Quand on se baladait, les gens étaient très sympas » poursuit l’élève de Terminale ES, qui souhaite devenir journaliste. « Mais ce qui marque le plus, c’est la pollution. On n’a pas vu le soleil. A 250 m, on ne voit plus rien. A Pékin, en descendant de l’avion, l’air était même un peu jaunâtre ».
 
Photo : Yves-Marie Quemener.

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