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Mondiaux de cross : les chiffres à retenir

Les 41e Mondiaux de cross se sont déroulés samedi 28 mars à Guiyang en Chine. Retour en chiffres.

2 (sur 20)

Comme le nombre d’athlètes seniors européen(e)s, ayant terminé dans le top 10 à Samokov aux Europe en décembre dernier et en lice le week-end dernier à Guiyang (le parallèle pour les juniors n’est pas forcément pertinent en raison du changement de catégorie, certains étant passés espoirs) …

Chez les femmes, on retrouve la championne d’Europe Gemma Steel, 18e. A noter que l’Espagnole Trihas Gebre, 13e à Samokov, a terminé première Européenne en Chine (15e). Seules deux Britanniques (avec la championne d’Europe espoir Rhona Auckland, 19e), pourtant larges championnes d’Europe et 3e par équipes aux Mondiaux de cross 2013, étaient engagées ; il n’y avait pas de Portugaises, de Polonaises, ni d’Irlandaises en lice, bien qu’elles soient performantes sur le sol continental.

Gemma Steel

Gemma Steel (© Getty Images for IAAF)

Chez les seniors hommes, seul le champion d’Europe Polat Kemboi Arikan (d’origine Kényane) était au départ (22au final). Les Britanniques et les Espagnols avaient envoyé une équipe, mais pas leurs meilleurs éléments. Les Italiens, 3e par équipes à Samokov, n’ont envoyé…aucun coureur. Le contingent bleu était également (très) réduit.

En 2015, 16,9% du total des engagés étaient Européens, toutes catégories et courses confondues, soit le plus faible total de l’histoire (25,9% en 2013 en Pologne ; autour de 40% à la fin et au début des années 2 000). Ils furent 38,3% issus du continent africain (record en 2007 à Mombasa au Kenya avec 53,6%) et 23,2% issus du continent asiatique (record battu organisation à « à domicile » oblige, aux alentours des 10% habituellement).

Objectifs divergents (marathon par exemple pour certains à l’instar de Sophie Duarte en France), incompatibilité des calendriers (Europe mi-décembre, Mondiaux fin mars), long voyage à l’autre bout du Monde, résignation face à l’hégémonie africaine, les explications sont pléthoriques…

3

Geoffrey Kamworor est le troisième coureur à réaliser le doublé Mondiaux de semi-Mondiaux de cross, après Paul Tergat et Zersenay Tadese (depuis 2011, ces deux compétitions sont organisés une année sur l’autre, en alternance, ce qui n’étais pas le cas auparavant). Et il escompte faire le triplé, avec en ligne de mire le 10 000 m aux Mondiaux de Pékin en août (22-30) prochain, où il devra notamment faire face à Mo Farah. Pensez aux écharpes pour vous prémunir du mal de gorge, car les coups de vents seront nombreux…

4

Comme la place par équipes des Chinoises chez les seniors femmes, meilleure résultat hors-Afrique. Avec en figure de proue la locale Ding Changquin, qui s’est classée 16e…une semaine après avoir réalisé 2h26’54’’ lors des championnats nationaux sur marathon (victorieuse) !!

6

Comme le nombre cumulé d’athlètes européens ayant terminé au sein du top 30 à Guiyang, dans les quatre courses (dont 5 dans le top 20).

A titre de comparaison, lors de la précédente édition, à Bydgoszcz en Pologne (en Europe donc), 15 athlètes du Vieux-Continent s’était glissés dans le top 30 (dont 6 dans le top 20). Avec notamment quatre juniors britanniques dans le top 30 (3e par équipes), et 3 seniors femmes autour de la 15e place (l’Irlandaise Fionnuala Britton 14e, Sophie Duarte 16 et la Belge Almensh Belete 17).

Les Africaines dynamitent la course senior femme

Les Africaines dynamitent la course senior femme (© Getty Images for IAAF)

A noter également que Britton avait terminé à 44 secondes de la championne du Monde Emily Chebet (24’24’’ de course pour celle-ci).

15e, l’Espagnole Gebre a terminé samedi à 1’49’’ d’Agnes Tirop (26’01’’ de course pour cette dernière). Précisons qu’en Pologne, en sus du froid, le parcours était bien plus boueux qu’en Chine, où les appuis étaient fermes.

10 

Les top 10 des quatre courses ont été phagocytés par les pays-Africains : aucun athlète d’un autre continent ne s’y est immiscé !

Les Japonaises ont tout donné

Les Japonaises (9e par équipes) ont tout donné (© Getty Images for IAAF)

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Comme le total de points des juniors éthiopiennes, victorieuses par équipes. Presque le Grand Chelem, le meilleur total possible étant 10 points (cela s’est fait à 11 reprises dans le passé). Il aura manqué trois secondes à Mihret Tefera, 5e, pour réaliser le quadruplé.

12 

Comme le nombre de médailles individuelles en jeu, et toutes remportées par le Kenya et l’Ethiopie, qui ont aussi trusté les deux premières places par équipes dans toutes les courses. Le Bahreïn (juniors femmes), l’Ouganda (seniors femmes), l’Erythrée (juniors hommes) et le Bahreïn (seniors hommes ; tous les seniors Bahreïnis sont d’origine éthiopienne, kényane, ou marocaine) ont glané le bronze.

Au final, l’Ethiopie l’a emporté au tableau des médailles avec 11 breloques dont 5 en or, devant le Kenya, 9 médailles dont 3 en or.

19

Comme l’âge de la nouvelle championne du Monde Agnes Tirop. Il faut remonter à 1985 et la victoire de Zola Budd pour trouver trace d’une lauréate aussi précoce chez les seniors femmes. Au passage, Tirop a permis au Kenya d’engranger sa…300e médaille lors des Mondiaux de cross !

Agnes Tirop

Agnes Tirop (© Getty Images for IAAF)

24

Comme le résultat de Chris Derrick, meilleur Américain. En 2013, il avait terminé 10e, dans le sillage de son compatriote Ben True, 6e. Glanant l’argent par équipes. Samedi, les Américains, dans des conditions de course bien moins favorables, ont terminé 7e.

37

Le meilleur résultat français, signé Cassandre Beaugrand chez les juniors. Soit le « pire meilleur résultat » enregistré par les tricolores dans l’histoire des Mondiaux de cross (première édition en 1973, auparavant du cross des Nations), toutes catégories et toutes courses confondues.

444

Comme le nombre d’athlètes engagés sur les quatre courses au programme à Guiyang (provenant de 51 pays différents).

Le record date des Mondiaux en 2000, à Vilamoura au Portugal, avec 806 athlètes (de 76 pays) sur les six courses au total (avec les cross courts hommes et femmes, dont les dernières éditions remontent à 2006).

La joie des Kényans, victorieux par équipes

La joie des Kényans, victorieux par équipes (© Getty Images for IAAF)

Il faut remonter à 1986 pour trouver trace du plus gros nombre de partants : 337 sur le cross long masculin. Ils étaient 111 samedi, presque en constante diminution édition après édition depuis le début des années 2000 (315 à Vilamoura)…

Bonus 

Assez de chiffres, place aux images ! Si Kamworor est parti comme un dératé samedi, avant de finir également à vitesse grand V pour s’imposer, le rythme était tout autant voire davantage délirant, il y a dix ans lors des Mondiaux à Saint-Galmier, où Kenenisa Bekele, après l’avoir emporté la veille sur le cross court, avait fait explosé un à un ses rivaux sur le cross long, dont le dernier Eliud Kipchoge (finalement 5e), au terme d’un final dantesque (les deux sont aujourd’hui marathoniens). Là aussi, il fallait avoir d’épaisses écharpes…Flash back.

Mondiaux 2005 à Saint-Galmier :

Mondiaux 2015 à Guiyang :

Photo de une : © Getty Images for IAAF