Athlétisme

Youssef Mekdafou, l’avenir sur 10 000 m ?

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Poste Le 9 mai 2015 par adminVO2

Pour le deuxième 10 000 m de sa carrière, Youssef Mekdafou a glané la médaille de bronze aux championnats de France de la discipline le 29 avril à Saint-Maur-des-Fossés, chrono fort prometteur à la clé (29’23’’79). Il sera ainsi du voyage avec l’équipe de France en Italie le 6 juin prochain à l’occasion de la coupe d’Europe du 10 000 m
Le visage hexagonal du 10 000 mètres est plutôt émacié, pour ne pas dire décharné. Excepté des championnats de France qui ont du mal à attirer (lire ici) en dépit de conditions de qualifications volontairement ouvertes, l’épreuve semble en voie de désuétude, même si les raison d’y prendre part ne manquent pas (lire ici).
Pour autant, quelques coureurs tendent à donner une expression plus juvénile à la discipline, comme l’ont montré les France, à l’instar des juniors Julien Wanders, Jérémy Belkacem ou Laurent Delannoy, et de l’espoir Mathilde Sagnes du côté des espoirs féminines, alors que d’autres athlètes plus chevronnés disputent régulièrement ce National (le double champion de France Riad Guerfi, Mehdi Akaouch, Romain Courcières, Benjamin Choquert notamment).

« Je ne pouvais pas rêver mieux pour ma première année senior »

Ça ne fait pas beaucoup, certes, mais c’est déjà ça. Soyons optimistes : à l’instar de Youssef Mekdafou, bientôt 23 ans et passé cette senior cette année, une dynamique rafraîchissante pourrait s’insuffler.
« J’avais déjà envie de faire les France de 10 000 m l’année dernière. Mais j’avais beaucoup couru en 2014. Mon coach (Diony Jacqueray) avait peur de la blessure et on avait décidé de ne pas le faire » souligne le sociétaire de Pierreffite Multi Athlon, qui avait été sélectionné aux championnats Méditerranéens à Aubagne sur la distance (2ème en 30’52’’54).
« J’avais trouvé ça difficile. Sans doute en raison de la chaleur. Mais j’aime bien le long, car c’est dur et qu’il faut être patient » relève t-il pour expliquer son appétence pour le 10 000 m.
On insiste : la distance peut rebuter moult athlètes, pas forcément enclins à se coltiner vint-cinq tours consécutifs. « Alors, là pas du tout. Aux France, c’est passé beaucoup plus vite qu’à Aubagne. Le fait d’être parti prudemment avant de rattraper un groupe puis un autre m’a permis de me concentrer sur ma foulée, de garder un rythme plutôt que de compter les tours » souligne Youssef Mekdafou, en retrait et « frustré » par sa 13e place (30’12’’) aux France de 10 km dix jours avant Saint-Maur.
« J’aime le long et je ne savais pas que j’aimais cette distance. Ça ne me fait pas du tout peur et j’ai eu de très bonnes sensations »
Jusqu’à monter sur la 3e marche du podium inattendu – « je n’y ai cru que dans les cent derniers mètres » assure t-il -, et gagner sa place pour la coupe d’Europe de la discipline le 6 juin prochain à Chia en Italie. « Je suis très content. Je bats des mecs que je ne battais pas auparavant. On se dit avec mon coach qu’on est dans le vrai. On est montés progressivement et on n’a pas fait les fous. Je ne pouvais pas rêver mieux pour ma première année senior » glisse le 11e des derniers championnats d’Europe de cross.

« C’est une distance qui me plaît »

De là à ce que le 10 000 devienne sa distance de prédilection ? « Oui, je me vois bien tenter (la qualification) sur des grands championnats, comme les Europe. Maintenant, je sais que pour être fort sur 10 000, il faut être fort sur 5 000. Et pour cela, il faut faire du 1 500 et du 3 000. Il faut être rapide. Je sais qu’il faut que je travaille ça. Mais le 10 000 est une distance qui me plaît et sur laquelle je vais pouvoir m’exprimer » poursuit Youssef Mekdafou, qui va conjuguer saison estivale et examens, lui qui escompte rentrer en licence logistique en alternance à la rentrée prochaine.
« Je n’avais initialement pas d’objectifs cet été avec mes examens. Là, je vais prendre un petit risque et essayer de tout faire en même temps. Mais mon responsable au travail à Airbus Helicopter, Jean-Luc Demillly, et mon formateur Fabrice Hamel, sont très compréhensifs. Et  je ne veux pas aller à la coupe d’Europe en touriste et que les gens se disent : c’est bon, il a fait la course de sa vie à Saint-Maur. C’est ma façon d’être, il faut toujours que je prouve ma place, mon statut, que je prouve que je mérite d’être connu et reconnu ».
Un trait de caractère sûrement lié à sa singulière histoire, qui lui sera fort utile pour aborder le tourniquet du 10 000. Et pourquoi pas entraîner dans son sillage de nouveaux visages sur cette distance particulièrement ingrate, mais terriblement satisfaisante quand on l’apprivoise.

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