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Youssef Mekdafou, un nouveau cap

Excellent cinquième du cross de sélection à Gujan-Mestras (et 1er espoir), Youssef Mekdafou nourrit de légitimes ambitions pour le rendez-vous continental, ce dimanche 14 décembre à Samokov en Bulgarie.

Il y a un an tout juste, Youssef Mekdafou avait décroché sa première sélection internationale, aux Europe de cross à Belgrade. Un immense soulagement pour celui qui avait terminé 25e, rapportant aussi et surtout de Serbie  la médaille de bronze par équipes. Depuis, l’athlète coaché par Diony Jacqueray a multiplié les performances : la découverte du niveau international senior avec une 26e place au cross d’Edimbourg, il est ensuite devenir double champion de France espoir, en cross le 2 mars, puis sur 10 km à Valenciennes cinq semaines plus tard (en 29’38’’, record personnel). Le 9 novembre dernier, il réalisait de nouveau un chrono inférieur à 30’ lors des 10 km de Montereau (Seine-et-Marne), terminant 6e en 29’45’’.

Au cross « Sud Ouest » à Gujan-Mestras, sa performance en a impressionné plus d’un. Pas lui. Enfin pas sur le coup. « Je ne m’en suis pas rendu compte au début, c’est ensuite que j’ai vu que j’avais fait une perf très intéressante : mon coach m’a dit certaines choses, mes coéquipiers avec qui je m’entraîne toute la semaine m’ont dit que j’avais été impressionnant et d’autres athlètes m’en ont aussi parlé ».

C’est que dans la course, le sociétaire de Pierrefitte Multi Athlon a connu un ou deux moments difficiles, lâchant un ou deux mètres dans le groupe dans lequel il se trouvait, après un départ de course rapide qui en a fait exploser certains. Mais après avoir laissé passer « l’orage », il a terminé en trombe, pas déstabilisé par le fait que son pote d’entraînement Mehdi Belhadj ait manqué sa course quelques heures auparavant –le champion de France junior en titre a finalement été sélectionné. « Ce qui est très difficile, c’est quand il y a quelqu’un de ton club qui court avant toi. Qu’il fasse un bon résultat ou pas, ça te met vraiment la pression. Franchement, j’avais les larmes aux yeux juste avant de courir. J’étais très remonté et très ému».

 « Entre cinq et dix, ça serait vraiment bien. Et moins de cinq, ça serait l’apothéose »

« Je ne connais pas la forme optimum de tout le monde » reprend Youssef Mekdafou, « mais être à moins de 30 secondes d’El Goumri (3e en 29’33’’ ; 29’56’’ pour lui, ndlr) qui a gagné les France cette année, c’est très intéressant, tout comme battre Driss El Himer (7e en 30’35’’) ou François Barrer (8e en 30’42’’), qui m’avait mis quelques secondes l’an dernier (lors du cross de sélection à Pacé, ndlr) ».

De quoi ainsi viser haut aux championnats d’Europe à Samokov ce dimanche. « Je suis de nature prudente. J’aurais dit dans les 10 premiers. Mon coach me disait certaines choses par rapport aux Europe, si j’y allais. Vu la sélection, sincèrement je vais essayer d’être dans les cinq, voire mieux. Entre cinq et dix, ça serait vraiment bien. Et moins de cinq, ça serait l’apothéose ».

Toujours est-il que le double champion de France espoir, passé senior au niveau français le 1er novembre, a passé un cap supplémentaire, augmentant un peu la charge d’entraînement (« hormis en stage, comme à Capbreton (en octobre dernier) je ne double pas » assure t-il). « Oui oui, je sens que j’ai passé un gros cap. J’ai pris conscience de ce que je fais et ce que je peux faire » corrobore t-il. « Je suis actuellement l’un ou le meilleur français espoir, et je fais parti des meilleurs français seniors –je veux parler des 10-15 meilleurs. Quand je vois que je fais 9e aux France sur 10 km et que Benjamin Malaty n’était à même pas cinq secondes (29’34’’ pour sa première course de retour de blessure ; son record personnel, 29’10’’ ndlr), ça parle. Je fais aussi 16e aux France de cross (25e de la course, 16e Français, ndlr) alors que j’aurais pu faire un peu mieux, car je m’étais focalisé sur les espoirs » poursuit le technicien  le technicien supérieur en méthode d’exploitation logistique à Airbus Helicopters, qui bénéficie de conditions idéales pour s’entraîner parallèlement. « J’ai la chance que mon responsable, Jean-Luc Demilly, soit un ancien athlète. Il est vraiment conciliant ».

Débuts délicats sur semi-marathon

Seul mauvais souvenir, ses débuts sur semi-marathon lors du match international jeunes en septembre dernier à Udine en Italie. « D’après mon coach, ça serait ma distance dans un futur lointain. Mais j’ai dit hors de question » sourit celui qui a couru en 1h10’31’’. « Je n’avais pas beaucoup d’entraînement dans les jambes. Mais j’étais vraiment déçu. Je suis parti avec les Italiens. J’ai fait dix km devant, et ensuite j’ai dégringolé puis j’ai complètement explosé à la fin. J’avais beaucoup de regrets ».

Youssef Mekdafou va retrouver le maillot tricolore ce week-end. Cette fois-ci dans les labours, en pleine confiance sur un terrain connu, avec de solides références accolées à sa foulée. Prêt à en découdre.