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Sur la piste des Kényans

Huit coureurs de l’EA du Pays de Brocéliande, club d’environ 400 licenciés basé à Iffendic (Ille-et-Vilaine) sont partis quinze jours à Iten au Kenya, alliant découverte sportive et humanitaire.

La genèse de ce projet remonte à décembre 2013 lorsque Charles Delys (record à 8’12’’28 sur 3 000 m et 14’05’’11 sur 5 000 m en 2009 ; 30’39’’sur 10 km), licencié à l’Entente Athlétique du Pays de Brocéliande (EAPB) se rend au Kenya avec un autre ami coureur, Gaël Flouzat, licencié à Haute Bretagne Athlétisme. « On avait suivi au jour le jour ses entraînements, ses rencontres, et il nous avait raconté son expérience » se remémore Jérémie Nattes, qui s’est notamment occupé de la communication pour le projet. « Dès qu’il est revenu, on s’est dit que c’était un beau projet à faire ensemble, d’autant que c’était notre rêve à tous ».

Les huit coureurs* se lancent donc. Ils vont mettre six mois à finaliser le projet, mettant en place un dossier de partenariat afin notamment de boucler un budget avoisinant les 1 200 euros par personne. « On a financé personnellement un tiers du projet. Pour l’autre tiers, on a trouvé des partenaires locaux. Et pour le dernier tiers, on a participé au challenge breton (nous vous en parlions ici) sur 10 km. Cela nous a permis de gagner individuellement et collectivement des primes–nous avons terminé 2ème par équipes- que l’on a mis dans le pot commun » explique Jérémie Nattes, qui a battu son record personnel sur 10 km cette année à Rennes (32’26’’, et 31’34 » sur un parcours favorable).

« On se croirait à un départ des France de cross »

Les huit « verts » (en référence à la couleur de leur maillot de club), dont l’âge oscille entre 25 et 32 ans et qui ont tous un job à temps complet sont parvenus à poser quinze jours de congés. « C’était le gros challenge et je pense qu’on ne le refera pas cinquante fois, mais on a senti que c’était vraiment l’année pour le faire tous ensemble » relève Jérémie Nattes. Ils  sont ainsi partis du 29 novembre au 13 décembre derniers à la découverte des pistes rouges kényanes, logeant au centre Lornah Kiplagat.

« Nous étions trop nombreux pour nous intégrer dans des petits teams kényans. Ce n’était pas le réel entraînement au jour le jour concernant les conditions de repos et d’alimentation » regrette Jérémie Nattes. « Dans ces petits team, c’est beaucoup plus rudimentaire. Il n’y a pas d’électricité, pas d’eau chaude ni internet. A 19 heures, tout le monde est dans sa chambre. Un de nos athlètes, Yoann, qui voulait vraiment vivre l’entraînement kényan, est parti 2-3 jours vivre dans un de ces teams. Ça se fait sur du relationnel et il ne faut pas être trop nombreux».

Au niveau de l’entraînement, le coach des huit coureurs, Stéphane Delys, leur avait concocté une trame d’entraînement, avec  en premier lieu une phase d’acclimatation.  « Au gré des rencontres, il y avait des fartleks qui s’organisaient. On s’est quelque fois greffés sur des séances. Là, c’est génial, il y a 200-300 Kényans qui viennent pour faire des 1’, 2’ ou 3’. On se croirait à un départ des championnats de Bretagne ou des France de cross » sourit Jérémie Nattes (voir la vidéo ici).

Un voyage sportif et humanitaire

«Plusieurs choses » les ont particulièrement marqués durant ces deux semaines passées à Iten. « Il y a d’abord la difficulté d’acclimatation » explique le commercial sur le grand Ouest pour le groupe de médias NextRadioTV (RMC et BFM TV). « A 2 500 m d’altitude, les premières côtes sont horribles pendant les 4-5 premiers jours. On a envie de marcher, on a l’impression que l’on ne sait plus courir. Même les séances réalisées la deuxième semaine, il y a vraiment une différence par rapport au niveau de la mer. Du point de vue sportif, on remarque que quand tout est tourné autour de l’athlétisme -on se levait, on courait, on mangeait, on se reposait-, c’est réalisable de s’entraîner 2-3 fois par jour. C’est un rythme agréable à tenir de s’entraîner deux fois par jour et de se reposer entre.  Ce qui ne permet pas de le réaliser chez nous, ce sont les jobs que l’on a à côté, c’est l’organisation de nos sociétés occidentales. On n’a hélas pas réussi à devenir des sportifs de haut niveau, c’était un rêve de vivre ça pendant deux semaines. Habituellement, dans le groupe, on s’entraîne 4-5 fois par semaine, ou 6-7 fois pour ceux qui s’entraînent le plus » explique Jérémie Nattes.

« Sinon, il y a une densité d’athlètes énorme. Enfin, le cadre d’entraînement, la beauté des paysages avec la grande vallée du Rift, c’est vraiment très beau pour faire des footings longs » résume t-il.

« On a encore passé un palier au niveau de cohésion de groupe »

Leur expérience sportive de quinze jours s’est doublée d’un but humanitaire. « On ne voulait pas arriver là-bas en tant que consommateurs, sans rien apporter. On a amené pas mal de matériel de sport –chaussures, vêtements. C’était un peu un échange de bons procédés. Certains teams nous accompagnaient sur des footings ou nous intégraient sur des séances et pour les remercier, on leur offrait des chaussures ou des vêtements récoltés auprès d’associations par exemple. Il y avait également un deuxième volet centré sur une école. On avait échangé avec l’association Fungana (lire ici). Nathalie Favreau nous avait mis en contact avec le directeur d’une des écoles d’Iten, et nous avons apporté du matériel sportif pour y développer l’activité sportive, comme des plots, chasubles, sifflets, ballons etc… ».

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Le groupe avant un fartlek (Photo Facebook)

A leur initiative, les huit coureurs ont également animé une matinée sportive. « On avait envie d’apporter du matériel mais aussi de s’engager un peu plus avec l’école. C’était génial. C’était les vacances scolaires mais les professeurs ont réussi à réunir 70 gamins. On a fait des éducatifs d’athlé, de la balle au prisonnier, l’épervier etc…Et grâce à Pierre-Henri qui travaille à Groupama, on a donné trois ordinateurs portables pour les instituteurs ».

De retour du Kenya, nonobstant « un état de fatigue avancé », l’EAPB a conservé son titre par équipes aux championnats de Bretagne de cross court le 21 décembre dernier (course remportée par Charles Delys). Et escompte de nouveau s’imposer collectivement aux régionaux de cross long en ce mois de janvier. « Même si on se voit souvent la semaine, on n’a pas l’habitude de passer autant de temps ensemble. En s’entraînant et en souffrant ensemble, on a encore passé un palier au niveau de cohésion de groupe » estime Jérémie Nattes.

* Les huit coureurs : Jean Personnic (record sur 10 km : 30’17’’ ; record sur un parcours officiel : 31’17’’) ; Charles Delys (30’22’’ ; 30’39’’) ; Paul Lambard (31’11’’ ; 32’11’’) ; Yoann Bodiguel (31’15’’) ; Jérémie Nattes (31’34’’ ; 32’26’’) ; Pierre Henri Gueguen (31’52’’ ; 32’47’’) ; Louis Radius (31’58’’ ; 32’08’’) ; Pierre Riaux (32’47’’ ; 33’05’’).

Une page facebook avait été créée pour l’occasion : Les verts sur la piste rouge.

La video de leur périple est visible ICI