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Romain Collenot-Spriet, tout pour l’été

Romain Collenot-Spriet a effectué sa seule incursion indoor à Mondeville, sur 3 000 m. S’il s’alignera aux championnats de France sur le cross court, son seul et unique objectif est d’être performant cet été sur 3 000 mètres steeple.

Cross, salle, piste. Multiplier les objectifs sur une saison et, de fait, les préparations spécifiques, requièrent une sempiternelle concentration, un effort et physique et mental de tous les instants. Une succession de rendez-vous qui in fine, s’avèrent éreintant.

Romain Collenot-Spriet a enchaîné de telles saisons, comme en 2012-2013 entre championnats d’Europe de cross l’automne (5e chez les espoirs en 2012), salle (7’59’’68 sur 3 000 mètres) et cross (champion de France sur le court) l’hiver, puis piste l’été venu (cette année-là, 8’41’’92 et une 4e place aux Europe espoirs), objectifs entrecoupés de stages, comme ceux qu’ils avaient réalisés à Font Romeu en avril puis en août, afin de (déjà) se préparer pour les championnnats Europe de cross 2013 (14e à Belgrade).

Départ du cross d'Allonnes (Photo Yves-Marie Quemener)

Départ du cross d’Allonnes (Photo Yves-Marie Quemener)

« En 2013, j’étais vraiment fatigué (lire ici et ). J’ai fait mine de rien une bonne saison l’année dernière. J’ai pu rentrer en 8’29’’ (8’29’’99 pour son premier 3 000 m steeple, son record personnel) et c’est dommage que je n’ai pas pu avoir les courses pour m’exprimer. Mais le fait de ne pas avoir un hiver trop important m’avait permis d’être beaucoup plus frais et d’être beaucoup plus présent » explique l’athlète coaché par Cyrille Nivault, qui avait abandonné sur deux 3 000 mètres –il escomptait battre le record de France espoir de Bouabdellah Tahri (lire ici)- et n’avait pas mis les pointes de cross (malade aux France).

Le duo va donc réitérer le même schéma, avec un hiver dénué d’ambition particulière. S’il a couru à Mondeville sur 3 000 m samedi 7 février (8’13’’54), c’était pour voir où il se situait, expliquait-il avant la course. « Je n’ai pas fait de séances spécifiques contrairement à il y a deux ans (7’59’’68). Pour l’instant, cet hiver, on a essayé de ne griller aucunes cartouches » souligne le Blésois, qui a enchaîné le lendemain avec une victoire lors des inters sur le cross court (lire ici et le bilan ).

 

« Je veux battre mon record et me rapprocher des 8’20’’ »

 

Aux France aux Mureaux le 1er mars, il ira « sans pression. Si je veux faire un bon résultat, je ne m’en priverai pas. Maintenant ce n’est pas l’objectif de la saison non plus ».

Dans son viseur, les 35 obstacles du 3 000 mètres steeple. « Je veux battre mon record et me rapprocher des 8’20’’, qui seront sûrement les minima pour 2016 et même les championnats du Monde » glisse Romain Collenot-Spriet, à qui il a manqué une poignée de secondes l’été dernier pour réaliser les minima pour les championnats d’Europe à Zurich (8’25’’00 ; il n’avait pas pu rentrer à Monaco pour les tenter).

Sur une épreuve où la concurrence hexagonale est féroce (le recordman d’Europe et champion d’Europe du 1 500 m Mahiedine Mekhissi, le champion d’Europe Yoann Kowal, le retour de Bouabdellah Tahri, celui de Nouredine Smail), il ne sera pas aisé de gagner sa place.

« L’objectif est d’essayer de sa rapprocher des minima et on verra aux France comment ça se passe. Par rapport aux autres années, la fraîcheur peut être un élément qui peut faire gagner quelques secondes. On prend le temps dans l’entraînement pour monter en puissance au fil de la saison » poursuit le Blésois, qui a mis en stand-by des études en médecine très chronophages et antinomiques avec le haut niveau, gardant toutefois un pied hors de l’athlé après avoir entamé une licence d’économie en septembre.

« J’ai fait une erreur »

 

« C’est pour garder le rythme, et l’économie est aussi ma passion. C’est moins épuisant que la médecine. Je vais pouvoir m’exprimer tranquillement jusqu’en 2016 » reprend celui qui concède avoir fait une « erreur » en publiant sur facebook sa sélection pour les championnats d’Europe de cross le lendemain de son abandon à Allonnes, avant d’être finalement écarté de ladite sélection (lire ici).

A Allonnes (Photo Yves-Marie Quemener)

A Allonnes (Photo Yves-Marie Quemener)

« Même si j’avais fait un bon cross, j’étais dans l’optique de l’été. Je n’avais pas l’intention de courir aux Europe. Après mon abandon à cause d’un point de côté, j’étais dégouté. On m’a demandé, je n’allais pas refuser. Si j’avais vraiment voulu allé chercher ma sélection, j’aurais fait comme à Pacé (en 2013), où j’avais eu un point de côté. J’avais fini à une minute de Simon Denissel, j’avais serré les dents car j’avais dans la tête de courir les Europe. J’ai fait une erreur et je comprends que je ne sois pas pris ».

Cette incursion avec les seniors représentait-elle un moyen de se confronter avec les meilleurs crossmen tricolores dans l’optique de tenter la qualification pour le rendez-vous 2015, prévu à Toulon-Hyères, pour celui qui est désormais senior ?  « C’était un test pour voir comment je me sentais. On verra au mois de septembre si l’envie est là. Tout le monde va vouloir jouer le jeu. Si jamais j’ambitionne de rentrer dans cette équipe, il faudra que je me prépare spécifiquement pour cet objectif ».