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Relais Mondiaux : résultats et vidéos

La deuxième édition des relais mondiaux vient de se disputer à Nassau aux Bahamas. Résumé des temps forts, alors que les Américains ont glané sept des dix titres en jeu.

4×100 mètres masculin :

Voilà près de sept ans qu’Usain Bolt et le relais jamaïcain n’avaient pas été défaits sur le 4×100 mètres. C’est ce qu’il s’est passé dans la nuit du samedi 2 au dimanche 3 mai à Nassau aux Bahamas. L’épreuve était à coup sûr la plus attendue de ces relais mondiaux, avec un match USA-Jamaïque et en filigrane Usain Bolt-Justin Gatlin.

Restait encore au relais américain à rallier le témoin jusqu’à la ligne d’arrivée…ce qui fut pas forcément le cas ces derniers temps lors des grands championnats. Ce que le quatuor Mike Rodgers, Justin Gatlin, Tyson Gay et Ryan Bailey fit, s’imposant ainsi devant la Jamaïque de Bolt (37’’38 contre 37’’68), ce dernier ayant pris son relais avec trop de retard pour remonter son handicap dans la dernière ligne droite (le sextuple champion olympique a réalisé environ 8’’8 sur la ligne droite et non 8’’65 comme un temps annoncé, et ce en raison d’une erreur ayant été constatée sur les transpondeurs présents dans les bâtons) . C’est la première défaite du relais jamaïcain depuis 2008 (deux titres olympiques et trois titres mondiaux dans l’intervalle) !

Rappelons toutefois que trois des quatre membres du collectif américain ont été suspendus pour dopage par le passé (quatre ans pour Gatlin, deux ans pour Gay dont la suspension fut ensuite réduite à un an, décision qui fit polémique, neuf mois pour Rodgers en 2012 après un contrôle positif à un stimulant) sans oublier que le coach de ce squad, Dennis Mitchell, fut également suspendu deux ans à la fin des années 1990 !

La question fut posée en conférence presse, par un journaliste de Lets’Run.com. « Qu’avez vous à dire aux jeunes Américains sur le fait que vous pouvez courir proprement, sachant qu’un jour, vous avez décidé de franchir la barrière. Comment pouvez-vous assurer aux gens que vous êtes aujourd’hui propre? »

C’’est Tyson Gay qui répondit : « J’ai pris le mauvais chemin en croyant prendre des compléments qui était propres, mais qui en fait ne l’étaient pas. Je voudrais m’excuser auprès de chaque jeune qui pense que je l’ai trompé. Je voudrais remercier les Bahamas, pour être présent à cette compétition et pour leur compréhension…Je demande pardon pour avoir commis une erreur mais désormais, je vais de l’avant, et je contrôle tout deux fois (ses compléments alimentaires, ndlr) ».

Il faudra tout de même être davantage persuasif si cet été ou les saisons suivantes, il signe des chronos similaires voire meilleurs à ceux d’avant suspension, à l’image d’un certain Justin Gatlin

Les Bleus (sans Jimmy Vicaut, resté en métropole après une alerte au mollet contracté lors d’un stage mi-avril à la Réunion) ont quant à eux assuré l’essentiel, en prenant la 5e place (38’’81 et 38’’62 en séries), se qualifiant ainsi pour les Jeux Olympiques de Rio (le relais était composé de Pierre Vincent, Christophe Lemaitre, Pierre-Alexis Pessonneaux et Emmanuel Biron).

Usain Bolt n’a pu rattraper Ryan Bailey – Photo © Getty Images for IAAF

A noter la 3e place inattendue du Japon (38’20’’) alors que les champions d’Europe britanniques ont été éliminés en demi-finales (il n’avait pas aligné leur meilleur quatuor), avant de signer 38’’67 en finale B.

Sur le 4×100 m féminin, succès des Jamaïcaines (avec en dernière relayeuse Veronica Campbell-Brown, qui avait écopé d’un simple avertissement de la part de la commission de discipline de sa Fédération après un contrôle antidopage positif en 2013) devant les Etats-Unis (42’’14 contre 42’’32) alors que les Bleues ne sont pas parvenues à se hisser en finale (en séries, mauvaise transmission sur le premier relais entre Céline Distel-Bonnet et Stella Akakpo), et donc parmi le top 8 directement qualifié pour les Jeux.

Sur les 4×200 m (distances non olympiques), victoire de la Jamaïque chez les hommes (1’20’’97) devant la France qui avait pris le bronze l’an dernier (Christophe Lemaitre, Teddy Tinmar, Pierre-Alexis Pessonneaux et Ben Bassaw  en 1’21’’49 alors que Pierre Vincent avait disputé les séries), et du Nigéria côté féminin (1’30’’52) devant la Jamaïque alors que les Bleues, qualifiées pour la finale, n’ont pas terminé.

L’abandon, ce fut aussi le cas pour les deux relais 4×200 américains (comme en 2014 pour les hommes) et surtout pour le 4×200 féminin, où Jeneba Tarmoh et Allyson Felix se sont télescopées de manière assez incroyable.

Preuve que sur ces relais (et entre autres le très rarement disputée 4×200), avant de courir vite, il faut s’attacher au préalable à assurer les transmissions.

4×400, 4×800 et DMR : la razzia américaine :

Six titres en jeu (trois chez les femmes et trois chez les hommes), tous dans l’escarcelle d’Américains hégémoniques.

Sur le 4×400 féminin, ce fut une démonstration, les USA s’imposant en 3’19’’39, avant plus de trois secondes d’avance sur les Jamaïcaines (3’22’’49) !! Comme l’an dernier à Nassau, comme aux Mondiaux 2013 à Moscou, les double championnes d’Europe tricolores (outdoor à Zurich et indoor cet hiver à Prague) ont terminé 4e (qualification donc en poche pour les JO) à trois petits dixièmes des Britanniques (3’26’’38 contre 3’26’’68 ; relais en finale composé de Lénora Guion Firmin, Marie Gayot, Eléa Mariama Diarra et Floria Gueï ; à titre indicatif, à Zurich, les Bleues l’avaient emporté en 3’24’’27).

Il y aura une grosse chance de médaille aux championnats du Monde en août prochain à Pékin…

Sur le 4×400 masculin, LaShawn Merritt a maintenu à distance le Bahaméen Chris Brown dans la course la plus attendue de la compétition, avec un public local bouillant. Les Etats-Unis s’imposent en 2’58’’43 contre 2’58’’91 pour les Bahamas alors que le relais belge, composé aux trois quarts des frères Borlée (Jonathan, Kévin et le plus jeune Dylan) s’est emparé du bronze (2’59’’33).

Une nouvelle fois et malheureusement pour la crédibilité du sport en général, un ex-suspendu –LaShawn Merritt- s’est distingué et se distingue par des performances similaires à celles réalisées avant son contrôle positif (à moins que la raison qu’il avait invoquée pour la prise de substances illicites ne soit pas fallacieuse… !?!).

A noter que les Français (3’03’’88 en séries), ont été disqualifiés en finale Bsuite au faux départ de leur leader Mame-Ibra Anne.

La joie chez l'équipe belge - Photo © Getty Images for IAAF

La joie chez l’équipe belge – Photo © Getty Images for IAAF

Les EU l’ont également emporté sur les 4×800 m :

-8’00’’62 chez les femmes, avec plus de dix secondes d’avance sur la Pologne (8’11’’36) et l’Australie (8’13’’97). A noter les 1’58’’90 de la dernière relayeuse Alysia Montaño.

7’04’’84 chez les hommes, cinq secondes devant la Pologne (7’09’’98) et plus de dix devant l’Australie (7’16’’30) alors que le Kenya a été disqualifié (en raison d’un passage de témoin hors zone, ils avaient pris la 2e place en 7’09’’ et quelques). A noter les 1’44’’75 d’Erik Sowinski, deuxième relayeur et meilleur chrono individuel.

Concernant l’hybride distance du DMR (1 200 m – 400 m – 800 m – 1 600 m ; le DMR remplace le 4×1 500 m qui s’était disputé pour la première édition des relais mondiaux en 2014), les USA ont brillé, claquant deux records du Monde, et glanant de fait les 50 000 dollars de primes afférents pour chaque record du Monde battu.

Les Américains sur le DMR - Photo © Getty Images for IAAF

Les Américains sur le DMR – Photo © Getty Images for IAAF

Le record fut explosé chez les femmes (10’36’’50 contre les 10’42’’57 réalisés en indoor par ces mêmes Américaines ; à Nassau, le quatuor était composé de Treniere Moser, Sanya Richards-Ross, Ajee Wilson et Shannon Rowbury ; aucune de ses athlètes n’avait pris part au record indoor en février dernier, témoin de la densité outre-Atlantique…), alors que cela s’est joué au centimètre chez les hommes : six centièmes précisément (9’15’’50 contre 9’15’’56 pour le Kenya en 2006 à Philadelphie), les Américains devançant le Kenya et l’Australie (9’17’’20 et 9’21’’62) au terme d’une course endiablée, avec notamment les 47’’84 du Kényan Ferguson Rotich Cheruiyot (1) sur le premier tour de son 800 mètres (même David Rudisha pour son record du Monde n’était pas passé aussi vite à mi-parcours !) ; ou bien le départ tonitruant du dernier relayeur kenyan sur le 1 600 m, Timothy Cheruiyot (51’’96 sur le premier des quatre tours !), qui était largement en tête à 800 mètres du but avant de céder dans les ultimes 300 mètres !

Les Bleues engagées sur ce DMR ont pris la 6e place (sur 6) en 11’06’’33.

Voici les temps de passage :

-3’18’’11 sur le 1 200 m pour Rénelle Lamote qui a passé le témoin en première position (après un passage en 2’15’’85 aux 800, soit 1’02’’26’’ au dernier tour)

-53’’12’’ sur le 400 m pour Eléa Mariama Diarra (passage en 2e position à près de 3 secondes des USA déjà largement en tête grâce aux 50’’12 de Sanya Richards-Ross, championne olympique du 400 m à Londres en 2012)

-2’06’’50 sur le 800 m pour Clarisse Moh (5e position)

-4’48’’20 sur le 1 600 m pour Claire Perraux (6e position au final).

(1) son record personnel : 1’42’’84 à Monaco en juillet 2014 ; il a finalement terminé son 800 m en 1’44’’49 (soit 56’’65 sur le second tour).

Tous les résultats : cliquez-ici.

Le classement final par équipes, remporté par les EU : cliquez-ici.

La joie de Christophe Lemaitre, alors que le relais tricolore a pris la deuxième place sur le 4x200 m - Photo © Getty Images for IAAF

La joie de Christophe Lemaitre, alors que le relais tricolore a pris la deuxième place sur le 4×200 m – Photo © Getty Images for IAAF