->
VO2
VO2 RUN - Le magazine de toutes les courses à pied !

Reims à Toutes Jambes : Dejene Kelkilew remporte le marathon en 2h11’21 »

Cet athlète éthiopien a devancé les Kenyans Peter Kiplagat : 2h11’33’’ et Daniel Kiprugut : 2h11’47’’. Premier tricolore et premier vétéran Raphaël Benezit a pris la 9e place : 2h44’11’’ Chez les féminines, l’Ethiopienne Ayantu Hailemaryam : 2h33’59’’, 7e au scratch a dominé sa compatriote Yeshume Ayale : 2h40’50’’, 8e au classement général et la Française Marjorie Rouland : 3h09’13’’.

Comme de coutume sur de plus en plus de marathons, le public venu en masse a assisté à deux courses dans la course. Cependant, comme l’a constaté Dominique Chauvelier, l’animateur du jour : « Même si les Africains dominent depuis un moment, il se produit un phénomène inquiétant. L’écart avec les Français augmente au fil des ans. Il n’y a plus de gars autour des 2h25, 2h30’. Maintenant, cela dégringole à 2h40’, 2h45’ »

Et sur la ligne d’arrivée, l’attente de ces coureurs auxquels l’on ne peut pas attribuer le qualificatif de « Régionaux » semble interminable.

Bruni Heubi ancien international sur 100 km, présent en tant que consultant a corroboré le propos de « Chauchau » : « Une année, ici en 2h31’ je n’étais pas dans les 40 premiers. Que se passe-t-il ? Pourtant, sur piste des jeunes ne manque pas de talent »

A peine le départ donné une invincible armada emmenée par un « Pacemaker » et composée de 4 kenyans et de 2 éthiopiens a pris la poudre d’escampette.

Au 5e km avalé en 15’20’’, le trou apparaissait déjà incommensurable. Puis, il n’a cessé de s’amplifier.

Poursuivant sur sa lancée, ce sextet a ensuite effacé le 10e km en 30’32’’ et le semi-marathon en 1h04’30’’, laissant ainsi augurer d’un chrono sous les 2h10’. Ce d’autant plus qu’en ce dimanche d’automne, les meilleurs concurrents ont bénéficié de conditions climatiques exceptionnelles marquées par une absence de vent et une température idéale n’excédant pas les 14° à 9 heures et les 22 en fin de course.

Toutefois parvenus à la mi-course, lorsque le « Lièvre » en eu fini avec son job, les leaders ont connu une période de latence jusqu’au 35e km. Un peu comme si aucun d’entre eux ne souhaitait prendre l’initiative.

De la sorte à trop s’observer et à trop marquer le pas, ils ont enchaîné une série de km en 3’15’’ pour se présenter au 35e km en 1h49’12’’.

Selon Benjamin Soreau, agent sportif une telle attitude s’avère logique : « A partir du moment, où ils ont rejoint la Coulée Verte, ils se sont retrouvés sur une ligne droite de 10 km. Or, il est normal de ne pas poser de banderilles dans ce genre de configuration, car c’est terrible pour celui qui s’échappe. Il sait que ses adversaires l’ont constamment en point de mire. Donc, chacun a préféré s’abstenir »

Par contre de retour sur Reims, à partir du 35e km Dejene Kelkilew a commencé à tester ses compagnons de route. Moses Mwarur et Ashalew Hunde n’ont pas résisté à cette première accélération et ont été contraints de lâcher prise.

Ensuite, le quatuor à la lutte pour la victoire a imprimé un rythme de plus en plus soutenu et à l’approche de l’ultime km, Djene Kelkilew a progressivement lancé un long sprint, qui lui a permis d’éliminer à petit feux les 3 autres prétendants à la couronne et de l’emporter en 2h11’21’’.

Peu surpris, René Auguin, le concepteur de ce plateau élite a confié : « Si ces coureurs ne s’étaient pas relevés au moment où le « Lièvre » a arrêté, cela se serait fini autour des 2h09’. En tous cas cet Ethiopien de 23 ans m’a épaté. Jamais il n’était sorti de son pays auparavant et tout au long de son effort, je l’ai senti à l’aise. Il manque encore d’expérience, mais il va encore progresser. Il s’entraîne au sein du groupe de Jos Hermens, qui le trouve impressionnant à l’entraînement et particulièrement sur les sorties longues. Un jour, il sera sous les 2h06’ »

Plus loin, 9e en 2h44’11’’, Raphaël Bénézit du Puy en Velay a déclaré : « Au début, je suis parti avec les filles, mais comme ça allait trop vite, j’ai préféré ralentir pour ne pas risquer une énorme défaillance. Cela me fait plaisir d’être le premier français et le premier V1, mais je ne pensais que 2h44’11’’ suffirait. Egalement compte tenu de mon âge, ce n’est pas si mal. J’ai 45 ans. A 35 ans, j’avais réussi 2h29’52’’ »

Quant à la course féminine elle s’est réduite à un duel entre les deux Ethiopiennes Ayantu Hailemaryam et Yeshume Ayale, qui se sont rendues au semi-marathon en 1h16’12’’. Mais sans doute partie top vite lors de ce premier marathon, Ayale victorieuse l’an passé de la Course du Viaduc de Millau a cédé au 23e km, avant de vivre un calvaire pour rallier le finish près de 6 minutes derrière Hailemaryam, heureuse de porter son record à 2h33’59’’, contre 2h35’45’’.

Enfin a l’heure du bilan sur près de 1100 participants, 10 ont franchi la barre des 2h45’, 36 celle des 3 heures, 97 celle des 3h15, 197 celle des 3h30, 324, celle des 3h45’ et 481 celle des 4 heures.