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Pierre-Ambroise Bosse, un nouveau hold up?

Ce samedi à Berlin en finale des championnats d’Europe du 800 mètres, Pierre-Ambroise Bosse va t-il refaire le coup de Londres, lorsqu’il avait ébaubi et ses adversaires et les observateurs pour devenir le premier Français champion du Monde du 800 mètres? 

Ce coup-ci, aucun bénévole n’a eu besoin de lui glisser un sac plastique pour vomir. Jeudi lors de son entrée en lice, Pierre-Ambroise Bosse était passé tout près de la correctionnelle et avait mis de longues minutes à récupérer.

Vendredi, le Français a paru moins emprunté mais ne s’est pas non plus montré transcendant. Après avoir vu qu’il suffisait de courir en 1’46’’82 pour se qualifier, Bosse, placé dans la deuxième des deux demies a choisi de prendre « les commandes de l’avion ».

Jusqu’alors toujours en tête, il a pioché dans l’ultime droite, débordé par un impressionnant Adam Kszczot (1’46’’11 ; 1’46’’17 pour le Polonais Michal Rozmys ; 1’46’’21 pour Bosse ; les trois premiers étaient directement qualifiés).

« Les sensations ? Il y a mieux, mais il y a pire. Je me suis un peu crashé à l’arrivée. J’aurais bien aimé gagné cette course mais ça ne change pas grand-chose. Et ça fera encore plus monter ma cote ».

Kszczot en favori

L’Espagnol Saul Ordonez, auteur du meilleur chrono de la saison (1’43’’65) a été éliminé, de même qu’un certain Amel Tuka (7e en 1’47’’24), le Bosnien se situant à des années lumières de la comète subitement apparu il y a trois ans (1’42’’51).

Si la cote de Bosse remonte -il ne fera pas figure d’ultra favori comme à Zurich en 2014, celle de Kszczot ne sera pas bien haute tant le Polonais, double champion d’Europe en titre et double vice-champion du Monde (2015 et 2017 derrière Bosse) paraît costaud.

« J’ai eu l’impression que Kszczot voulait me narguer un peu. Il avait l’air plus facile que moi et je vais essayer d’inverser la vapeur demain » corroborait après la demie Pierre-Ambroise Bosse.

Depuis le début de la saison, et a fortiori à Berlin, ses chronos (1’44’’20 pour sa meilleure marque de la saison, à Monaco), et l’impression visuelle laissée sont en contraste avec ses propos, à savoir viser 1’43’’, voire son propre record de France (1’42’’53 en 2014).

Un décalage qui nous ramène un an en arrière. A Londres aux championnats du Monde, Bosse se qualifie en finale au temps et au forceps. Marqué en zone mixte  (« il était cuit » avait dit Mehdi Baala), on imaginait bien mal le voir tenir un rôle en finale deux jours plus tard.

Adam Kszczot aussi. Et pourtant…

A lire dans le magazine 255 de VO2, la longue interview que nous a accordée Pierre-Ambroise Bosse : « Je ne me suis jamais senti aussi libre ». Actuellement en kiosques et sur notre boutique ICI !

Photo : Getty Images for IAAF.