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Paul Renaudie veut rebondir

Après avoir stoppé sa saison estivale début juillet en raison d’une tendinite au genou (TFL), l’international sur 800 m Paul Renaudie a repris la compétition en terminant deuxième du cross court au cross Sud Ouest à Gujan-Mestras dimanche dernier. Le Bordelais, désormais entraîné par Thierry Choffin, coach notamment de Rénelle Lamote, explique pourquoi il a changé de structure. 

Comment analysez-vous cette deuxième place ?

Je suis content de la manière. Il fallait reprendre goût à la compète, se faire mal et ne rien lâcher tout au long de la course. Je voulais faire une course pleine en finissant fort, ce que j’ai fait dans la dernière ligne droite. Dans l’ensemble, après avoir repris il y a un mois et demi, avec les changements qu’il y a eus, ça fait du bien psychologiquement.

Vous avez stoppé votre collaboration avec Bernard Mossant (avec qui il a notamment glané le titre national indoor en 2014) et vous vous entraînez désormais avec Thierry Choffin. Pourquoi ?

Je remercie Bernard pour tout ce qu’il a fait pour moi. Je ne remets pas en cause son entraînement mais je ne me retrouvais plus dans notre manière de fonctionner. Je m’entends bien avec Rénelle, avec plusieurs personnes de son groupe, ça s’est fait naturellement.

Cela ne va-t-il pas être compliqué de vous entraîner à distance ?

C’était le point crucial. On a beaucoup discuté avec Thierry, on a pris la décision de travailler ensemble assez tard. Il fallait qu’on mette un système en place qui soit efficace car ça va être une année importante. En fait, je m’entraîne trois semaines à Bordeaux avec la muscu toujours assurée par Gaël (Le Glédic, coach à Bordeaux Athlé, le club de Paul Renaudie, ndlr). Et je vais une semaine par mois à Fontainebleau, ce qui nous permet de nous voir régulièrement.

Cette organisation fonctionne bien pour l’instant.

Paul Renaudie dimanche au cross Sud Ouest à Gujan-Mestras (Photo Q.G)

Paul Renaudie avait pris un départ prudent avant de remonter dimanche au cross Sud Ouest à Gujan-Mestras (Photo Q.G)

Ce n’est pas risqué à un an des Jeux Olympiques ?

Si, si. Mais choisir, c’est renoncer. J’ai renoncé à certaines choses, comme la présence de Bernard au quotidien. On a fait des choses pendant un an et demi, mais je me suis rendu compte qu’il y avait des incompréhensions.

C’est toujours difficile de mettre fin à une relation professionnelle, mais je pense que c’était la meilleure solution. L’avenir nous le dira. Psychologiquement, je suis beaucoup mieux que l’année dernière.

Après cette année 2015 très compliquée, les Jeux restent-ils l’objectif ?

C’est bien sûr dans un coin de ma tête, même si je n’y pense pas tous les matins. L’objectif est d’abord de rebattre mon record (1’45’85’’en 2012) de recourir vite et ne pas me blesser. Cet  hiver va être consacré au travail, avec des compétitions en salle et en cross. Je n’ai pas d’objectif particulier. Il faut que je reprenne goût à la compète, que je m’entraîne dur.

« J’étais mauvais et j’avais l’impression d’être un cadet et de n’avoir jamais couru »

Vous aviez perdu un peu la flamme ?

Je suis marié, j’ai un enfant, bientôt deux, donc ce sont des décisions de famille, pas personnelles. Mes trois derniers chronos sur 800, c’est 1’53, 1’50 et 1’51 (meilleur temps de sa saison 2015 : 1’47’’96 ; 1’46’’05 en 2013, ndlr). Oui, je me suis posé des questions. Pour continuer, il faut que je sois bien dans ma peau, que je m’épanouisse pleinement.

J’ai pensé à arrêter mais j’ai pris cette décision de continuer, avec ma femme, car je pense que j’ai le potentiel physique pour aller aux Jeux Olympiques.

Départ du cross Sud Ouest (Photo Q.G)

Départ du cross Sud Ouest (Photo Q.G)

Mon club, mon entreprise me soutiennent. Depuis mars, je suis en CIP (Contrat d’Insertion Professionnelle) à temps plein, mais je suis détaché à mi-temps (il est responsable de missions marketing  chez GT Location). C’est une très bonne formule (il avait auparavant arrêté de travailler un temps pour se consacrer pleinement à l’athlétisme, ndlr).

Depuis septembre, j’ai mis en place un travail psychologique, avec une vision globale, pour être bien dans ma tête et prendre confiance.

La reprise n’a pas été trop difficile ?

J’ai fait beaucoup de rééducation de juillet à septembre, beaucoup de soins sur le genou. Le mois de septembre a été consacré à la réadaptation à la course avec de la course-marche. J’ai repris le 1er octobre. J’avais encore mal au début, mais je n’ai maintenant plus aucune douleur.

Au début,  j’étais dégueulasse (sourire). La première fois que je suis allé à Fontainebleau, j’ai pris des “branlées“ par les cadets juniors du groupe de Thierry qui se préparaient pour les Europe. J’étais mauvais et j’avais l’impression d’être un cadet et de n’avoir jamais couru.

Il y a deux semaines, j’étais mieux. Il me reste beaucoup de travail. Mais je suis motivé et j’ai très envie de recourir.

Photo de une : Q.G