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Course Eiffage du Viaduc : Millau, capitale historique de la course à pied

100 km de Millau, Templiers, course Eiffage du Viaduc de Millau : la sous-préfecture de l’Aveyron est la pierre angulaire de pléthore d’épreuves ayant ensuite fait florès à travers l’Hexagone.

Dans les agences de marketing, on les appelle les runners ou bien les urban runners ou encore les city runners. Ils sont de plus en plus jeunes, étudiants, jeunes cadres. Jeunes hommes, jeunes femmes de plus en plus nombreuses à courir le sourire aux lèvres et les écouteurs diffusant du Papaoutai pour rythmer le pas.Cette jeune population de runners, cible privilégiée pour les agences de com, est loin de se douter que la mode du running est née, non pas dans les allées du Champs de Mars mais dans l’Aveyron. Et oui! Dans ce département rural plus connu pour son Roquefort et sa lutte contre le camp du Larzac que pour avoir lancé une mode.

Nous sommes au tout début des années 70. Le marathon n’est réservé qu’à de vieux fantassins qui se font griller sur la route de l’endurance, semelle de bois au pied et mouchoir noué aux quatre coins sur le crane. Ils seront bien entendu les premiers à animer ces épreuves que l’on dit populaires créées au début des années 70 en marge d’une fédération qui sort ses griffes devant un mouvement sportif qui lui échappe. Ainsi naissent les 100 km de Millau.

Nous sommes en 1972 à l’initiative de Serge Cottereau, un ancien pistard qui se lance dans l’aventure du grand fond. Dès lors, une myriade d’épreuves voit le jour dans chaque village de l’Aveyron. Chaque commune, chaque comité des fêtes veut sa course. On se moque bien si ça grimpe, si ça monte, si le goudron laisse la place à de vieux chemins. L’Aveyron a la fièvre de la course à pied. Paysans, ouvriers du cuir, fonctionnaires, employés aux caves de Roquefort chaussant des EB ou les premières New Balance achetées par correspondance, cheveux plus longs que maintenant se lancent des défis dimanche après dimanche au pied des clochers. Jusqu’à 1000 coureurs à St –Rome – St Affrique, plus de 500 au marathon de St Jean du Bruel et bien entendu, près de 1000 aux 52 km de St Rome et Millau en grande reine de l’endurance qui s’installe sur le trône des 100 km.

Des Templiers…

Cette histoire est unique et de l’épicentre aveyronnais, la mode du «jogging» fait tâche d’huile imposant une nouvelle forme de course à pied, ouverte à tous, festive et conviviale.En 1995, nouveau coup de grisou. Avec la naissance des Templiers créés par le magazine VO2 installé lui aussi dans l’Aveyron, ce n’est pas un hasard. C’est le premier trail français donnant naissance et cette lame de fond qui submerge la planète course. Là encore, une autre façon de courir née au fin fond de l’Aveyron, sur le causse du Larzac. Et là encore, l’Aveyron est contaminé par le trail. Puis très vite l’ensemble de notre territoire, de la Bretagne au Var, de Paris à Lyon où naissent des épreuves hybrides que l’on appelle trail urbain.

…au Viaduc de Millau

Enfin en 2007, Millau ouvre à nouveau la grande boîte à projets. Encore une course à pied crient certains! Et oui encore une autre façon de courir, cette fois pour s’approprier le plus haut viaduc du monde, la fierté d’une ville, la fierté d’un département qui sait parfois relever de grands défis. La Course Eiffage du Viaduc de Millau voit ainsi le jour, une nouvelle fois lancée et créée par le magazine VO2.

Ainsi Millau, avec les 100 km, les Templiers et la Course Eiffage du Viaduc est devenue, sans stratégie, sans politique évènementielle bien définie, mais avec culot, la capitale de la course à pied en France. Trois épreuves d’exception, trois univers, toutes les trois leaders dans leur champ de course respectif, l’ultra, le trail et la course patrimoine. Un fait unique plaçant Millau comme place forte d’une activité qui jugée marginale voir stupide début des années 70 est devenue tendance. Un sacré pied de nez bien chaussé!