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L’internationale espoir Jacqueline Gandar, une première sur semi-marathon prometteuse

Jacqueline Gandar fait partie de ces jeunes espoirs qui incarnent l’avenir du demi-fond féminin tricolore. Pour sa première participation aux championnats de France de cross long en hiver dernier, la Havraise avait obtenu une probante 20e place au scratch (3e espoir derrière Cécile Jarousseau et Marie Bouchard). A Udine le 21 septembre dernier, elle a claqué un joli chrono sur son premier semi-marathon, s’imposant lors du match international jeunes (1h17’21’’).

Le macadam sied bien à Jacqueline Gandar,comme elle le racontait l’hiver dernier. Dans la foulée des cross, la Havraise avait pris la 3e place au scratch des championnats de France de 10 km à Valenciennes (et première espoir en 34’42’’). Son appétence pour la route lui a été confirmée il y a deux semaines à Udine en Italie, à l’occasion du match hors stadejeunes, où elle s’imposa sur le semi-marathon (1h17’21’’). Ce à l’occasion de ses premiers pas sur la distance, qui plus est.

«Je ne sais pas si c’est la route qui m’attire le plus car le cross, c’est sympa. Mais la préparation du long m’a vraiment plu ». D’autant qu’à Udine, elle a pu retrouver ses amies de l’équipe de France. Avant de commenter sa course, c’est ce que Jacqueline Gandar met d’abord en exergue le collectif.

«Les trois Françaises sur le podium, c’était super»

«L’équipe était très soudée. Tout au long du week-end, on a vraiment senti qu’il y avait un vrai esprit d’équipe. On est parties sur les bases d’1h20’ et on s’est encouragées pendant la course avec les quatre filles(Cécile Jarousseau et Anaïs Sabries ont également couru en deçà de 1h20’, ndlr) » raconte t-elle. «On était ensembles, avec les Italiennes qui étaient également à notre niveau. Sur la deuxième partie de course, je me sentais très bien –surtout entre le 10e et le 15e- et j’ai accéléré au fur et à mesure. A partir du 16e, j’ai eu les jambes vraiment lourdes. Ce qui était génial, c’est qu’il y avait du monde partout. La course était open et c’était vraiment bien, ça aide beaucoup. J’espérais faire aux alentours d’1h20’ et je ne m’attendais pas à faire ce chrono là. Et j’étais surtout ravie que l’on soit premières par équipes. Les trois Françaises sur le podium, c’était super » poursuit avec sincérité la sociétaire du Havre Ac, étudiante à Rouen en école d’ingénieur en agriculture.

«À Rouen, l’équipe est très accueillante. Même si je ne fais pas les entraînements avec eux, ils m’encouragent etc…Et le week-end, c’est super de retrouver le groupe et l’entraîneur (par Jean-Jacques Nouet, ndlr)». Après des championnats de France orageux en juin dernier à Albi, au cours desquels elle a glané le titre –sous une pluie diluvienne- sur 5000 mètres, Jacqueline Gandar a coupé deux semaines, avant de s’astreindre à une grosse prépa semi. «On m’avait dit début juillet qu’il y aurait éventuellement ce semi. Début août, après la reprise, on a fait beaucoup plus de footings longs (1h15’-1h20’) que d’habitude, avec aussi des fartleks plus longs, en nature. J’étais vraiment bien préparée pour ce semi ».

Une bonne partie de la prépa…en Irlande

Une préparation effectuée…en Irlande, puisqu’elle est partie cet été en stage dans le cadre de ses études. «Je suis partie le lendemain des France jusqu’au 31 août. J’ai d’abord fait un mois dans une exploitation agricole puis un mois dans un jardin botanique. Mais mon entraîneur me communiquait tous les jours ce que je devais faire. J’ai eu beaucoup de chance car c’était un endroit isolé, et j’avais un long chemin qui démarrait là où j’habitais. J’ai donc pu faire toutes mes sorties longues sur ce chemin. La langue? Ça allait car ils étaient patients quand il parlait avec les étrangers. Mais j’ai quand même eu du mal à exprimer par moment. Mais c’était une belle expérience» sourit celle qui vient de réaliser 34’55’’ lors des 10 km du Havre ce dimanche 5 octobre, preuve de sa forme actuelle.

Désormais, Jacqueline Gandar se tourne vers les cross, à commencer par les championnats d’Europe en décembre prochain. «Je vais tout donner au cross de sélection à Allonnes. Il y aura beaucoup de monde» corrige celle qui a pris la 51e place chez les juniors  l’an dernier à Belgrade pour sa première sélection internationale en cross. Avant le rendez-vous national aux Mureaux. «L’objectif, c’est vraiment le cross long. Ça m’a beaucoup plu l’an dernier (20e et 3e espoir pour ses premiers France sur le long, ndlr). Il y a une grande différence entre les filles du top 10 et du top 20. Mon objectif sera de faire le mieux possible, et en tout les cas ne pas avoir de regrets».

Et le semi, dans tout ça!? «Non, pas cette saison. J’ai vraiment aimé, mais comme on a dit avec mon entraîneur, il ne faut pas en faire trop. Mais je sens plus à l’aise sur le long que quand ça va vite. Je pense que j’irai plus vers le long plus tard». Le talent, et la sagesse des longues distances, en plus…

 

Photo : Gilles Bertrand