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Rentrée de Yohan Durand sur 3 000 m à Gand : de l’incertitude mais de la confiance

Après une longue période de préparation, l’impatience guette souvent l’athlète à l’aube de sa course de rentrée. Impatience d’en découdre mais aussi de savoir où il en est. De savoir si le labeur réalisé à l’entraînement et les investissements consentis seront récompensés par les quelques chiffres escomptés que le chronomètre égrènera. Impatience au fond de laquelle se tapissent quelques doutes, lorsque l’athlète s’interroge sur son véritable état de forme, sur sa valeur du moment… Bien qu’ayant un certain vécu sur lequel s’adosser, Yohan Durand n’échappe pas à ces questionnements.

Des repères avant Birmingham

Revenu d’Afrique du Sud mercredi, le Bergeracois effectue sa rentrée ce dimanche à Gand, sur 3 000 mètres. « Je ne sais pas trop comment ça va se passer. Je n’ai pas trop de repères. Les dernières séances en Afrique du Sud n’ont pas été mauvaises, mais pas non plus extraordinaires » confie t-il, avant de poursuivre : « Je ne suis pas en totale confiance. J’ai fait le boulot, mais les séances restent correctes, sans plus. La fatigue liée au stage, l’altitude (1 400m) où tu vas moins vite qu’au niveau de la mer, peuvent expliquer tout cela ». Il semble en tout cas avoir bien digéré le voyage retour et l’écart de température afférent, en atteste ses « 200 et 300 mètres » réalisés hier, dernière séance où cours de laquelle il ne s’est pas senti « hyper fatigué ».

Alors que prévoir de son premier rendez-vous hivernal ? Un chrono de haute volée, comme l’an passé, où il avait claqué 7’44’’46 à Bordeaux ? Il faudra peut-être attendre la semaine prochaine et le meeting de Birmingham pour ce type de performance. « Je vais devoir prendre des repères par rapport à la piste, à la salle, au 3 000m. Je le prends plus comme une grosse séance, je n’envisage pas un chrono particulier. Je veux être au top du top pour Birmingham où il va y avoir une grosse course et où il faudra juste suivre ». Mais en citant l’exemple de son pote Yoann Kowal (qui sera lui aussi en lice à Gand) et qui n’était pas en grande confiance avant sa rentrée (5’04’’18 sur 2 000 m puis 7’46’’72 sur 3 000), la compétition diffère de l’entraînement et derrière une certaine prudence légitime, lorsque le travail a été bien réalisé en amont, les résultats sont généralement là.

« Quand il me tarde de courir… »

D’autant plus que la motivation de Yohan Durand est « décuplée », étant donné qu’il n’a couru qu’une seule fois depuis l’été dernier. « Houilles (10 km en 29’44), c’était plus une compétition comme ça, entre les fêtes et après le Kenya. Depuis le meeting de Paris en juillet, je n’ai pas épinglé un vrai dossard. Ça me manque. Et quand il me tarde de courir, c’est bon signe…Je suis un peu frustré car je n’ai pas beaucoup de courses de prévues. Donc celles où je m’aligne, je veux me donner à fond ».

Sans oublier que son objectif à moyen terme demeure les championnats d’Europe de Göteborg (1er au 3 mars). Et dans cette optique, les entraînements ont davantage été axés sur du 1 500-2 000 m, et ce afin de finir la course sur des bases enlevées, ce qui est déterminant en championnat. « Sur du court, je suis mieux que l’an dernier à la même époque » indique t-il d’ailleurs.

« Aux championnats du monde, il faut être capable de courir 7’40, voire moins, et terminer très vite. Aux Europe, il y a un peu plus de marge. Il faut être surtout capable de finir vite. Ce paramètre a donc été pris en compte dans la programmation de l’entraînement ». Cela ne l’empêchera peut-être pas de d’aller se frotter les 7’40 dans moins de dix jours à Birmingham…