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Championnats de France Elite : Yohan Durand ne défendra pas son titre sur 5 000 mètres

Cruelle saison pour Yohan Durand. Son année aura été ponctuée par de multiples pépins physiques. Alors qu’il était revenu quasiment à son meilleur niveau, une très forte douleur au tendon l’empêchera de participer aux France Elite et de défendre son titre sur 5 000 mètres.

C’est le lot de pléthores de sportifs de haut niveau. Et malheureusement, Yohan Durand n’y échappe pas. Après une très bonne saison 2012 (7’44’’46 sur 3000 m en salle, 13’17’’90 sur 5000 m) où il n’avait quasiment rien manqué pour qu’il se qualifie pour les Jeux Olympiques, le Bergeracois a vécu une année 2013 beaucoup plus compliquée. Avec d’abord des douleurs à la hanche en novembre qui ont retardé sa préparation hivernale et un hiver difficile sur le plan des résultats (8’01’’63 sur 3000 indoor).

Tout semblait ensuite bien reparti après la césure hiver-été. Retour aux sources à Bergerac, stage à Capbreton avec son pote Yoann Kowal. «Mais je me suis fait déjà une première douleur (à la hanche) entre le 15 avril et le 1er mai. Et du coup, j’avais perdu 15 jours à ce moment là. Je devais courir à Rabat début juin, j’avais déjà différé ma rentrée» souligne t-il. Premier contretemps.

Un funambule sur son fil

Yohan Durand recouvre l’intégralité de ses moyens physiques à partir de début mai. Et enchaîne les séances. Avec un but en tête : revenir à temps afin d’être en capacité de réaliser les minima sur 5000 m (13’13’’50) pour les championnats du Monde de Moscou. Ou du moins de s’en approcher. Après des débuts laborieux, la forme revient rapidement. Sa rentrée est donc prévue le 2 juillet à l’occasion du deuxième meeting de la LNA à Nancy. Mais le 5000 m est finalement annulé! L’athlète coaché par Pierre Messaoud opte donc pour un 3000 m à Sotteville-lès-Rouen le lundi 8, avant les France Elite sur 5000 le 12 juillet. Pour tenter le tout pour le tout à Monaco le 19 juillet. Sauf que le tendon couine.

«J’étais bien revenu. Au 15 juin, je m’estimais sur un chrono aux alentours de 13’25. Et il restait encore quinze jours de travail. J’ai commencé à avoir des douleurs au tendon d’Achille droit une semaine avant Nancy» explique t-il. Cependant, le temps joue contre lui, la course contre la montre est enclenchée et chaque entraînement, chaque séance, constitue un pas substantiel en direction de la Russie. Mais il est comme un funambule sur son fil: son corps –son tendon en l’occurrence- est en équilibre (très) précaire. «J’ai couru dessus pendant deux, trois jours mais la douleur était de plus en plus présente. J’ai fait du repos pendant sept jours (jusqu’à début juillet donc). J’ai ensuite essayé de reprendre mais c’était toujours la même chose. J’ai fait des séances de mésothérapie pour me soigner. J’ai essayé de placer quelques séances mais je sentais qu’il y avait une grosse appréhension sur la jambe droite. Et en termes de chronos, j’étais vraiment en deçà de ce que j’étais capable de faire. Du coup, c’était mort pour les championnats du Monde ».

«De nouveau, tu repars à zéro»

En dépit de ces multiples contretemps, Yohan Durand a tout essayé pour éviter de faire une saison estivale blanche. «J’ai fait une séance samedi (la semaine dernière) qui s’est mal passée. J’ai tenté lundi mais ça n’était pas mieux. Et aller aux France à 75% ne m’intéressait pas trop. Je préfère me soigner et guérir pour me projeter sur de prochains objectifs que de forcer sur la piste» confie t-il. Le nom barbare du tourment? Le syndrome de Haglund. «C’est l’arrière du talon qui est mal formé et cela créée une tension sur le tendon» décrypte t-il. «Ça m’était déjà un peu arrivé cet hiver et à chaque fois, ça passait au bout de 3-4 jours avec du glaçage, des étirements, de la méso…» Le mal n’est cette fois pas passé. Et s’il n’envisage pas l’opération, Yohan Durand va couper environ trois semaines.

La douleur physique se double d’une indicible frustration: ne pas pouvoir pleinement défendre ses chances. «C’est vraiment de la frustration et… (Il hésite). C’est chiant parce que j’ai l’impression que c’est vraiment un facteur pas de chance. J’avais l’impression de bien revenir et de voir la lumière après le bout du tunnel. Et de nouveau tu repars à zéro». Il ne semble toutefois pas non plus découragé.

«J’arrive à faire la part des choses»

«Après j’arrive à faire la part des choses et à tourner la page. Je vais couper et je vais certainement préparer des compètes en automne. Car cet hiver j’ai très peu couru et cet été encore moins. Je vais regarder devant. Là j’ai envie de ne pas me prendre la tête et de simplement courir. De reprendre du plaisir en faisant des compètes». Bref, sa thérapie pour tempérer sa frustration consiste à se projeter d’emblée sur de nouveaux objectifs: courses sur route, Europe de cross, cross long même s’il n’a pas encore «vraiment discuté avec (s)on entraîneur des objectifs. J’ai vraiment envie de recourir, de remettre un dossard».

Pour retrouver le plaisir de courir, en oubliant au chrono, sans penser à la course contre la montre ou au niveau de forme. Pour dans un premier temps, courir, tout simplement.