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Championnats de France Elite : Mame-Ibra Anne, l’homme à suivre sur le tour de piste

Le sociétaire de le l’Us Ivry a empoché son deuxième titre national consécutif sur le tour de piste (45’’80). Rencontre avec un athlète affable et qui pourrait bien se révéler aux yeux du grand public aux championnats d’Europe à Zurich.

Mame-Ibra Anne s’annonce peut-être comme le successeur de Leslie Djohne sur le tour de piste, même si les jeunes poussent derrière, à l’instar de Thomas Jordier. A 25 ans, le sociétaire de l’Us Ivry a franchi un nouveau palier cette année, après «avoir passé pour la première fois les 46’’» l’été dernier (45’’73 au meeting Areva en juillet 2013). En 2014, Mame-Ibra Anna poursuit sa progression au plus haut niveau. Une rentrée en 46’’07 à Leiria au Portugal le 7 juin avant un nouveau record personnel (45’’44), réalisé à Genève la semaine suivante.Surtout, à l’occasion de sa troisième sélection international senior, lors des championnats d’Europe par équipes en Allemagne fin juin, le natif de Colombes a remporté sa course avec brio (45’’71), avant de terminer deuxième sur le 4×400 m dans le sillage d’un gros relais.

A Reims, Mame-Ibra Anne a confirmé son statut, glanant son second titre hexagonal en 45’’80. «Je suis content car je suis dans une période où je bosse beaucoup. Comme j’ai fait rapidement les minima, j’ai fait 15 gros jours de travail» explique l’athlète coaché par Marc Vecchio à Ivry, qui n’était pas dans les meilleures dispositions mentales avant ces France.«J’ai perdu mon beau-père vendredi matin. Cela a été un choc. Ma petite sœur est venue ce week-end avec moi. Je joue un peu le rôle de grand frère en lui montrant qu’il faut être fort, solide et donner le meilleur» dit-il pudiquement.

Samedi en séries, Mame-Ibra Anne a été «suffisant» selon ses propres termes, prenant la deuxième place derrière Mamoudou-Eliman Hanne (en 46’31). «Mon coach me l’a rappelé gentiment. Pour moi, les France, c’est totalement différent de la coupe d’Europe. Là-bas, c’était un peu la Ligue des Champions, alors que les France, c’est un peu la CFA (4e division nationale de foot), sans manquer de respect à personne. J’ai eu du mal à mettre dedans » souligne t-il, franc et sincère. Des propos qui pourraient être interprétés comme de l’arrogance, mais qui n’en sont pas. «Ce n’est pas de la prétention» précise t-il d’ailleurs, comme pour éviter toute mauvaise interprétation.

«Ça peut faire quelque chose de vraiment bien»

Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter sa réponse quand on lui demande si les moins de 45’’ sont pour bientôt. «Dans un ou deux ans, même si je ne me fixe pas de limites». La tête sur les épaules. En finale, il a fait le job, sérieux, appliqué et respectant le schéma de course. Bien placé dans l’ultime ligne droite pour déborder Mamoudou-Eliman Hanne (finalement 4e en 46’’10), son cousin, même s’il ne porte pas le même nom.

«Quand mon père est arrivé en France en provenance du Sénégal, en 1979 ou 1980, il y a eu un souci. Le «H» n’est pas passé» sourit-il. Toujours est t-il qu’il faudra suivre attentivement les premiers pas de Mame-Ibra en grand championnat, à Zurich dans un mois (6e actuel au bilan continental). «Je vais jouer ma carte individuelle au maximum» relève celui qui est en école de management du sport à la Défense (SMS), à Paris –«tout ce qui touche au sport me plaît vraiment».

Il sera également le fer de lance du relais tricolore. «Regardez bien les bilans. C’est incroyablement homogène. Ça peut faire quelque chose de vraiment bien» assure t-il. Quelques instants plus tôt, il avait glissé de son propre chef: «Je suis hyper content pour mes camarades du relais. Teddy (Atine-Venel) fait 45’’94, c’est bien». Avec Yannick Fonsat ou encore l’espoir Thomas Jordier, médaillé de bronze l’été dernier aux Europe juniors à Rieti et qui est monté sur la 3e marche du podium (46’’00 tout rond, record personnel), le relais tricolore aura en effet un bon coup à jouer. Tout comme Mame-Ibra Anne.