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Marathon de Paris : Séverine Hamel, le mélange d’émotions

Séverine Hamel aborde son premier marathon, dimanche à Paris, avec beaucoup d’impatience.

Dans la foulée de sa reprise à Paris-Versailles, en septembre dernier, près plusieurs mois d’absence (tendon d’Achille) Séverine Hamel hésitait à se lancer sur marathon. L’athlète de l’Endurance 72 a finalement franchi le pas.

« Il y un an, quasiment jour pour jour, on m’avait demandé si je faisais le marathon de Paris et j’avais dit : “sûrement pas !“. Comme tous les ans, j’ai regardé à la télé et ça m’a fait envie. Quand j’ai vu Laurane (Picoche), qui a de grosses qualités sur piste et qui s’alignait sur marathon, j’ai trouvé que c’était un challenge intéressant ».

Sa décision fut actée à la suite d’un raid, le Rocky Man à Rio en novembre dernier, avec son compagnon et entraîneur Benoît Holzerny. « On croyait que c’était 26 km avec que de la route, sauf que tout a été changé cette année. C’était dans la pampa. J’ai mis 4h15’ à faire 26 bornes, sans réelle prépa, avec ensuite 1h de canoë polynésien, et ensuite de nouveau 12 km avec mon équipe. J’ai fini vidé comme jamais de ma vie. J’étais fière de moi. Je ne voulais pas monter sur marathon car je ne me sentais pas capable de faire un effort aussi long. Et là, je me suis prête quand je suis rentrée du Brésil ».

Séverine Hamel, a attaqué les premières sorties longues, « 1h30’, 1h45’, 2h dès la fin décembre », découpant la prépa marathon en deux parties, le duo ayant constaté qu’elle devait faire « beaucoup de sorties longues pour briller sur semi-marathon ».

Mais aussi car la Sarthoise escomptait briller aux France de cross. « On voulait remettre un peu de dynamisme pendant trois semaines avant les France de cross » relève celle qui avait pris une très belle 6e place au Pontet en 2014.

« J’ai une de mes deux hanches qui a survécu et quelques orteils aussi, donc ça devrait aller ! »

« En décembre, l’entraînement n’a pas changé, sauf ma sortie longue où on a augmenté le volume. Tout le monde me disait que j’étais malade de commencer à ce moment, mais j’étais vraiment rincée au début en faisant 1h45’. Et c’est presque là où je me sens le mieux maintenant ».

Sauf que lors du cross Ouest-France en janvier, Séverine Hamel a terminé avec une grosse contracture au mollet (9e), qui a mis trois semaines à se résorber. « Je pouvais courir, mais pas vite sinon j’avais mal. Je faisais des footings puis j’enchaînais avec des séances de vélo d’appart. Avec la blessure, je n’ai pas fait ces trois semaines de dynamisme et je suis arrivée aux France de cross avec une grosse charge d’entraînement dans les jambes » poursuit celle qui a pris la 11e place aux Mureaux.

Nonobstant « un petit virus, quelques bobos à l’aponévrose et à la hanche », sa préparation s’est bien déroulée. « A J-6 (l’interview a été réalisée lundi, ndlr), j’ai une de mes deux hanches qui a survécu et quelques orteils aussi, donc ça devrait aller ! » sourit-elle.

« J’étais un peu tendue avec mes collègues, mais ils sont sympa car ils savent tous que je prépare un marathon »

« Ce que j’ai aimé, c’est que c’est un mélange d’émotions. On a la tête dans le guidon, on fait ses kilomètres, on travaille. Il y a des moments où l’on est confiant, d’autres où l’on est fatigué, d’autres où on a plein d’énergie. C’est quelque chose que je n’avais jamais ressenti » décrypte l’enseignante en charge de CP-CE1. Qui a de fait dû conjuguer ses entraînements avec son prenant travail, limitant le kilométrage hebdomadaire. « J’ai dû faire deux semaines aux alentours des 150 km, sinon ça tournait plus autour des 120. Mais j’avais pour habitude de faire 90 ».

Photo Yves-Marie Quemener

Photo Yves-Marie Quemener

Sans compter l’inhérente récupération que requiert une telle préparation. « Ça été, mais c’était parfois un peu plus dur l’après-midi quand j’avais fait 1h30’ le matin. J’étais un peu tendue avec mes collègues, mais ils savent tous que je prépare un marathon. Donc ils sont sympas et ils me fichent la paix » sourit-elle.

Benoît Holzerny à ses côtés

Séverine Hamel a profité de la préparation marathon pour abaisser son record au semi de Bayeux (1h15’01’’) le 15 mars, « sans trop (s)’y attendre ».

Dimanche, au départ avenue des Champs Elysées, elle envisage de partir en 1h19’ à mi-parcours, avec l’ambition de terminer aux confins des 2h40’. Avec la présence sécurisante de Benoit Holzerny.

« Il n’est pas question qu’il me fasse lièvre. Je préfère qu’il coure à mes côtés. C’est mon pilier et ça me rassure qu’il soit là. Il sera surtout là pour me dire de prendre un gel aux ravitaillements etc… Je n’ai pas l’habitude de me ravitailler. Je suis capable de faire des grosses erreurs là-dessus, surtout en fin de course où il y aura moins de lucidité ».

L’impatience se lit dans les propos de Séverine Hamel. « Bizarrement je ne vois que l’issue positive. Je ne vois pas de négatif. Je suis préparée, je sais que je vais souffrir, mais je m’interdis –je pense que c’est inconscient- de penser à du négatif. J’ai déjà réussi la prépa. J’ai hâte car ça fait des semaines que je pense, dors et vis marathon, que tout est calé et millimétré. A un moment, on a envie d’y être, et j’ai envie d’apprécier ce marathon ».

 

Photo de une : Séverine Hamel lors du cross Ouest-France en janvier dernier (Photo Yves-Marie Quemener).