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Marathon de Paris : les Français en progression

Quatre Français en 2h16’ et moins au marathon de Paris -ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps- les minima pour les Mondiaux pour Abdellatif Meftah, la discipline progresse petit à petit chez les Français, même si plusieurs ont abandonné. Du côté des femmes, Sophie Duarte s’est arrêtée au 32e km. Belles performances  pour Martha Komu et Karine Pasquier.

Le manager hors stade Jean-François Pontier, en charge du projet marathon, a le sourire. Un sourire toutefois marqué d’une once de déception. « Ce projet prend forme et on a besoin de temps. Il y a une petite émulation qu’il faut entretenir. C’est dommage de ne pas avoir cette petite étincelle qui permettrait de booster tout ça ».

Les Français étaient en nombre au départ de cette 39e édition du marathon de Paris en dépit des blessés (lire la présentation ici) -à mettre en parallèle avec le prometteuse densité en lice au semi-de Paris début mars. Au terme d’un 42,195 km dominé par le Kényan Mark Korir (2h05’49’’), qui a dynamité la course durant la seconde partie en réalisant un negativ split (1h03’22’’ puis 1h02’26’’), Abdellatif Meftah est le seul à être descendu sous les 2h12’, chrono qualificatif pour les championnats du Monde de Pékin. 2h11’11’’, soit son deuxième chrono à Paris après ses 2h10’53’’ de 2011, année où il avait ensuite battu son actuel record personnel à Francfort (2h09’16’’).

En solo

« Je suis content, d’autant que j’étais seul à partir du 2e semi » glisse le 6e des derniers championnats d’Europe, passé en 1h04’55’’ à la mi-parcours, un peu moins vite que prévu. « Mon objectif était de faire 2h08’-2’09’. Mais j’ai eu mal au genou au 40e ». Un mal récurrent pour le sociétaire de l’Endurance 72, qui termine à chaque fois ses marathons de la sorte. En dépit d’une batterie d’examens passés, la cause de ces sempiternels maux n’a pas été diagnostiquée.

Abdellatif Meftah à l'arrivée (Photo Yves-Marie Quemener)

Abdellatif Meftah à l’arrivée (Photo Yves-Marie Quemener)

La solitude, l’ensemble des Bleus l’a connue durant la course. « Abdel a fait 20 km tout seul, Yohan (Durand) pareil. Ils sont espacés d’une cinquantaine de mètres et vont à la même vitesse. A un moment, on a besoin du groupe. C’est assez dommage » relève Jean-François Pontier.

Illustration au semi-marathon. Abdellatif Meftah passe dans le sillage de son lièvre, qui s’écartera quelques hectomètres plus loin. A une minute figurent Yohan Durand et Jean-Damascène Habarurema, qui abandonnera par la suite. A dix secondes de ce groupe se trouve Timothée Bommier, dans la foulée de son lièvre Masha (ce dernier s’arrêtera à ce moment-là). Puis vingt secondes plus tard arrivent Badredine Zioini et Larbi Es Raidi (en 1h06’35’’ et quelques au semi), et à encore dix secondes Ruben Iindongo, qui ne terminera pas la course…

Expérience

Timothée Bommier a par la suite été rattrapé par son coéquipier Badre Zioni, celui-ci réalisant 2h15’50’’ (18e), objectif atteint après sa déconvenue à Marrakech il y a un peu plus d’un an. De son côté, Bommier, deux semaines après les Mondiaux de cross, achevait son premier 42,195 km en 2h16’36’’ (19e).

« Tu te retrouves sur un rythme : au 25e, tu as l’impression d’être bien, et au 32e, tu vois que tu as fait l’erreur de te pas attendre l’autre » décrypte le manager du hors stade, qui coache les deux Clermontois. « Le marathon a ceci de spécifique qu’il faut avoir une grosse expérience pour être performant ».

Timothée Bommier et Badredine Zioini (Photo Yves-Marie Quemener)

Timothée Bommier et Badredine Zioini (Photo Yves-Marie Quemener)

Yohan Durand, deuxième Français en 2h14’00’’, aurait pu ainsi partir plus vite (1h06’02’’), mais ne voulait pas prendre le risque d’exploser pour son premier marathon, après avoir pourtant réalisé une probante préparation (lire ici). « Il sait maintenant ce que c’est et ce qu’il lui reste à faire. Il a fait 13’20’’ au 5 000 (13’17’’90). Ce n’est pas si loin que certains coureurs est-africains qui font 2h05’. On a deux trois potentiels comme Yohan qui nous permettent d’espérer d’être dans les 10-12 premiers aux Mondiaux ou aux JO* » poursuit Jean-François Pontier, alors que la chaleur se fait de plus en plus pressante dans la zone d’arrivée (ce qui a pu en handicaper certains à la fin).

Avec comme gros objectif les championnats d’Europe, en 2018 (année des JO, il n’y a pas de marathon aux Europe 2016), et la volonté d’être « présent sur les  podiums chez les garçons », à l’instar du titre de Christelle Daunay à Zurich il y a quelque mois…

MarathondeParis65

Et pour faire descendre les chronos, davantage qu’un marathon plat, c’est un marathon dense que les Tricolores quêtent. « Il faudrait chercher des marathons plus denses entre 2h10’ et 2h15’. C’est très compliqué. Quand on voit des gars qui ont fait 2h10’, 2h12’, ce sont souvent des gars qui sont partis sur 2h10’ et qui ont explosé. Il faut regarde les Européens qui font ces chronos  (car ils sont réguliers sur ces allures) ».

Komu pas loin des minima

Côté féminin, bien que partie sur des bases idoines dans la foulée d’une nuée de coureurs (1h14’38’’ environ), Sophie Duarte, pour ses premiers pas sur la distance, a stoppé au 32-32e en raison de douleurs à l’ischio.

Martha Komu a terminé comme l’an passé première Française, mais avec un chrono amélioré de trois minutes par rapport à 2014 (2h33’33’’, 10e). Pas loin donc des 2h32’ qualificatifs pour les Mondiaux de Pékin. De son côté, Karine Pasquier a bien géré son effort, remplissant avec brio son objectif, en passant tout juste sous les 2h35’, nouveau record personnel (2h34’55’’, 11e) après avoir repris en cours de route Corinne Herbreteau (2h36’26’’, record personnel) et Aline Camboulives, toutes deux parties trop vite.

Martha Komu (Photo Yves-Marie Quemener)

Martha Komu (Photo Yves-Marie Quemener)

Alors que Séverine Hamel est allée au bout d’elle-même pour sa première expérience, 14e en 2h40’05’’.

Pour la petite étincelle, il faudra donc attendre quelques temps. En somme, à l’image de l’abnégation que requiert la discipline elle-même…

* Les minima pour les JO n’ont pas encore été officialisés, dans l’attente du retour du CNOSF. Il pourrait tourner aux environs des 2h11’ pour les hommes et 2h28’ pour les femmes.

A noter également les 2h14’43’’ d’El Hassane Ben Lkhainouch à Vienne en Autriche.

Les Résultats :

1. Korir Mark (Ken), 2h05’49 ; 2. Kanda Luka (Ken), 2h07’20 ; 3. Tola Seboka (Eth), 2h07’33 ; 4. Kigen Mike (Ken), 2h07’42 ; 5.Kirwa Gilbert (Ken), 2h07’44 ; 6. Korir Laban (Ken), 2h07’54 ; 7. Chimsa Deresse ( Eth), 2h07’56 ; 8. Kimurer Joel (Ken), 2h09’45 ; 9. Kirop Pius (Ken), 2h09’45 ; 10. Legese Sintayehu (Eth), 2h11’07 ; 11.Meftah Abdellatif (Fra), 2h11’11 (…) 15. Durand Yohan (Fra), 2h14’00 (…) 18. Zioini Badredine (Fra), 2h15’50 (…) 19. Bommier Timothée (Fra), 2h16’36 ; (…) 22. Es Raidi Larbi (Fra), 2h18’10 ; 23.Assila Anouar (Fra), 2h19’25 ; (…) 25. Lhuissier François (Fra), 2h21’10 ; (…) 27. El Medouly Said (Fra), 2h22’35 ; 28. Lalire Paul (Fra), 2h22’56. (…) 30. Guiomar Adrien (Fra), 2h25’19.

Séverine Hamel à l'arrivée dans les bras de son coach et compagnon Benoit Holzerny (Photo Yves-Marie Quemener)

Séverine Hamel à l’arrivée dans les bras de son coach et compagnon Benoit Holzerny (Photo Yves-Marie Quemener