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Marathon de Paris – Le doublé pour Paul Lonyangata

En 42 éditions, le Schneider Electric Marathon de Paris s’est rarement offert deux fois au même vainqueur. Tenant du titre, le Kenyan Paul Lonyangata a réalisé le doublé hier, devant ses compatriotes Mathew Kisorio et Ernest Ngeno.

Chez les femmes, la Kenyane Betsy Saina a créé la surprise, s’imposant devant sa compatriote Ruth Chepngetich et l’Ethiopienne Gulume Chala.

 

L’an dernier, Paul et son épouse Purity avaient écrit une des plus jolies histoires d’amours sportives, en remportant chacun dans leur catégorie le Schneider Electric Marathon de Paris. Privé de la présence de sa femme cette année, Paul Lonyangata ne s’est pas interdit de victoire pour autant. Toujours placé en tête de course, le Kenyan a participé à l’écrémage qui a progressivement éreinté la concurrence. Un petit miracle puisque, au 16e kilomètre, Lonyangata trébuchait, s’ouvrant légèrement la main et le coude droit, et le genou gauche… avant de rejoindre la tête de course au tempo. Les seuls à avoir résisté à son épatante aisance sont ses deux compatriotes, Mathew Kisorio et Ernest Ngeno. Dès le 35e kilomètre, il ne faisait plus de doute que la victoire se jouerait entre ces trois Kenyans. Paul Lonyangata s’impose finalement en 2h06’25, s’assurant 11 secondes d’avance sur Kisorio et 16 sur Ngeno…

Ils ne sont pas nombreux, dans l’histoire du marathon de Paris, à avoir coupé deux fois la ligne d’arrivée en vainqueurs. Il y eut, dans les années 80, les deux victoires non consécutives de Jacky Boxberger (1983, 1985) et celui d’Ahmed Salah (1984, 1986), et aussi le Britannique Steve Brace, seul jusqu’alors à s’être imposé deux fois consécutivement. Paul Lonyangata, qui a promis de revenir à Paris l’an prochain, a déjà conquis sa place dans l’histoire du Schneider Electric Marathon de Paris.

Betsy Saina, vainqueur femme 2018

 

Victoire surprise de Betsy Saina

A quelques centaines de mètres près, la Kenyane Betsy Saina aurait pu couper la ligne d’arrivée devant tout le monde, Paul Lonyangata compris. Parti avec 16 minutes et 26 secondes d’avance sur les hommes, afin d’offrir enfin une visibilité équivalente aux deux vainqueurs, le peloton féminin a très longtemps tenu la dragée haute aux hommes. Il faut dire que la bagarre entre les six femmes encore ensemble au km33 a fait rage. C’est là que, calée en queue de peloton, la favorite Amane Gobena paya cher une petite erreur d’inattention qui la propulsa, cuisse droite en avant, sur le coin d’une table de ravitaillement. Handicapée par une béquille, l’Ethiopienne finira par abandonner, laissant Betsy Saina s’imposer en 2h22’56, avec trois secondes d’avance sur la Kenyane Ruth Chepngetich et 12 sur l’Ethiopienne Gulume Chala. La surprise ? C’est que Betsy Saina, 5e du 10 000m des JO de Rio 2016 et victorieuse d’un semi-marathon en 69’17, n’avait jusqu’alors jamais terminé un marathon.

 

Jean-Damascène Habarurena et Nicolas Navarro les deux premiers Français.

Côté Français

Jean-Damascène Habarurena a terminé 17e du Schneider Electric Marathon de Paris, et premier Français. En lice pour une qualification pour les championnats d’Europe, Habarurena n’est pas parvenu à descendre sous le chrono espéré, mais sa place honorifique de premier Français pourrait tout de même servir ses ambitions continentales. En 2h15’13, le coureur de l’Entente Anrgevine Athlétisme a gardé une seconde d’avance sur le runner d’Aix Athlé Provence Nicolas Navarro. Benjamin Choquert termine 3e Français en 1h15 :41.

La course handisport a, quant à elle, sacré un tout nouveau vainqueur. Le Japonais Hiroki Nishida a remporté la première victoire internationale de sa carrière en 1h30’02, devant le multi-médaillé olympique David Weir (1h30’52) et l’Espagnol Jorge Madera Jimenez (1h30’53). Julien Casoli est 4e.

Aux côtés de ces coureurs Elite, 43 537 runners ont couru la 42e édition du Marathon de Paris. Une communauté riche de 26% de femmes, de 32% d’étrangers (115 nations) et de 36% de néophytes de la distance.

Ils sont parfois venus de loin pour se lancer à l’assaut des rues, des quais et des boulevards parisiens. De France, bien sûr, mais aussi d’une bonne partie de la planète. Cette semaine, il n’était pas rare de croiser des groupes de marathoniens vêtus d’une veste aux couleurs du Pérou, de Chine ou du Chili dans les travées du salon du running qui s’est tenu, de jeudi à samedi, au parc des Expositions de la Porte de Versailles. Au total, 32% du peloton annonçait un passeport étranger. 55 000 inscrits, 43 537 partants ; 115 nations étaient alignées au départ du Schneider Electric Marathon de Paris, soulignant ainsi la vocation internationale du plus grand rendez-vous du running français.

Année après année, le succès de l’épreuve se confirme auprès des néophytes. Une fois encore 36% affirmaient courir leur premier 42,195 km, dont 44% de femmes. Le plan d’accompagnement mis en place pour les primo-marathoniens n’y est pas étranger. Guide dédié, application digitale, plans d’entraînement et points conseil lors du salon du running et dans le village départ sont vécus par les néophytes comme autant de bonnes raisons de s’aligner au départ avec sérénité.

Photos : ASO/A.Vialatte