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Marathon de Paris : débuts détonant pour Morhad Amdouni

Initialement, Morhad Amdouni devait courir 25 à 30 kilomètres. Il a terminé le marathon de Paris, 8e en 2h09’14’’, 7e perf française de l’histoire et  minima pour les Jeux Olympiques en poche.

Quelques secondes après l’arrivée de Clémence Calvin, Morhad Amdouni finissait son premier marathon, 8e en 2h09’14’’. Meilleur chrono français, minima pour les Jeux Olympiques de Tokyo (2h11’30’’) en poche, dans la foulée d’un solide negativ split : 1h05’07’’ suivis d’1h04’07’’, sur une seconde partie de parcours pourtant plus difficile.

Amdouni est parti avec Florian Carvalho, Nicolas Navarro et Benjamin Malaty. Le lièvre s’est écarté au 26e km, il devait les accompagner jusqu’au 30e km, a minima. Le champion d’Europe du 10 000 mètres a alors accéléré, faisant exploser le groupe de Tricolores.

Il réalisa 30’16’’ entre les 30e et 40e km (et même 15’04’’ du 35e au 40e) du côté de Boulogne où les organismes sont mis à rude épreuve par les ondulations du tracé.

« Le marathon, pas un risque »

« Je suis satisfait. Courir un marathon était pour moi un honneur. Je suis maintenant un coureur complet, du 800 au marathon » souriait-il.

Son chrono surprend, dès lors que le marathon n’était pas prévu à son programme. « Je me suis décidé il n’y a pas longtemps » explique t-il. « Je savais que j’étais capable d’être fort sur de longues distances. J’aurais pu faire 2h07’ ou 2h08’. C’est le fond d’Amdouni (sic). On a connu Amdouni la mobylette (sic), je suis capable de tenir sur du long » glissait-il à la troisième personne, comme dans l’euphorie de Berlin. « Je voulais avoir le ressenti marathon. C’est de bon augure pour la suite ».

Son entraîneur à l’INSEP Philippe Dupont expliquait quant à lui que le natif de Porto-Vecchio avait été touché au tibia fin novembre. « C’était un début de fracture de fatigue. Il a coupé un peu en décembre, et il est vite reparti sur des séances bien chiadées et à haute intensité en vélo, en aquajoging en elliptique. Il a une base aérobie assez étonnante : ça revient vite chez lui. Il peut faire 29’ toute l’année sur 10km. De fin janvier à fin mars, il a fait deux très bons mois de travail sur des allures plus rapides que le marathon. Il a aussi fait deux sorties longues de 30 bornes » assure Philippe Dupont, qui dit qu’un « marathon à ces allures-là, 1h05’ au semi, n’était pas une prise de risque » pour Amdouni. « Il pouvait encore accélérer mails il sentait un peu son mollet sur la fin ».

S’il devait monter pleinement sur marathon après les Jeux de Tokyo, le projet pourrait s’accélérer.

Carvalho continue à « prendre de l’expérience »

Nicolas Navarro a de son côté terminé 10e en 2h11’53’’, nouveau record personnel, à 23 secondes des minima pour Tokyo. Des minima que Florian Carvalho a aussi entrevus, avant de perdre un peu de temps sur la fin de parcours (12e en 2h12’53’’).

« Ça aurait été plaisant de m’en débarrasser. Je pensais que j’allais mieux tenir musculairement. J’ai eu une petit douleur à l’ischio gauche au 31e km, puis à droite au 34e. Je craignais la crampe mais elle n’est pas venue. Mais je me suis fait réellement plaisir pour mon deuxième marathon. J’améliore mon chrono (2h15’ à Varsovie en octobre) et je continue à prendre de l’expérience ».

L’expérience sur marathon, Benjamin Malaty en est pétri : il finit 12e en 2h13’25’’, son quatrième chrono à 2h13’ et moins. Bons débuts pour Julien Devanne, 13e en 2h17’21’’.