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Marathon de New York : encore un chrono stratosphérique avec le duel G. Mutai et W. Kipsang ?

Comme à l’accoutumée, les organisateurs du marathon de New York (organisé ce dimanche 2 novembre) ont concocté un gros plateau, avec notamment le double vainqueur en titre de l’épreuve Geoffrey Mutai (2011 et 2013, le marathon en 2012 avait été annulé), le désormais ex-recordman du Monde Wilson Kipsang ou encore le champion olympique et du Monde Stephen Kiprotich. Il y aura également une course dans la course, avec en jeu les 500 000 dollars récompensant le vainqueur 2013-2014 des WMM (World Major Marathon) qui réunit les six plus gros 42,195 km de la planète.

Le marathon au plus haut niveau mondial vit une période faste. Pardon, extravagante, déraisonnée, un brin aberrante…Comme on a pu le voir dernièrement lors du marathon de Berlin, où, dans le sillage d’une course déjantée, Dennis Kimetto fut le premier homme à casser la barre des 2h03’ sur une distance où les limites ne semblent dorénavant plus exister, où, au regard des perfs actuelles, on argue qu’il est plus qu’envisageable d’aligner quatre 10 km d’affilée en 29’ et moins, où les temps de passage en 1h01’ à mi-parcours et quelques sont désormais devenus monnaie courante. Et banal, ce qui est le plus pernicieux. Bref, tout cela va-t-il se poursuivre à New York ce dimanche 2 novembre ? A la lecture d’un plateau élite éminemment dense, c’est bien possible.

On retrouvera ainsi sur la ligne de départ le désormais ex-recordman du Monde Wilson Kipsang,qui avait étincelé à Berlin en 2013, réalisant une dernière partie de course ahurissante pour s’imposer en 2h03’23’’. Le Kényan, désormais numéro 3 dans les bilans mondiaux tous temps, reste sur deux victoires consécutives dans les « Majeurs » (qui regroupent Tokyo, Londres, Boston, Berlin, Chicago, New York) et a notamment battu le record du marathon de Londres en avril dernier (2h04’29’’).

Son compatriote et partenaire d’entraînement Geoffrey Mutai devrait être son alter ago aux avant-postes. Double tenant du titre à Big Apple, il fut l’homme le plus rapide de l’histoire sur marathon (2h03’02’’ à Boston en 2011 sur un parcours non homologué)…jusqu’à ce que Dennis Kimetto vienne fracasser à Berlin fin septembre les 2h03’ à coups de kilo à 2’50 et moins.

Lelisa Desisa, victorieux à Boston en 2013, Meb Keflezighi, vainqueur surprise à Boston cette année, Stephen Kiprotich, auteur du doublé JO 2012-Mondiaux 2013, Gebre Gebermariam, vainqueur à New York en 2010 ou encore Michael Kipyego, lauréat à Tokyo en 2012, constituent également ce plateau élite.

Kipsang et Mutai –qui a couru en 27’32’’ ( !) sur 10 km à Prague le 6 septembre dernier- pourraient s’entendre pour aller chercher le record de l’épreuve, détenu justement depuis 2011 par Geoffrey Mutai l (2h05’06’’).

500 000 dollars en jeu

Si l’on se demande pourquoi le marathon est devenu si attractif et pourquoi les chronos tombent les uns après les autres, il faut aussi se diriger vers les grilles de primes. 100 000 dollars pour le vainqueur (puis 60 000, 40 000 et jusqu’à 1 000 dollars pour le 12e), assorti d’une prime de 60 000 dollars pour un chrono inférieur à 2h05’ (10 000 pour moins de 2h10’). Ou quand le spectacle supplante sur le sport (à ce propos, la grande innovation des « Majeurs » est d’affubler les lièvres de maillots similaires et neutres, rayés comme des prisonniers à Berlin ; leurs noms ne sont pas inscrits dessus mais seulement « Pacer » ainsi que le numéro du dossard, de manière à ce qu’ils soient bien identifiés comme tels, ce qui amène à penser que ces athlètes à part entière ne sont pas loin d’être considérés comme de « sous-coureurs » ; il est à noter qu’il n’y a pas de lièvres à New York)…

Sans oublier que New York représente la dernière levée du World Marathon Majors. Ce classement tient compte des six plus gros marathons du Monde disputés en 2013 et 2014 ainsi que des championnats du Monde  (25 points pour le vainqueur  d’un de ces marathons, 15 pour le deuxième , 10 pour le troisième etc… le classement est réalisé en additionnant tous ces points). Si Wilson Kipsang s’impose à New York, il empochera les 500 000 dollars récompensant le vainqueur du WMM. Sinon, c’est Dennis Kimetto qui s’adjugera le pactole (il a rempoté Tokyo et Chicago en 2013 ainsi que Berlin en 2014). On se souvient d’ailleurs que ce WMM avait été la source de polémique en 2012, lors que Dennis Kimetto –alors inconnu- avait semblé laisser gagner son compatriote et coéquipier d’entraînement…Geoffrey Mutai à Berlin (2h04’15’’ contre 2h04’16’’), la victoire de ce dernier dans la capitale allemande lui permettant de s’octroyer les 500 000 dollars (pas qu’à lui, son manager également).

La dernière course de Wilson Kipsang remonte au 21 juin dernier, où il avait terminé deuxième à Olomouc en République Tchèque sur semi-marathon, en 1h00’25’’, alors que l’Ethiopien Lelisa Delisa, 2h04’45’’ en 2013 à Dubai (puis vainqueur à Boston trois mois plus tard ) avant d’être médaillé de bronze aux Mondiaux de Moscou l’été suivant (il a abandonné lors de son dernier marathon à Boston en avril dernier), sera également en course pour une victoire très convoitée.