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Marathon de New York : Biwott, derniers 10 km en 28’35’’ !

Le Kényan Stanley Biwott a remporté son premier « Major » dimanche 1er novembre au marathon de New York. Dans le sillage de dix derniers kilomètres monstrueux.

Sans lièvre, le marathon de New York côté masculin se résuma presque à un 10 kilomètres final, à la différence de l’épreuve féminine, où, d’emblée, un tempo soutenu lança la course (lire ici).

1h06’51’’ à mi-parcours, 1h34’58’’ au 30e kilomètre, on était bien loin des chronos stratosphériques entrevus lors de supersoniques records du Monde (Berlin 2013 avec Wilson Kipsang ; Berlin 2014 pour Dennis Kimetto).

Peloton groupé

Peloton groupé

La course se dynamita à partir du 20e mile, soit au kilomètre 32,2. Le champion du Monde de cross et de semi-marathon sortant Geoffrey Kamworor plaça alors une foudroyante accélération : 4’26’’ entre les miles 20 et 21. Seuls Stanley Biwott et Lelisa Desisa, deuxième en 2014 et vainqueur en avril dernier du marathon du Boston, parvinrent à soutenir l’allure. Wilson Kipsang s’accrocha un temps avant de céder peu avant le 21e mile.

Un 3 000 mètres en 8’18’’

Il faut dire que ça sifflait sévère devant : 8’56 entre les miles 20 et 22, soit une allure de 8’18’’ aux 3 000 mètres…planté en plein marathon !

Puis, au mile 24, Biwott en remis une couche pour se débarrasser de Kamworor (Desisa avait été décramponné quelques mètres auparavant) et aller s’imposer en 2h10’34’’, après donc un deuxième semi couru en 1h03’43’’, soit un vrai negativ split.

Mais c’est surtout la fin de course qui fut affolante : Biwott a réalisé 14’19’’ sur la portion de cinq kilomètres entre les 35e et 40e…soit presque 21 à l’heure de moyenne. Et il réalisa 28’35’’ sur les dix derniers kilomètres du marathon ! A fortiori sur la portion la plus compliquée de l’épreuve (voir le profil du parcours ici) ! Accrochez-vous déjà pour courir en 28’35’’ sur un dix bornes sec…

Kamworor, Biwott et Desisa emmènent un train d'enfer à quelques kilomètres de l'arrivée. C'est le deuxième qui tiendra le plus longtemps cette folle allure

Kamworor, Biwott et Desisa emmènent un train d’enfer à quelques kilomètres de l’arrivée. C’est le deuxième qui tiendra le plus longtemps cette folle allure

Le détail des miles est aussi éclairant…et effrayant : 4’26’’ pour le 21 (soit une moyenne de 2’45’’ au kilomètre alors qu’un mile fait…1,609 km), puis 4’30’’ (2’47’’), 4‘33’’ (2’49’’), 4’44’’ (2’59’’), 4’35’’ (2’50’’), 4’43’’ (2’56’’) pour le 26e et ultime mile.

Seul Kamworor a réussi à s’accrocher, deuxième à quinze secondes, en 2h10’48’’. De son côté, Lelisa Desisa a lâché du terrain sur la fin, troisième en 2h12’10’’, trente-cinq secondes devant le tenant du titre Wilson Kipsang (2h12’45’’). Un Kipsang –troisième homme le plus rapide de tous les temps sur un parcours homologué- qui l’avait emporté en 2h10’59’’ en 2014. C’est la quatrième fois depuis 1996 que le vainqueur de New York s’impose en plus de 2h10’ –le record appartient depuis 2011 à Geoffrey Mutai qui avait claqué 2h05’06’’, un chrono surchoix sur le parcours américain.

Biwott s’était imposé à Paris en 2012

Au passage, la victoire de Stanley Biwott souligne le marchepied que représente le marathon de Paris vers les sommets que sont Berlin, Londres, New Chicago ou encore Boston. Le Kényan l’avait en effet emporté à Paris en 2012, en 2h05’10’’, record de l’épreuve, et était alors un quasi inconnu (seul Kenenisa Bekele a fait exception à la règle, puisque le multiple champion du Monde et olympique avait choisi Paris plutôt que Londres pour ses débuts sur la distance en 2013, où il s’était imposé en retranchant au passage le record de Biwott de sept secondes -2h05’03’’).

Biwott avait ensuite pris la deuxième place à Londres en 2014 (2h04’55’’, deuxième chrono de l’histoire dans la capitale anglaise, c’est aussi son record personnel) et terminé au pied du podium en avril dernier, toujours à Londres, derrière le trio infernal Eliud Kipchoge, Wilson Kipsang et Dennis Kimetto.

Les deux derniers avaient fait montre d’une incroyable aisance lors de leurs records du Monde respectifs, et le premier s’est imposé à Berlin fin septembre dans un très gros chrono, et presque sans semelle…Avec un dix bornes planté en 28’35’’ en toute fin de marathon, Stanley Biwott a rejoint le trio au rayon des (grands) exploits récents sur marathon. Mais pour le meilleur ou pour le pire, c’est selon.

Les temps de passage de tête de course au marathon de New York hier : cliquez-ici.

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Photos : organisation.