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Marathon de Londres : Liliya Shobukhova va devoir rembourser?

La Russe Liliya Shobukhova, victorieuse du marathon de Londres en 2010 puis suspendue ensuite en raison d’anomalies constatées sur son passeport biologique, est poursuivie par les organisateurs du marathon de Londres. La marathonienne avait glané 1,3 million d’euros en prize money (car elle avait remporté le World Marathon Major en 2009-2010) indique le site insidethegames.biz.

Liliya Shobukhova s’est d’abord fait un nom en tant que marathonienne, s’imposant à Londres en 2010 et à trois reprises à Chicago, devenant (un temps) la deuxième performeuse mondiale de l’histoire derrière les dingues 2h15’25’’ de Paula Radcliffe (2h18’20’’ en 2011, ce chrono a ensuite été annulé).

Liliya Shobukhova fut ensuite l’une des protagonistes du scandale de dopage qui a touché la Russie –mais qui a à peine effleuré d’autres pays pourtant dans l’œil du cyclone– à la suite des révélations du journaliste allemande Hajo Seppelt et de L’Equipe.

Suspendue deux ans en 2014 par la Fédération russe (ARAF) en raison d’anomalies sur son passeport biologique, la Russe s’est également vue retirée ses succès à Londres et Chicago. L’ARAF aurait dû la suspendre bien plus tôt mais avait tenté de blanchir la marathonienne en 2011, en lui demandant 450 000 euros et lui promettant de passer sous silence les déboires de son passeport, afin ainsi de lui permettre de disputer les Jeux de Londres. Cette somme obtenue par l’ARAF avait aussi servi à corrompre la Fédération internationale, l’IAAF faisant partie intégrante du scandale (lire ici).

Aujourd’hui, Liliya Shobukhova pourrait bien devoir rendre des comptes au tribunal et rembourser les primes gagnées à Londres. Car le marathon de Londres a lancé une procédure l’an passé.

« Cette affaire est très difficile mais elle a gagné de l’argent injustement et nous voulons le redistribuer aux athlètes ayant couru régulièrement » a souligné à insidethegames le directeur de course du marathon de Londres, Hugh Brasher.

Le directeur général du marathon de Londres Nick Bitel a de son côté mis en avant la symbolique de la procédure, davantage que le fait de redistribuer l’argent indûment empoché.

« Nous voulons être certains que tout le monde ait conscience de notre tolérance zéro en matière de dopage. Chaque athlète qui gagne malhonnêtement des primes sur nos courses doit savoir que nous ferons tout pour qu’il redonne cet argent ».

Damien Ressiot : « Je suis complètement ahuri quand je vois qu’il n’y aucun sportif lésé qui n’attaque pas en justice le sportif qui l’a lésé »

Insidethegames précise qu’un nouveau modèle a été mis en place à l’occasion de l’édition 2016 du marathon de Londres, remportée par Jemima Sumgong et Eliud Kipchoge (auteur d’une course folle, lire ici) : les deux vainqueurs devront attendre cinq ans avant de recevoir leurs gains totaux, dans le but de dissuader les tricheurs.

L’IAAF avait augmenté la suspension de Shobukhova à trois ans et deux mois, mais l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) lui avait ensuite accordé une réduction de sept mois -l’autorisant ainsi à reprendre la compétition en août dernier- en raison de sa collaboration à la divulgation du scandale aujourd’hui mis au jour et qui a abouti à la suspension actuelle de la Russie de toutes compétitions d’athlétisme à l’international

La procédure lancée par le marathon de Londres fait écho aux propos de Damien Ressiot, directeur des contrôles à l’AFLD (Agence Française de Lutte contre le Dopage), qui exhortait « un sportif lésé à attaquer en justice le sportif qui l’a lésé » (lire son interview ici).  

Photo de une : Liliya Shobukhova lors de l’une de ses trois victoires à Chicago.