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Marathon de Bordeaux : « La préparation est complètement atypique »

A l’occasion de la troisième édition du marathon de Bordeaux le 15 avril prochain, nous vous proposons de suivre un coureur « lambda » au fil de sa préparation. Troisième épisode Thibault Lebert, qui poursuit sa préparation… à Cuba.  

 « La préparation est complètement atypique » entame avec le sourire Thibault Lebert, qui s’adapte au gré des circonstances. « Je cours quasiment tous les jours entre sept et douze kilomètres (soit une quarantaine par semaine). A Santiago, ça monte et ça descend. Je fais un peu mon fractionné là-dedans, mais c’est très pollué. Je fais donc attention à ne pas trop courir. D’autant que j’ai eu une forte poussée de tension à cause du sel, voire de la pression artérielle car il fait très chaud (des journées à 34/35). J’ai donc levé le pied quelques jours, mais c’est maintenant reparti » glisse t-il au bout du fil, entre deux coups de klaxon.

S’il avait un temps envisagé de prendre part au marathon, le Bordelais a joué la sagesse, et s’alignera le 15 avril prochain sur le semi. « Préparer le marathon ici, c’est impossible ! A cause de la chaleur, et de la pollution. Il faudrait que je sorte de la ville pour bien faire. Il y a des nuages de fumée partout : cela a son charme, mais faire du sport avec ça, je pense que tu te ruines la santé. Tu le sens vraiment. Il y a des jours où je fais 12 km et d’autres où je sens que je suis cuit, ça me gratte la gorge etc…, et je m’arrête avant. Je fais du fractionné naturel : dans les descentes, je me laisse aller, et comme il faut systématiquement remonter, je prends des rues où il y a peu de voitures, et je vais à mon rythme. Le fractionné dure longtemps si la côte est longue, et il ne dure pas longtemps si elle est courte » sourit ce multicartes, metteur en scène qui a lancé une application destinée à ne plus oublier les dates d’anniversaire (Cal&Gift) et qui vient récemment d’ouvrir des chambres d’hôtes à Bordeaux.

« Je vais y aller un peu plus aux sensations, mais je ne peux pas envisager de faire moins d’1h50’ »

A Santiago de Cuba où il se trouve actuellement avec sa femme et ses deux familles, il a rencontré un chauffeur de taxi qui court tous les matins, et l’accompagne désormais depuis une semaine. « Sinon, on profite à fond. Je vais par exemple voir des matches de boxe, les Cubains étant des champions en la matière. Les Cubains sont adorables, intentionnés. C’est très loin de tout ce que l’on dit en France et en Europe. Sinon, je donne l’école à mes filles, au moins trois heures par jour. J’apprends à lire à ma petite de six ans, et j’apprends à ma grande les multiplications, l’imparfait, la premier et la deuxième guerre mondiale » sourit Thibault Lebert, qui fait de la course à pied pour continuer à « sortir, manger ce que je veux, boire un peu ».

Il souhaitait profiter de sa préparation cubaine pour recouvrer la forme physique et repasser sous la barre des 100 kilos, dans la foulée d’une période de près de trois mois sans course à pied. « C’est terrible car c’est un pays où il y a tout pour bien “bouffer“. J’ai arrêté de boire depuis huit jours suite au petit problème de santé. Ça fait huit jours que je me sens plutôt allégé, mais dans la sensation. Je ne pense pas avoir grossi, mais je suis au moins à 100 kilos. J’ai par contre récupéré un bon rythme cardiaque, en moyenne à 42-43 ».

Suffisant pour maintenir son objectif initial à Bordeaux, à savoir réaliser moins de 1h45’ ? « Je vais y aller un peu plus aux sensations et revoir mon objectif à la baisse. Mais je ne peux pas envisager de faire moins d’1h50’. Et je vais vraiment le faire à fond ».

Le premier épisode est à lire ici, le deuxième .