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Mahiedine Mekhissi, une sereine reprise

Le champion d’Europe du 1 500 mètres a repris l’entraînement voilà maintenant un gros mois. Depuis le début de la semaine, il se trouve au Portugal pour un stage de deux semaines et demi, jusqu’au 10 décembre. Concernant la saison indoor, rien n’est encore acté, alors que l’objectif principal demeure évidemment les Mondiaux de Pékin, d’abord sur steeple…et éventuellement sur 1 500 m.

Dans la foulée d’une saison riche en péripéties, Mahiedine Mekhissi a coupé cinq semaines et demi. « C’est beaucoup mais c’est comme l’an dernier » relève son entraîneur –et manageur du demi-fond français- Philippe Dupont.« Encore une fois, c’est quelqu’un qui est tellement généreux dans l’entraînement et en compétition qu’il a besoin de se refaire la santé, psychologiquement et physiquement. C’est une machine qui fonctionne comme ça : il donne beaucoup, il faut donc à un moment qu’il récupère beaucoup ».

Après un mois d’entraînement, il devait initialement s’envoler la semaine passée en stage vers Albuquerque aux Etats-Unis. « Il y avait une escale à Dublin, mais l’avion qui était prévu pour Chicago n’a pas pu partir en raison des mauvaises conditions météo. Il ne savait pas combien de jours il fallait attendre » explique Philippe Dupont. Le recordman d’Europe du 3 000 m steeple décide alors de rentrer à Paris pour trouver un autre vol pour Albuquerque. « En rentrant sur Paris, l’avion a eu un problème technique et a dû se poser en catastrophe à Birmingham, avec le pare brise du cockpit qui s’est fêlé. C’était un peu panique à bord. Il a donc dormi à Birmingham, avant de reprendre ensuite un vol sur Paris. C’était la galère » poursuit celui qui coache Mahiedine Mekhissi depuis presque deux ans.

Du coup, direction le Portugal et Montegordo pour deux semaines et demi, où l’équipe de France a ses habitudes, Philippe Dupont le rejoignant cette semaine.

« L’indoor, pas une obsession »

Pour une éventuelle rentrée en salle, après un stage de quatre semaines en janvier à Potchefstroom en Afrique du Sud, c’est wait and see. « On s’était posés la question de savoir s’il ferait 2-3 compètes en indoor, et franchement ce n’est pas une obsession. Ça va vraiment dépendre de l’évolution de l’entraînement sur les deux mois à venir. Se mettre un objectif précis en début de saison et notamment sur l’hiver, c’est un petit peu dangereux car on a tendance à vouloir aller plus vite que la musique. Si tu es un peu à la bourre dans l’entraînement, ce qui peut être le cas avec Mahiedine quand il coupe longtemps, tu veux “bourrer“ sur deux mois pour retrouver un niveau trop rapidement, et je  pense que ce n’est pas bon. Il faut se laisser le temps. S’il y a une ou deux compètes possibles à faire en février, on verra, ça pourra être intéressant. Si ça ne se fait pas, ça ne se fait pas et on fera des tests d’entraînement comme l’an dernier (il n’avait pas couru l’hiver dernier, effectuant sa rentrée le 11 juin sur 1 500 m, ndlr). Mais il n’y a rien qui est arrêté pour l’instant ».

« ça m’aurait plu de le voir dans une course tactique contre les Kényans sur steeple »

Tout comme pour l’été, même si le Rémois se redirigera davantage sur le steeple, lui qui n’en a couru que quatre en 2014, dont un seul avant les championnats continentaux (8’07’45’’ le 14 juin à Sotteville-lès-Rouen pour se qualifier, séries et finale à Zurich, où il fut disqualifié, et le meeting Diamond League de Bruxelles, 2e en 8’03’’23), sa préparation étant axée sur le 1 500 m (huit disputés) avec en point d’orgue le titre continental sur la distance. « Il y aura une priorité pour le steeple car on pense qu’il y a une chose à aller chercher qu’il n’a pas encore totalement été cherché (la médaille d’or au niveau mondial, ndlr). Mais abandonner le 1 500 pour autant, ce n’est pas non plus une bonne chose. Le 1 500 lui sert pour les championnats. J’aurais été curieux de voir ce qu’il aurait pu faire cette année sur une course tactique avec les Kényans sur le steeple. Ça m’aurait plu de voir ça. C’est dommage que du fait de sa disqualification à Zurich, il n’est pas pu se qualifier sur le steeple pour la coupe intercontinentale (à Marrakech le 13 septembre, il avait terminé 3e du 1 500 m et n’avait donc pas pu disputer le 3 000 m steeple, ndlr). Ça aurait été intéressant de le voir contre Birech (Jairus, leader des bilans mondiaux avec 7’58’’41) sur une course tactique, pas comme à Bruxelles où il manquait d’un peu de foncier à ce moment là (2ème derrière Birech en 8’03’’23, soit la 2ème performance mondiale de l’année tout de même, ndlr) ».

Prématuré mais alléchant, le doublé

Et le doublé steeple – 1 500 m aux Mondiaux à Pékin en août prochain ? « Je pense que c’est vraiment prématuré d’en parler maintenant » souligne Philippe Dupont. « Ce n’est pas le même niveau que le championnat d’Europe. Doubler aux championnats du Monde, ce n’est pas quatre mais cinq courses, c’est encore plus dur (trois tours sur le 1 500 au lieu de deux aux Europe, ndlr). Et le niveau est plus élevé. Le seul avantage, c’est que le 1 500 est programmé deux jours après le steeple (finale du 3 000 m steeple le 24 août, séries du 1 500 le 27, ndlr). C’est alléchant quand on regarde le programme. Mais de là à dire qu’il peut se le permettre, ce n’est pas si évident que ça. C’est la préparation qui dira si oui c’est possible. Il ne faut pas non plus envoyer le mec au casse pipe ».