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Londres 2017 : Farah indétrônable sur 10 000 mètres

Comme attendu, Mo Farah s’est adjugé le 10 000 mètres en ouverture des  championnats du Monde à Londres dans une ambiance complètement folle, et au terme d’une course diabolique, où ses adversaires ont tout tenté.

Il faut reconnaître une chose à Mo Farah : sa capacité à mettre la lumière sur le 10 000 mètres. Car si le Britannique n’avait pas été au départ de la première finale de ces championnats du Monde, sûr que la discipline n’aurait pas été autant mise en exergue.

Car, sur les 24 concurrents sur la ligne, seuls deux proviennent du Vieux Continent, et encore : Farah est originaire de Somalie, et le Turc Polat Kemboi Arikan est né au Kenya…

Mais, porté un stade olympique plein jusqu’aux cintres et rugissant comme attendu, Mo Farah s’est sans surprise adjugé son troisième titre consécutif  aux championnats du Monde sur la distance.

Et figure à mi-chemin de son « cinquième double double », à savoir remporter et le 5 000 et le 10 000 m sur un championnat planétaire (Londres 2012, Moscou 2013, Pékin 2015, Rio 2016 et donc Londres 2017). Affolant…

Assourdissant

Et, à l’aune de l’ovation d’une foule énamourée (qui avait pu s’échauffer lors des séries du 1 500 m avec Jessica Judd et Laura Muir, puis avec Usain Bolt, salué tel un roi) qui a porté son quadruple champion olympique 25 tours durant, les multiples suspicions et polémiques enchaînées étaient bien, bien loin…

Pourtant, cette même foule -schizophrénique- a hué Justin Gatlin, pourtant bien moins fringant qu’à Pékin où la polémique avait fait rage (lire ici et ).

Pourtant, ses adversaires ont tout tenté. Le champion du Monde en titre du semi-marathon Geoffrey Kamworor (qui avait battu Farah à cette occasion l’an passé) alluma la première banderille sitôt le départ donné. Premier kilo en 2’39’’48, bim ! Puis l’Ougandais Joshua Cheptegei prit le relais, sur un rythme toujours (très) soutenu.

Dans une ambiance délirante, Farah, jusque là à la parade, se plaça une première fois aux avant-postes, histoire d’humer l’atmosphère. Pas longtemps, puisque le Kényan Bedan Muchiri repris le flambeau en plaçant un très  violent démarrage peu avant la mi-course, avec un tour bouclé en 61’’ !

S’ensuivit un rythme toujours endiablé, avec alternance de moments de « répit », si l’on peut parler ainsi (mais pour Farah, il s’agissait bien de répit) et de franches accélérations.

Tout près du record des championnats

A quatre tours de la fin, nouveau palier franchi. Le stade, debout, (re)doubla de décibels lorsque le Britannique se replaça devant. Comme pour faire monter un peu plus la température. Assourdissant.

Derrière, il se laissa derechef glisser au sein d’un peloton de tête de plus en plus ténu. Avant de prendre pour de bon la tête de la course aux 600 mètres, puis de lancer un sprint dément, dans une ambiance qui l’était tout autant.

A défaut de perdre son souffle, Farah a peut-être perdu quelques degrés d’audition…

Talonné par Joshua Cheptegei (26’49’’94) et Paul Tanui (26’50’’60), Farah fit la différence lors de la toute dernière ligne droite pour s’imposer en 26’49’’51, à peine essoufflé –ça doit être le bon air de Font Romeu, où il a réalisé sa préparation terminale ! En 26’49’51’’, soit à seulement trois secondes du record des championnats de Kenenisa Bekele (26’46’’31 en 2009 à Berlin).

Seule une chute, et il s’en est fallu de peu aux 300 mètres, aurait finalement pu l’empêcher de glaner cet énième titre.

Décidément, personne, adversaires ou membres des instances antidopage, n’a actuellement son Mo à dire pour contrarier les desseins du Britannique…

Texte : Quentin Guillon.

Photos : Getty Images for IAAF.