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L’international et spécialiste du 1 500 m Grégory Beugnet reprend sa marche en avant

Après une saison 2013 blanche en raison d’une blessure au tendon d’Achille, Grégory Beugnet a repris le chemin de la compétition lors des championnats interrégionaux de cross dans le Nord, où il a pris la deuxième place sur le cross court. Le sociétaire du Rc Arras est désormais relancé, et escompte se qualifier aux championnats d’Europe l’été prochain à Zurich sur 1 500 m, comme en 2012.

Le coup d’arrêt

Mondiaux indoor 2012 à Istanbul sur 1 500 m, puis championnats d’Europe estivaux l’été suivant à Helsinki, le tout avec un nouveau record personnel sur sa distance de prédilection (3’36’’46), Grégory Beugnet était sur une pente ascendante. Mais une blessure l’a empêché de poursuivre sur sa lancée. « J’ai fait la Prom’Classic à Nice (6 janvier 2013, malade, il a couru en 30’26’’ contre 28’’57 l’année précédente, ndlr). Puis je suis parti en stage en Afrique du Sud (avec le collectif français) et je me suis blessé là-bas. J’ai eu une désinsertion partielle du tendon d’Achille. J’ai mis pas mal de temps à me soigner. Je n’ai pas pu faire d’hiver, ni même d’été. J’ai été totalement remis au mois de juillet » souligne Grégory Beugnet. « J’avais remis les pointes en Afrique du Sud, et le lendemain de ma première séance avec les pointes –c’était un truc assez rapide avec des 200, 250 et 300- j’ai eu de grosses courbatures aux mollets. J’ai continué à m’entraîner dessus et ça a tiré sur le tendon » explique t-il.

Syndrome d’Haglund

« Ça n’a pas été évident. J’étais sur une bonne lancée. 2012 a été une bonne année et je pense que j’aurais pu faire mieux chronométriquement. Mais il fallait trouver les courses et avoir les bonnes jambes le jour J. J’étais un peu déçu de mon 3’36 par rapport à ce que je faisais à l’entraînement. Je sentais que j’étais vraiment sur une bonne lancée. Ça m’a mis un bon petit coup d’arrêt ».

Une blessure liée aussi au syndrome d’Haglund. « Quand il y a une inflammation du tendon, il s’épaissit. Et c’est venu frotter sur l’excroissance osseuse ». Un syndrome qui est véritablement le  chancre d’un fort contingent de demi-fondeurs actuels (Morhad Amdouni, Yohan Durand, Denis Mayaud, Samir Dahmani, Yannick Dupouy notamment). Et Grégory Beugnet, qui s’entraîne à Liévin, a choisi de ne pas se faire opérer.

« L’année dernière, il y a en plein qui m’ont dit : “Pourquoi tu ne te fais pas opérer ? “ C’est un choix qui n’est pas évident à prendre. Les années précédentes, en 2011 et 2012, j’ai fait 3’36 en réussissant à gérer ce problème là ».

Objectif sélection pour les championnats d’Europe de cross

A la reprise de l’entraînement fin juillet, l’athlète coaché par Jean-Pierre Watelle se fixe comme objectif le cross de l’Acier, sélectif pour les championnats d’Europe de la discipline. « J’ai repris tranquillement par des footings car j’avais quelques petites douleurs. Au bout de trois mois, j’ai fait un 10 km à Gravelines, en 29’48’’. La forme était bien revenue. Mais deux semaines avant l’Acier, je me suis fissuré l’autre tendon. Je pense que j’ai compensé inconsciemment pour ne pas forcer sur le tendon » relate-il, alors que la malchance semble le poursuivre. Après un mois de coupure, le vice-champion de France indoor 2012 est reparti à l’entraînement mi-décembre. « Les tendons vont mieux » sourit celui qui a repris la compétition lors des inters de cross court, à Buire (Picardie), prenant la 2e place du cross court.

Le cross long aux France

« Il y avait un peu d’appréhension. Je me suis un peu tordu la cheville avant les inters. J’ai un épanchement liquidien au niveau de la cheville. Ce n’est rien de grave, je peux courir dessus mais ça reste un peu douloureux. Mais ça a été. J’ai pris davantage cette course là comme une préparation pour les France. Je n’avais pas vraiment levé le pied, j’avais fait une grosse semaine d’entraînement. J’étais quand même satisfait ».

Ce sera la première apparition de Grégory Beugnet sur le cross long aux France (7e sur le court en 2011). « Non, c’est vrai, ce n’est pas trop mon truc » sourit-il. « Mais on s’est dit qu’il y avait peut-être moyen de faire quelque chose, par rapport au parcours qui risque d’être assez roulant. J’aimerais bien rentrer dans les 20. Ça serait déjà bien ».

Les Europe à Zurich

C’est l’objectif de Grégory Beugnet, maître d’internat (« je bosse à mi-temps, deux nuits par semaine, comme ça je peux bien m’entraîner à côté ») qui avait pris part au rendez-vous continental en 2012 à Helsinki (éliminé en séries). « Comme j’étais en délicatesse avec mes tendons, on a surtout fait pas mal de foncier avec mon coach. On n’a pas fait de séances rapides. On remettra les pointes à l’entrée de la saison estivale. On ne veut pas trop tirer sur les tendons, car j’ai vite mal quand je mets les pointes ».

Et les JO de Rio dans un peu plus de deux ans sont toujours dans son viseur. « Si mes tendons me laissent tranquille, c’est ce que j’ambitionne » conclut-il sans se départir de son sourire.

Texte : Quentin Guillon.

Photo : Gilles Bertrand.