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Les France de marathon pour Michaël Gras

Favori, Michaël Gras a remporté le titre de champion de France sur marathon dimanche à Rennes, en 2h18’31’’ et succède au palmarès à Bouabdellah Tahri. Il s’est imposé devant Guylain Schmied (2h21’47’’) et Sébastien Charnay (2h22’07’’) alors que son frère Damien a coincé sur la fin (2h23’40’’).

Contrat rempli pour Michaël Gras. Le Talençais a rempli les deux objectifs qu’il s’était fixés : le titre de champion de France et moins de 2h20’ pour ses débuts sur marathon, ce dimanche matin, dans le cadre de la cinquième édition marathon Vert de Rennes, support des championnats  de France de la discipline.

Derrière les Kényans, partis d’emblée sur des bases inférieures à 2h10’ (Marius Kimutai l’a finalement emporté en 2h09’14’’), Michaël Gras et son frère Damien menèrent les débats d’un groupe de cinq unités, avec Romain Carette, Alban Chorin, et Guylain Schmied. Après un passage en 32’33’’ aux 10 km, les frères jumeaux, métronomes, maintenaient ce tempo, puis se détachèrent aux alentours du 15e km (« Je n’ai pas accéléré, j’ai gardé une vitesse constante, aux alentours de 3’15’’ au kilo » souligna après-coup Michaël), passant à la mi-parcours en un tout petit moins d’1h09’.

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Michaël, à l’aise, fit la différence peu avant le 30e. « Entre le 15e et le 25e, je sentais que l’allure était un peu trop élevé pour moi » soufflait à l’issue de la course son frère Damien. « Je me suis dit que ça pourrait peut-être passé. J’ai tenté ».

C’est ainsi que Michaël Gras s’en alla glaner le titre en solitaire, son premier chez les seniors (12 podiums dont six titres chez les jeunes, sur cross, route et montagne), dans un chrono dans les canons de ces dernières années pour un France de marathon (2h18’31’’), alors que dans le même temps, trois des meilleurs français sur la distance se trouvaient à Francfort en Allemagne avec dans le viseur des minima pour les JO qu’ils ne sont pas parvenus à décrocher (El Hassane Ben Lkhainouch a pris la 15e place en 2h13’24’’ alors que Benjamin Malaty et Jean-Damascène Habarurema ont respectivement réalisé 2h17’26’’ et 2h17’49’’).

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« J’ai réussi mes objectifs. Tout est bon » glisse Michaël Gras, heureux et qui a touché du doigt –enfin des jambes…-, l’insigne difficulté du marathon. « Je pensais que je serais plus facile en passant en 1h09’ au semi, soit quatre minutes de plus que mon record (1h05’03’’ à Lyon, lire ici). J’étais bien mais je commençais à avoir les jambes un peu lourdes. C’était impossible d’accélérer et de changer de foulée. Les kilomètres ont défilé tout doucement sur la fin » explique l’athlète coaché par Patrice Lagarde, alors que son impression fut sans doute accentuée par le fait qu’il s’est retrouvé esseulé.

« Pendant la course, je me disais que le marathon n’était pas trop mon truc, que je préférais le plus court » reprend le vice-champion de France du 5 000 m sur piste. « Mais quand je me pose, je me dis que c’est une distance agréable et que j’ai envie d’y perfer ».

A-t-il pu manquer de fraîcheur, lui qui a enchaîné depuis son retour à l’entraînement au printemps dernier, après son forfait pour le marathon de Paris (il était blessé) ?

Les minima pour les JO ? « Je me dis que c’est vraiment très dur »

« Je pense que je suis arrivé frais, mais peut-être pas avec assez de séances spécifiques marathon, soit de l’allure 3’15’’ au km comme aujourd’hui. Au Kenya, c’était difficile d’être sur ce rythme avec l’altitude. Au retour, je n’avais qu’une semaine pour travailler cette allure (il avait enchaîné avec le semi-marathon de Lyon puis les 10 km de Tout Rennes Court, ndlr) ».

Michaël Gras avait évoqué il y a trois semaines son intention de s’attaquer aux minima olympiques (2h11’00’’) pour sa deuxième tentative au printemps prochain. « Mais je me dis que c’est vraiment très dur » sourit-il. Un chrono aux alentours des 2h15’ serait déjà une belle progression pour l’étudiant en médecine de 24 ans.

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Guylain Schmied a de son côté pris la deuxième place, en 2h21’47’’, s’imposant par la même chez les vétérans.  « Champion de France vétéran, c’était le but. Après, faire 2e des France, c’est la cerise sur le gâteau » se réjouit, tout sourire, lui qui avait disputé il y a deux semaines les Jeux Mondiaux militaires de la discipline sur la distance (16e en 2h22’).

Sébastien Charnay, parti prudemment, s’est adjugé la troisième place en 2h22’07’’, sa deuxième médaille de bronze sur la distance après Toulouse en 2013. « Pour un retour, je suis satisfait » souligne celui qui n’a repris l’entraînement qu’en juin dernier suite à une grosse blessure au tendon d’Achille, contractée à l’issue  du marathon de New York l’an passé.

La souffrance de Damien Gras à l'arrivée

La souffrance de Damien Gras à l’arrivée

De son côté, Damien Gras n’a pas connu la même réussite que son frère, terminant au courage 4e en 2h23’40’’ (alors que David Duquesnoy a pris la 5e place en 2h24’09’’), en faisant un passage par la tente médicale. « Ohh là là, c’était très dur. A partir du 35e, j’ai fini au mental, je ne regardais plus le chrono. Les autres Français me passaient mais je ne pouvais rien faire. Il m’a manqué un peu de préparation, je n’ai repris l’entraînement qu’au début de l’été dernier » explique après avoir retrouvé ses esprits celui qui avait abandonné au marathon de Paris au printemps dernier, en raison d’une lombalgie, et qui avait ensuite observé une longue période de repos. « Je ne voulais pas faire revivre Paris et donc aller au bout. Je suis dégouté et crevé. A la fin, je ne voyais plus trop ».

A noter également la belle performance de Mohamed El Yamani, 21e et vainqueur chez les V2 en 2h28’46’’.

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Le podium des France de marathon 2015 : Sébastien Charnay, Michaël Gras et Guylain Schmied (Photo Q.G)

Le podium des France de marathon 2015 : Sébastien Charnay, Michaël Gras et Guylain Schmied (Photo Q.G)

Tous les résultats des championnats de France de marathon, et du marathon Vert Konica Monilta : cliquez-ici.

Photos : Jean-Marc Mouchet.