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L’effet Mayer au Décastar à Talence

Grosse affluence tout le week-end au Décastar à Talence, boosté par « l’effet Mayer », même si ce dernier a disputé un décathlon en « freestyle ».

C’est fou l’impact d’une médaille olympique. Vice-champion olympique à Rio mi-août (lire ici) derrière le tenant du titre et recordman du Monde Ashton Eaton (en explosant en prime le record de France avec un total de 8 834 points), Kévin Mayer a vu sa notoriété grimper en flèche.

Outre des « followers » présents en bien plus grand nombre sur les réseaux sociaux, sa popularité en hausse a pu se mesurer au Décastar, traditionnel rendez-vous de fin de saison pour tous les férus d’athlétisme, et d’épreuves combinées surtout, ce week-end à Talence (Gironde), pour la 40e édition du nom.

Le public est venu en nombre, tôt dès le samedi, davantage qu’à l’accoutumée, alors qu’outre Mayer, les grands noms ne figuraient pas sur le plateau des engagé(e)s (mais à Talence, le public est généralement fidèle, quelque soit le plateau), année olympique oblige – les organisateurs avaient d’ailleurs tout tenté pour faire venir Ashton Eathon, en vain cependant.

Nonobstant les multiples sollicitations dont il a fait l’objet suite à sa médaille brésilienne, l’inhérente décompression afférente, et of course, les quelques verres ingurgités pour légitimement arroser sa performance majuscule, Kévin Mayer devait initialement rallier la Gironde pour signer des autographes –étendard du décathlon hexagonal, il lui était par conséquent impossible de ne pas participer à l’épreuve mettant par excellence en avant sa discipline.

Finalement, il s’aligna avec un dossard sans que l’on ne sache véritablement s’il s’agissait de disputer quelques épreuves, ou bien se donner à fond avec les moyens du moment…sachant qu’une victoire au challenge de l’IAAF, largement à sa portée (pour l’emporter, il lui fallait réaliser 7 942 points) rapporte 30 000 dollars…mais aussi une qualification d’office aux Mondiaux 2017 à Londres –précieux sésame quand on sait l’insigne énergie qu’il a déployée pour rallier les Jeux Olympiques (voir le intérieur sport qui lui a été consacré ici).

Finalement, Mayer s’est lancé à bloc samedi matin : 10’’82 (avec 2,7 m de vent favorable toutefois) sur la ligne droite, puis 7,33 m à la longueur. Mails il ressentit alors une douleur à la cheville, stoppant son concours à l’issue du 2e essai.

Il lança ensuite le poids à 14,90 m, enchaîna avec un saut de 1,90 m à la hauteur avant d’arrêter son concours (2,04 m à Rio à titre de comparaison) et finalement de jeter l’éponge, touché à la cheville, tout en déclarant au micro vouloir disputer le saut à la perche le lendemain…

« Malheureusement, j’ai essayé de tout donner pour gagner. Aujourd’hui, j’étais épuisé. J’étais vraiment dans la douleur » a-t-il souligné.

Sauf qu’à la différence des championnats de France, où certains combinards en préparation pour les grands championnats sont autorisés à disputer un programme à la carte (et donc faire l’impasse sur certaines épreuves), le Décastar, compétition estampillée IAAF, ne le permet pas.

C’est ainsi que Kévin Mayer dût prendre le départ du 400 mètres, qui clôture la première journée, en seul dans sa série…et en running, bouclant son tour de piste en 66’’61, en saluant la foule…Presque les Jeux du cirque !

Il ne passa qu’un obstacle le lendemain matin, sur 110 m haies, avant de lancer son disque à un plus qu’honorable 44,80 m (son record : 48,99 mètres à Götzis cette année). Avant donc le saut à la perche, où il échoua à trois reprises à 5,06 m, sa première barre.

Mais, au final, ce qui importait vraiment n’était pas sa performance du week-end, mais bel et bien sa présence devant des milliers de spectateurs tout acquis à sa cause. C’est ainsi qu’à défaut de 1 500 m, le demi-fond ou fond tout court était quand même au programme de son week-end, avec un marathon « autographique » qui pouvait débuter après le saut à la perche…