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Le nouvel équilibre de Brice Leroy

Brice Leroy a d’emblée réalisé les minima pour les championnats d’Europe indoor de Prague, claquant 1’47’’88 le 31 janvier à Vienne (Autriche). S’il tente désormais d’équilibrer ses courses en étant régulier, son installation à Istres où il a rejoint son coach Roger Milhau lui confère toutes les conditions pour réussir.

Brice Leroy attaque 2015 dans la droite ligne de sa saison estivale 2014 où il avait amélioré son record personnel sur le double tour de piste (1’46’’88). A Vienne (Autriche) le 31 janvier, il a réalisé les minima pour les championnats d’Europe indoor de Prague dès sa rentrée ‘1’47’’88, record perso en salle), dans le sillage du stage fédéral de trois semaines en Afrique du Sud (1).

« J’ai ressenti des petites sensations comme celles que j’avais eues à l’été 2014. J’ai retrouvé un peu çà cet hiver. S’il y a un gros chrono qui sort, tant mieux, mais je ne suis pas préparé pour ça » souligne t-il. Car le gros objectif de Brice Leroy est de « se rapprocher d’un gros chrono » cet été. « Je sais qu’il y a un petit coup à jouer cet hiver pour les France Elite et les Europe, mais le plus important c’est l’été ».

Où il escompte de nouveau améliorer son record personnel et tendre vers les minima pour les Mondiaux, qui seront peu ou prou les mêmes qu’en 2016 pour les Jeux Olympiques, son échéance à moyen terme. « Les minima devraient être aux alentours d’ 1’44’’ (1’44’’92 pour les Mondiaux à Moscou en 2013). Il faut s’entraîner sur ces allures là. Après les faire…Déjà je voudrais battre mon record, 1’46’’8. Puis me rapprocher des 1’46’’, et si j’y arrive, essayer de taper un 1’45’’. Je suis confiant pour l’été mais il faut y aller progressivement. Je sais que les minima vont être forts donc il faut y aller étape par étape. Ce sont quand même de gros minima » dit-il, affable et posé.

« J’ai l’impression d’être en stage tous les jours »

 

Brice Leroy semble serein. Voilà deux ans qu’il s’entraîne sous la férule de Roger Milhau, champion d’Europe indoor en 1980, demi-finaliste olympique et titulaire d’un record à 1’45’’98. Depuis septembre, le champion de France indoor 2013 a quitté sa ville d’Amiens pour rejoindre son coach à Istres (Bouches-du-Rhône), changeant de maillot (une nouvelle fois diront certains), troquant celui du Sco Ste Marguerite Marseille pour le Martigues Sport Athlé.

Avec un 15 heures annualisé à Décathlon, Brice Leroy a trouvé l’équilibre idoine. Enfin presque. « Il fait beau, je suis très bien, je ne peux pas rêver mieux, j’ai l’impression d’être en stage tous les jours mais j’ai encore un lien avec Amiens, et c’est ce petit lien qui me manque aujourd’hui. Mes meilleurs amis habitent là-bas. On se faisait des soirées chicha, play et bière devant les matches de foot. Cela m’a fait bizarre de ne pas pouvoir les encourager sur les régionaux de cross ».

L’hygiène de vie, l’une des clés pour être performant… « Oui, c’est fort probable que je le payais. Depuis septembre, je n’ai pas bu une seule goutte d’alcool. Même si Amiens me manque, je me dis que c’est un mal pour un bien » sourit celui qui se sent plus costaud dans l’enchaînement des séances et qui aborde ses 800 mètres d’une autre manière. « Avant, j’avais envie de passer vite au premier 400, en 51’’ environ, pour faire un gros chrono. Maintenant, j’essaie d’équilibrer. Quand je fais 1’46’’88 l’été dernier, je fais 53’’ et 53’’. A Vienne, je suis passé un peu vite, en 1’19’’2 aux 600 m. J’ai senti que je n’ai pas prêt pour ce genre de course. A Mondeville, je vais essayer d’équilibrer ».

A l’instar de plusieurs coureurs ayant été en Afrique du Sud (la compétition avait lieu 12 jours après la redescente), Brice Leroy fut en retrait dans le Calvados, terminant 5e en 1’50’’29.

« Je me suis dit : “tu cours bien et il y aura quelque chose au bout“ »

 

Il se projette désormais sur les championnats de France à Aubière (21 et 22 février) puis sur les Europe indoor de Prague deux semaines plus tard, pour lesquels il devrait être sélectionné. Il y a deux ans, il avait glané sa première sélection internationale senior aux Europe indoor à Göteborg (éliminé en séries), après avoir d’emblée réalisé les minima à …Vienne et glané le titre national indoor à … Aubière. Bis repetita ?

« On en a parlé avec Philippe Dupont (le manager du demi-fond tricolore). Je lui ai répondu que  je n’avais plus envie de dire que je veux aller en finale. Chaque course sera une finale. Et ça sera pareil aux France Elite : je me suis fait sortir comme un “con“ l’année dernière. C’était bidon l’été et l’hiver (il n’avait pas passé le cut des séries). C’était la première fois de ma petite carrière que je ne passais pas en finale d’un championnat de France. Je regarde souvent les vidéos des Europe indoor de Turin (2009), Paris (2011), Göteborg (2013) etc… Si je suis en forme et si je cours bien au niveau tactique, il y a un moyen de passer ces demies. Mais je prends du recul, dans le sens où à Vienne, je ne me suis pas posé de question. Je me suis dit : “tu cours bien et il y aura quelque chose au bout“. Je ne me suis pas dit d’aller chercher un minima ».

 

(1) à lire dans le VO2 Run 240 actuellement en kiosque et disponible ici

 

Photo : Brice Leroy signe des autographes en juillet dernier aux France Elite à Reims (Photo Yves-Marie Quemener)