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Championnats de France Elite : l’émotion d’Emilie Tissot

A 21 ans, Emilie Tissot a glané son premier titre national sur 10 000 m marche ; le troisième de sa jeune carrière en senior (championne de France du 20 km l’an dernier et du 3 000 m salle cet hiver), améliorant au passage le record de France espoir, en 46’36’’92 (46’56’’22 par Nora Leskir en 1995).

A 21 ans, Emilie Tissot a pour la première fois essuyé quelques larmes une fois la ligne d’arrivée franchie. Pas tant en raison de la médaille d’or glanée que des conditions mentales particulières qu’elle est parvenue à surmonter. « Il fallait la voir juste avant la course. J’avais envie de lui filer des claques » relève d’ailleurs son coach Michel Schicklin, lui aussi particulièrement ému.

Emilie Tissot est en deuxième année d’école de kiné (il lui reste encore une année), et doit conjuguer ses cours, les nombreux stage notamment à Offenburg de l’autre côté de la frontière, ainsi que les entraînements. Si l’objectif initial de la saison était de marcher en deçà des 1h34’45’’ (sur 20 km route) pour rallier Zurich et les championnats d’Europe, les ambitions initiales ont été rectifiées face à l’impossibilité de s’entraîner correctement. D’ailleurs, Emilie Tissot a frisé le trop plein, faisant ainsi l’impasse sur un match international à Podebrady en République Tchèque en avril, et surtout sur la coupe du Monde de la spécialité à Taïcan en Chine (3 et 4 mai). « Elle a fait un break de presque un mois. On a essayé de trouver des solutions. Oui, j’ai mal vécu cette période » confie Michel Schicklin. Désormais, la marcheuse de l’Alsace Nord Athlétisme s’entraîne (très) tôt le matin, aux alentours de cinq heures « dans les rues de son village », à côté de Strasbourg. Sans toutefois réussir à placer « des séances spécifiques »

« C’était un massacre ! »

«  Ces derniers temps, je n’ai fait que des sorties longues, au ralenti et sans intensité car je n’étais pas bien. Là, ça doit être l’adrénaline de la compétition car sinon, je n’ai pas d’explication » sourit Emilie Tissot en zone mixte, qui a respecté les consignes de son coach, restant caché dans le groupe de quatre (avec la tenante du titre Violaine Averous, Emilie Menuet et Corinne Baudoin qui a abandonné). Avant d’accélérer à environ trois kilomètres de l’arrivée…en dépit de deux cartons rouges (le 3e est éliminatoire) !

« Je me suis super bien sentie pendant toute la course. Je me ralentissais. Je n’avais pas du tout confiance quant à mes capacités physiques. Hier, à l’échauffement, j’ai fait des accélérations à 5’30’’ au kilo à fond (contre moins de 4’45’’ de moyenne sur la course). C’était un massacre ! Ce matin, je disais encore à mon coach que je n’avais pas envie de marcher… » glisse celui qui a débuté la marche tardivement, il y a quatre ans. Ses qualités sur le très court (12’41’’56 cet hiver sur 3 000 m, largement devant au bilan national) lui confèrent une base très intéressante.

« Elle n’a fait aucune spé, mais je pense que le 10 000 m à Aubagne (pour les championnats espoirs méditerranéens, 2e en 47’16’’80 le 14 juin) et le 20 km à Albi (à l’occasion des championnats de France espoirs, 1ère en 1h40’36’’ le 29 juin) lui ont été profitables » explique Michel Schicklin. « Celle là, je ne l’attendais pas. J’ai l’impression qu’elle s’est réveillée au fil des tours. Elle m’a souvent bluffée, mais là… » reprend le coach, tout ébaubi. Seul regret, les championnats d’Europe. « Si elle pouvait s’entraîner correctement, elle avait les 1h34’45’’ dans les cordes… »

A 21 ans, Emilie Tissot est très loin d’avoir exploité tout son potentiel.

 

Les résultats du 10 000 mètres marche :

1. Tissot, 46’36’’92 ; 2. Averous, 46’51’’40 ; 3. Menuet, 47’27’’48 ; 4. Auffret, 49’13’’21 ; 5. Ortiz, 49’39’’97 ; 6. Lafi Olfa (Tun), 51’05’’74 ; 7. Trebaul, 51’44’’24 ; 8. Dupont, 51’46’’53 ; 9. Belhache, 52’02’’70 ; 10. Guillard, 52’34’’81 ; 11. Quesne, 53’53’’23 ; 12. Lanoue, 54’49’’89 ; 13. Barritault, 55’06’’36. Abandon : Baudoin. Disqualifiée : Quennehen.