->
VO2
VO2 RUN - Le magazine de toutes les courses à pied !

Justine Fedronic, la (très) bonne surprise ?

Inconnue jusqu’à mi-juin, Justine Fedronic pourrait être la belle histoire athlétique de l’été. Découverte de cette spécialiste du 800 mètres.

Les spécialistes des bilans nationaux auront sans nul doute remarqué une nouvelle venue en tête du bilan féminin sur le 800 mètres, avec un chrono de 2’01’’67 effectué le 5 juin dernier à Eugene aux Etats-Unis. Nom: Fedronic. Prénom: Justine. Signe particulier: non licencié la veille de la compétition. Et pour cause! Justine Fedronic a pris sa première licence dans un club français il y a tout juste deux semaines, à l’Aiglon du Lamentin en Martinique.

Née en Allemagne, Justine Fedronic a ensuite suivi à six ans ses parents, son père martiniquais et sa mère hongroise (elle a la double nationalité, franco-hongroise), en Californie aux Etats-Unis. Elle découvre l’athlétisme un peu plus tard, s’entraîne et court en compétitions uniquement là-bas.

Etudiante à Stanford

Sauf que cette année, Justine souhaite poursuivre la saison estivale dans le sillage de ces très bonnes performances, la saison athlétique touchant à sa fin outre-Atlantique. «On a regardé avec mon père. Il est Martiniquais donc on a décidé d’aller dans un club martiniquais» explique t-elle. Licenciée depuis deux semaines à l’Aiglon du Lamentin, elle peut donc terminer sa saison en France, avec d’ores et déjà de sacrées courses en perspectives. Mais pourquoi ne pas y avoir pensé avant?

«J’étais beaucoup blessée quand j’étais plus jeune, je poussais beaucoup. Soit j’étais blessée, soit c’était la fin de la saison pour moi. Donc on n’avait jamais vraiment regardé les possibilités» souligne Justine Fedronic, dont le dernier séjour en France remonte à…dix ans. A Stanford, l’athlète de 22 ans et encore espoir étudie dans le domaine de l’environnement et s’entraîne dans un groupe conséquent. «On est 18 filles avec le même entraîneur. On fait pas mal de choses ensemble et on a des filles très fortes sur toutes les distances. Donc on a un très beau groupe» se félicite t-elle.

Elles sont trois à être spécialisées sur le double tour de piste, dont «une fille qui a fait 2’00. C’est un très bon signe pour moi» glisse celle qui progresse année après année: 2’10’’77 en 2010, 2’06’’46 en 2011, 2’03’’54 l’an passé et donc un record personnel de 2’01’’67 claqué début juin (4’14’’69 également sur 1500). En attendant peut-être mieux…

Amiens, Areva et les Europe…

De Stanford, Justine Fedronic a directement atterri en France la semaine dernière. Avec comme point de chute Amiens. Elle est actuellement coachée par le référent jeune du demi-fond Pascal Machat et loge au Creps. «Cela a été très difficile les deux ou trois premiers jours car j’étais très décalée. J’ai pris trois vols et j’ai mis 24 heures pour arriver. Pascal est très gentil et m’aide beaucoup. Je fais également mes footings avec Brice Leroy (spécialiste du 800) ». Pour sa première course dans l’Hexagone, Justine Fedronic va découvrir samedi le Stade de France et le meeting Areva. Rien que ça…

«On va voir comment ça va se passer. Il y a aura beaucoup d’Américaines, trois je crois (c’est bien ça: Kate Grace, Alysia Montano et Ajee Wilson). Je les ai déjà vues mais je n’ai pas couru contre elles. C’est une opportunité pour courir vite. C’est ma première grande course. Il y a un petit peu de pression mais ça va être une bonne expérience».

Retour le 24 juillet sauf si…

Et quid des minima pour les championnats du Monde de Moscou (1’59’’60)? «Ça serait très bien si je pouvais les faire. C’est le but et on va voir. Je vais faire ce que je peux» dit-elle dans un des ses nombreux éclats de rire ponctuant la conversation. Puis suivront les championnats d’Europe espoir à Tampere (Finlande) du 11 au 14 juillet (Justine Fedronic possède actuellement la sixième marque européenne). Et la fatigue liée à l’accumulation des compétitions avec une saison aux Etats-Unis ayant débutée en avril ne lui fait pas peur.

«Normalement, je fais aussi de l’indoor. Mais je n’ai pas couru en salle cet hiver. J’ai commencé plus tard, donc ça m’aide beaucoup pour maintenant». Son retour aux Etats-Unis est prévu le 24 juillet. A moins que…«Ça dépend des chronos que je vais faire» signale celle qui est montée sur la troisième marche du podium lors des championnats universitaires américains (NCAA), où les huit finalistes ont couru en 2’02 et moins, preuve de la très forte densité outre-Atlantique.

Quant au moyen terme, Justine Fedronic aimerait rester aux Etats-Unis l’année scolaire puis disputer les compétitions estivales en France. «Je ne sais pas encore, tout ça est assez nouveau. Je n’ai pas encore décidé. J’aime beaucoup mon entraîneur, mon université, j’espère rester là bas et venir l’été faire les compétitions. Ici (à Amiens), l’intégration se passe bien. Avec ma famille on a vécu dans beaucoup de pays et je suis “adaptable“» sourit-elle.

Et au fait, pourquoi préférer la France à la Hongrie? «Je crois que la France a une meilleure équipe et mon passeport hongrois a expiré…» rigole t-elle de nouveau. Vivement samedi !