->
VO2
VO2 RUN - Le magazine de toutes les courses à pied !

JO Londres: un argent au goût sucré pour Mahiedine Mekhissi

Cette deuxième médaille d’argent comporte une saveur très particulière pour Mahiedine Mekhissi. Elle marque sa régularité au plus haut niveau, conquise dans des finales olympiques très relevées à chaque fois.

Pour cette olympiade londonienne, les meilleurs compétiteurs étaient présents, surtout le trio kenyan formé d’Ezekiel Kemboi, Abel Mutaï, et Brimin Kipruto. Et c’est l’explosion de joie pour Mahiedine et son entraîneur Farouk Madacci. Les réactions de Mahiedine Mekhissi «Je suis content de cette médaille pour l’Equipe de France. Je conserve cette place. Je n’ai pas de regret à avoir par rapport à la course, j’ai tout donné. Bravo à Ezekiel Kemboi, c’est le meilleur qui a gagné. Je perds contre plus fort. J’espère le battre un jour. J’arrive à le battre en en meeting, pas en championnat. Un jour, j’aurais sa peau!»Ce n’est jamais facile de gagner une médaille. Le plus dur est de reconfirmer 4 ans plus tard. C’est une fierté! C’est bien. J’ai tout donné, j’ai tout fait pendant la course. A l’arrivée, c’est le plus fort qui gagne. Il a été plus intelligent, plus rusé que moi dans les placements. «Il y avait plus de pression ici qu’à Pékin. J’étais attendu. On me demandait de gagner une médaille. Le statut de leader n’est pas facile. Ce n’est jamais facile de confirmer.Il y a quatre ans, il n’y avait pas de stress, je n’étais pas attendu.«A 300 mètres, j’ai eu un moment d’absence. J’étais très mal placé par rapport à Kemboi, je n’ai pas vu son démarrage. A l’attaque, j’étais mal placé. A 200 mètres, je n’étais pas sur le podium. J’ai entendu le public crier, cela m’a donné des ailes, j’ai tout donné pour finir. Je n’ai pas de regrets à avoir, à 100 mètres, j’étais 4ème. On ne peut pas refaire la course. «J’ai eu ce trou car à 700 mètres, Kipruto tombe, et il me touche. Mon genou tourne, il part à droite. Cela m’a fait mal pendant un tour. J’étais plus concentré sur mon genou. Je suis sorti de la course. Ensuite j’ai assuré. «Pendant la course, je me sentais très fort. Les Kenyans basaient leur course sur moi. Ils attendaient. Ils étaient derrière moi. Ils me craignaient. J’ai du respect pour eux, ils en ont pour moi. En finale, c’est le plus rusé qui gagne. «Kemboi est attachant. A l’arrivée, on se prend dans les bras, car on s’aime. On n’a pas fait ça pour les images! On s’échange les maillots. J’ai le maillot d’un champion olympique! On a regardé ensemble la finale du 100 mètres, c’est énorme ce qu’a fait Bolt! Il confirme, c’est tellement difficile. L’analyse de Farouk Madacci, son entraîneur«J’étais en haut dans le stade, je n’arrêtais pas de faire des allers-retours. J’avais tellement peur qu’il ne soit pas récompensé pour tout le travail qu’il a fait.Ce n’est pas un an de travail, c’est 4 ans d’attente! Il est sorti de Pékin en pensant à Londres. «Je ne lui avais donné aucune consigne avant la course. C’est un instinctif. Si tu lui mets un schéma en tête, ça ne peut pas marcher. Je lui ai dit, il va falloir tout poser sur la piste, tout ce que tu as fait depuis tout petit. «Il était venu pour l’or, j’avais peur qu’il soit déçu par l’argent. Mais j’ai vu de suite à sa réaction après l’arrivée qu’il était content. «Il effectue une petite erreur tactique, un peu comme à Daegu. A 300 mètres, il est encore trop loin. S’il était avec eux, c’aurait été possible. Peut-être qu’il y a un écart qu’il n’aurait pas dû laisser creuser. «C’est une grande confirmation par rapport à Pékin. Il y aura peut-être une frustration car il venait pour l’or, mais ses adversaires sont énormes. La régularité au plus niveau est quelque chose d’énorme. Il y a 15 jours, il m’avait dit Si je suis Champion Olympique, j’arrête le steeple. Je suis soulagé, il va continuer! Maintenant il faut travailler pour d’autres objectifs. Il n’a que 27 ans. Ce n’est pas l’âge d’or pour un demi-fondeur, il est encore jeune. Il peut atteindre beaucoup, car le Championnat, c’est son truc à lui.

Odile Baudrier / Gilles Bertrand