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JO de Londres : Vanessa Boslak dispute ses 3èmes Jeux Olympiques

A 30 ans, Vanessa Boslak disputera à Londres ses troisièmes Jeux Olympiques, après Athènes et Sydney. Elle les abordera avec une grande sérénité, après avoir livré bataille pendant trois ans contre une grave blessure.

Et le concours de perche s’annonce très ouvert, l’ultra-domination d’Elena Ysinbayeva n’est plus de mise. Plaisir et combativité. Les deux mots ne sont pas antinomiques pour Vanessa Boslak. La perchiste a été ébranlée par sa lutte contre sa blessure au genou. Trois années à se battre, à croire que les sautoirs lui seraient interdits, et qui ont complètement modifié son état d’esprit. Vanessa l’explique très simplement: On me dit que je suis attendue ici. Moi, je ne veux pas me mettre cette pression-là. Quand j’ai repris, c’était seulement pour sauter pour mon plaisir, pas pour retrouver le haut niveau. Après, c’est revenu par étapes.Alors, les JO, c’est un cadeau.»Un joli cadeau qu’elle n’aurait pas cru possible il y a encore un an. Mais cet hiver lui a enfin souri, pour qu’elle retrouve sa plénitude physique jusqu’à devenir vice-championne du monde en salle à Istanbul en mars. Et qu’elle soit capable cet été de participer à ces Jeux. Elle rit en lâchant: «Si je n’avais pas guérie, j’aurais pu être derrière ma télé à regarder» L’approche est différence, plus distanciée, cela l’aide à prendre du recul avec la pression médiatique qui règne autour des JO: «Il faut se dire qu’on a bien bossé, que les dés sont jetés!» Pour autant, elle ne vient pas ici pour faire de la figuration: «Je veux être satisfaite de moi. Me dire que j’ai tout donné. Maintenant, il faut lâcher les chevaux. Surtout dans ce concours qui s’annonce très ouvert avec Elena Ysinbayeva, qui n’est plus ultra-dominatrice, très en dents de scie selon les concours. La jeune perchiste ne s’en réjouit pas, même si on la sent satisfaite qu’Elena ne puisse plus conserver l’attitude condescendante qu’elle a si longtemps affichée sur les sautoirs durant ses années phares….Elle analyse ce concours en technicienne, prédisant qu’avec un premier saut à 70 ou à 75, un podium sera jouable, et cette barre est à sa portée. Et la sérénité de Vanessa est telle qu’elle n’a même pas été ébranlée par la blessure provoquée par la cassure de sa perche, il y a une semaine à l’INSEP. La perche s’est brisée en deux, entraînant une déchirure de 1 centimètre sur le fléchisseur de la main.Mais Vanessa ne s’y attarde pas, même si elle n’a plus passé aucune barre depuis, pour éviter de solliciter le fléchisseur, et elle souligne: «Cela ne m’inquiète pas. Je ne crains pas un blocage psychologique. Quand il faut y aller, il faut y aller.

Odile Baudrier / Gilles Bertrand