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Jérôme Bellanca, une médaille « géniale à vivre »

Pour sa seconde sélection internationale, Jérôme Bellanca, coaché par Ali Belkacem au Blagnac Sc, est rentré le 12 septembre dernier à Winschoten (Pays-Bas) dans le top 8 d’un championnat du Monde de 100 km d’une grosse densité (il fut à deux minutes de la 5e place). Le fondeur de 38 ans, qui travaille dans la conception de logiciels embarqués,  revient sur sa course et évoque ses futurs objectifs.

Quels ont été vos sentiments après cette huitième place ?

C’était très positif car je rentre dans les dix premiers. Le chrono n’est pas trop mal car je réitère mon temps des championnats de France (6h43’41’’ à Winschoten ; 6h43’45’’ à Chavagnes en Pailler en mai dernier, ndlr). Je suis aussi très satisfait de la médaille par équipes. Collectivement, quand on part avec un groupe comme çà, qu’on a fait un stage ensemble et qu’en plus, on s’entend bien, c’est vraiment génial à vivre. Ce sont de gros souvenirs.

Que s’est-il passé avec les Russes, qui étaient initialement troisièmes ?

Il y a eu une réclamation, car ils n’avaient pas tous le même maillot. On n’était pas sûrs que certains soient russes. Apparemment, ça fait des années qu’ils font çà et l’organisation avait bien précisé qu’elle en tiendrait rigueur.

Comment la course s’est-elle déroulée ?

C’est parti vite devant et  je suis resté un peu sur mes chronos. Je voulais partir encore moins vite (sur des bases de 3’58’’ au kilo pour environ 6h37’), mais il y avait un peu de vent. On s’est retrouvés à cinq, derrière notamment un très grand Russe. On s’est calés en file indienne derrière lui pendant soixante bornes. Il a ensuite explosé car il allait trop vite. Nous, on s’est un peu éparpillés et je me suis retrouvé seul aux environs du 65e. J’ai lutté, j’ai vu que je n’étais non plus dans mon meilleur jour. Çà s’est dégradé au fur et à mesure et le dernier tour a été très dur.

Il fallait faire un choix stratégique entre rester dans un groupe et être protégé du vent, et faire ma course tout seul, rester à la vitesse que je m’étais fixée.

« Une ambiance du tonnerre »

Comment était le parcours ?

C’était super et très plat. Par contre, il y avait une ambiance du tonnerre. Je n’avais jamais trop vu çà. Toutes les maisons sont décorées, les gens sortent les barbecues, les bières etc…

Cette 8e place va-t-elle changé quelque chose pour vous ?

(Rires). Je ne sais pas. J’aimerais bien, mais le 100 km n’est pas médiatique –ça s’arrête au marathon-, malgré tout le travail et les efforts que cela demande. Je ne suis pas sûr que çà change énormément de choses.

Un podium mondial, vous y pensez ?

Oui, sinon j’arrêterais, pratiquement.

Cette performance efface un peu la déception de votre première sélection à Doha en novembre dernier (7h23’01’’, 29e) ?

A Doha, j’étais surentraîné. Je l’avais analysé après. J’avais un peu atteint mes limites. Je les connais maintenant. Avant Doha, j’avais enchaîné plusieurs semaines à 220 bornes environ. La semaine de stage avant les Mondiaux, j’avais fait 200 bornes du lundi au samedi, puis j’avais fait le marathon de Toulouse le dimanche. J’avais 250 km dans les jambes.

Là, la plus grosse semaine que j’ai faite, c’était 195 km. Je m’entraîne quasiment tout seul. Comme je suis pris avec mes enfants le soir, je m’entraîne essentiellement entre midi et deux.

« Un planning millimétré »

Çà ne doit pas être simple de tout gérer.

Oui. J’ai un planning qui est millimétré et il faut que rien ne le perturbe. Je le vois dès qu’on fait une semaine de stage avec la Fédé. Quand on ne fait que çà, on peut faire pratiquement le double d’entraînement (sourire). En plus des entraînements, j’essaie d’aller à un centre de balnéo pour récupérer, mais c’est très millimétré.

Qu’est ce qui vous avait poussé à monter sur 100 km (son premier 100 km date de Belvès en 2013, il en est désormais à cinq) ?

J’ai vu que je plafonnais un peu sur marathon (2h23’58’’, son record établi en 2012 à Paris) et il y a la passion des distances longues. Il y avait aussi la possibilité d’être à haut niveau et en équipe de France.

Quels vont être les prochains objectifs ?

Je veux faire un marathon justement pour essayer de battre mon record. Peut-être à Paris. Puis il y aura les Mondiaux de 100 km l’année prochaine. Mais on n’a pas encore la date.

Sinon, je viens de faire deux semaines axées sur la récup. Je repars sur quatre semaines mitigées  pour le marathon de Toulouse (le 25 octobre, où il officie en tant que lièvre pour la course féminine). Puis je vais ralentir un peu jusqu’à la fin de l’année, car sur dix mois, on a fait trois 100 km. Çà fait plus d’un an qu’on est en prépa. Oui, j’ai senti sur les Mondiaux que çà commençait à tirer. Je pense que c’est ce qui a fait la différence entre la 5e et la 8e place.

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Photos : Christophe Perrot et Fabien Chartoire.

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