->
VO2
VO2 RUN - Le magazine de toutes les courses à pied !

Hassan Chahdi (re)lancé

Deuxième de la Prom’Classic à Nice dimanche 11 janvier en battant son record personnel sur les 10 km (29’07’’), Hassan Chahdi s’est relancé après un début de saison automnal délicat. Prochain objectif : les championnats de France de cross, alors qu’il devrait ensuite opérer un virage dans sa carrière.

Après des semaines difficiles, Hassan Chahdi recouvre son meilleur niveau. Deux semaines après la corrida de Houilles (15e et 2ème Français en 29’30’’), l’athlète de l’Ea Centre-Isère vient de battre son record personnel sur 10 km, lors de la Prom’Classic à Nice, terminant 2ème  derrière Abdellatif Meftah (en 29’07 » ; ancienne référence : 29’16 » lors des France à Valenciennes en avril dernier).

« On est partis assez vite (14’22’’ au 5e). Puis Meftah a mis une attaque assez brute sur la 2e partie de course. Je n’ai pas collé tout de suite, je suis revenu un peu après. Mais j’ai eu un point de côté sur les deux derniers kilomètres » relate t-il. « Je retrouve des sensations par rapport à mes premières compétitions. Je suis satisfait de ce côté-là, mais j’aspire à faire encore mieux sur les prochaines compétitions ».

Toujours est-il que le 3e des France Elite sur 10 000 m puis 5 000 mètres l’été dernier est reparti de l’avant après un automne délicat. Sa préparation avait en effet été fortement perturbée par une tendinite au genou (syndrome de l’essuie glace) l’ayant empêché de s’entraîner durant près d’un mois et demi.

 « Je n’y croyais pas trop »

« Il y a tout ce qu’il faut à l’INSEP pour s’entretenir physiquement » souligne Hassan Chahdi, qui était durant cette période (septembre-octobre) en stage dans le cadre de sa formation. Il a repris l’entraînement trois semaines avant le cross sélectif, à l’occasion d’un stage régional au Portugal. « Ça m’a fait du bien d’être là-bas. C’était les vacances scolaires et j’ai donc pu bien m’étirer, faire les soins pour faire passer la blessure. A Allonnes, je me suis qualifié  aux Europe mais je n’y croyais pas trop. J’ai hésité à y courir et je pense que c’est pour ça que je n’étais pas dedans mentalement » glisse celui qui a terminé 39e d’un rendez-vous où il restait sur trois top 5 consécutifs (3e en 2011, 2e en 2012 et 5e en 2014 sans compter ses médailles dans les jeunes catégories).

« J’étais déçu mais je m’attendais à ça. Oui, je me suis accroché pour l’équipe. A un moment, j’ai essayé de relancer pour faire la meilleure place possible, mais je suis tombé. Ça a recassé mon rythme et c’était effectivement dur ensuite… »

Nonobstant ce résultat individuel agrémenté d’une décevante 4e place par équipes, Hassan Chahdi ne s’est « pas pris la tête. J’ai continué à m’entraîner normalement » poursuit celui qui est coaché à l’INSEP par Jean-Claude Vollmer.

France de cross et marathon à l’horizon

« Ce n’était pas prévu comme ça, mais les championnats de France sont l’objectif. J’ai fait une mauvaise place aux Europe de cross et ça me tient à cœur de faire quelque chose de bien aux France » indique Hassan Chahdi, vice-champion de France de la discipline en 2011 à l’issue d’un sprint mémorable, qui avait initialement programmé de l’indoor afin de « prendre la vitesse » en vue de l’été.

La suite ? La carrière du natif de Cluses (Haute-Savoie) devrait opérer un sérieux virage, puisqu’il envisage de s’aligner sur marathon, à l’automne prochain, à Berlin, ou bien en 2016 à Paris.

Il hésite ainsi à prendre part au semi-marathon de Paris (le 8 mars, une semaine après les France de cross) ou bien repartir sur un cycle de préparation en vue des championnats du Monde de cross (28 mars à Guiyang en Chine). « Ça fait longtemps que je ne les ai pas faits. Rentrer dans les 10 premiers est quelque chose qui me plairait bien et qui me motive » indique de sa voix toujours posée le très solide 23e du Mondial 2011 de Punta Umbria (Portugal) –sa dernière sélection aux Mondiaux.

Etudiant en ergothérapie

« Je vais encore discuter avec mon coach pour voir ce qui me conviendrait le mieux. Ça dépend aussi de la préparation. Je me laisse le temps de réfléchir » souligne celui qui aime « les efforts longs » et qui mène en parallèle des études d’ergothérapie à Paris. « On essaie de redonner de l’autonomie aux personnes handicapées, par de la rééducation, de la réadaptation comme les fauteuils roulants ou l’aménagement à domicile. Il y également l’aspect de la réinsertion professionnelle » explique t-il. « Je suis en deuxième année (en temps aménagé : sa première comme sa deuxième année ont été effectuées en deux ans au lieu d’un) avant la dernière l’année prochaine. J’essaie de m’engager à 100 % dans les deux voies car je serais fier de faire plus tard le métier que je veux, en menant à côté ma carrière ».

En sus des cours et des examens (fin janvier puis fin avril pour le second semestre), deux stages de deux mois chacun sont programmés. « J’ai fait le premier en septembre-octobre, et le 2e est prévu en mai-juin. J’espère le faire à Capbreton, au CERS où il y a un ergothérapeute qui y travaille ».

« Je serais fier de réussir dans les deux »

Comme pléthore d’athlètes, Hassan Chadhi mène donc un double projet prenant. « Si on sait pourquoi on le fait, il n’y a pas de souci. Si on commence à avoir deux trois échecs, là c’est un peu plus compliqué ».

Justement, a-t-il songé à privilégier l’une de ses deux passions après plusieurs saisons estivales blanches ? « Oui, ça me traverse même souvent l’esprit » sourit-il. « Mais je me dis que c’est mon rêve d’être performant dans les deux et que je serais fier de réussir. Comme je suis interne à l’INSEP, j’ai tout sur place. Ça m’enlève des déplacements pour les soins, la récup, les entraînements ».