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Gandar et Chahdi sauvent la mise

(Très) dur semi-marathon pour les collectifs tricolores aux championnats d’Europe ce matin à Amsterdam. Les femmes ont pris la 10e place par équipes, les hommes la 11e. Jacqueline Gandar, 16e en 1h13’00’’, et Hassan Chahdi, 7e en 1h03’42’’, ont sauvé la mise.

A l’aune de résultats collectifs aux Mondiaux de semi en mars, puis lors de ces championnats d’Europe, en incluant aussi le niveau global du marathon (lire ici notre analyse à ce propos), le hors stade français va devoir faire son aggiornamento. Davantage qu’un plan marathon, un plan « Orsec » hors stade pour impulser une vraie dynamique, mettre au point une vraie cohérence sur les modalités de sélection (championnats d’Europe, championnats du Monde, Jeux Olympiques), cibler les objectifs et se préparer pour (car comment vraiment préparer un rendez-vous mondial ou européen quand les athlètes, ou certains du moins, apprennent leur sélection moins de trois semaines avant le championnat en question alors qu’ils sont en prépa 5 000 m ou 10 km etc…)

Pour, in fine, que le hors stade ne devienne pas le parent pauvre de l’athlé français (notons toutefois qu’il faut prendre en compte le caractère collectif de ces Europe ou des Mondiaux, avec la possibilité de sélectionner six athlètes, contre trois sur l’ensemble des autres disciplines)…

Seuls Jacqueline Gandar et Hassan Chahdi ont donc surnagé ce matin à Amsterdam, sur un parcours sélectif (relances, secteurs pavés, vent, petits « coups de cul » au niveau des ponts) sis en plein centre-ville où le soutien du public offrait une « respiration » bienvenue, alors que la chaleur se faisait (vraiment) sentir.

Jacqueline Gandar a pris une belle 16e place en 1h13’00’’, ce qui lui permet ainsi d’améliorer officiellement le record de France espoir, après l’imbroglio de Saint-Pierre-lès-Elbeuf (1h11’21’’ en mars, mais il manquait quatre-vingt mètres).

« J’ai pris beaucoup de plaisir »

La Havraise a géré avec brio la pression inhérente à sa première sélection chez les seniors, s’appuyant pour cela sur sa difficile expérience des championnats d’Europe espoirs de cross à l’automne dernier, où les attentes l’avaient inhibée. « J’avais de la bonne pression. J’étais dans de bonnes conditions et j’étais très motivée. J’ai pris beaucoup de plaisir. Je me sentais encore très bien du 10 au 15e. Puis j’ai eu un coup de moins bien au 15e, sauf que contrairement en mars, ça a été dur jusqu’au bout » expliquait-elle.

C’est ainsi que sa foulée est devenue très étriquée sur la toute fin de parcours. Mais la tête a alors pris le dessus. « Les deux derniers kilos ont été très très durs. Mais je me suis accrochée avec un petit groupe de deux autres filles. Ça m’a permis de ne pas m’endormir complètement. Je suis quand même satisfaite » poursuivait Jacqueline Gandar, qui nous a raconté avec sa coutumière spontanéité la manière dont elle abordait la course à pied, qu’elle doit et qu’elle veut conjuguer avec ses études et son futur métier (dans l’agro écologie), dans le numéro 247 de VO2 Run, qui vient tout juste de paraître en kiosques (n’hésitez pas à vous jeter dessus ici).

Jacqueline Gandar au courage en fin de semi-marathon (Photo Q.G)

Jacqueline Gandar au courage en fin de semi-marathon (Photo Q.G)

Ce fut plus ardu pour Laurane Picoche (41e en 1h15’24’’), Sophie Duarte (47e en 1h15’59’’) et Fanny Pruvost (57e en 1h17’19’’), alors que Séverine Hamel a dû abandonner au 10e kilomètre.

La Portugaise Sara Moreira s’est imposée en 1h10’19’’ devant l’Italienne Veronica Inglese (1h10’35’’) et une autre Portugaise, Jessica Augusto (1h10’55’’).

Hassan Chahdi finaliste

Chez les hommes, Hassan Chahdi a pris une jolie 7e place en 1h03’43’’, dans une course remportée par le Suisse Abraham Tadesse (1h02’03’’), et où le premier exploit était d’éviter la chute sur un départ très étroit et vraiment casse gueule (demandez à Ayad Lamdassem !).

« J’étais venu pour faire un podium, mais ma première partie de course a été mal gérée. Je me suis retrouvé coincé dans le premier virage en chicane. Je ne voulais pas me griller en faisant un gros effort d’entrée de jeu pour revenir, car 21 km c’est long, donc j’ai essayé de revenir progressivement (passage en 29’36’’ aux 10 km, ndlr). Il y avait d’autres favoris avec moi, et je pensais qu’on allait remonter tranquillement. J’ai payé mon accélération à la fin du premier tour pour revenir devant, car c’était encore jouable à ce moment-là. Après, j’ai vu que c’était mort, j’ai donc visé une place de finaliste ».

Jamais dans le coup, Yohan Durand a pris la 52e place en 1h07’32’’ (« Je ne sais pas pourquoi je suis à la rue. Dans la tête, j’étais motivé et prêt à me battre. Faire 1h07’30’’, c’est fou. Je crois que je vais prendre trois semaines de vacances avant de repartir. Je ne sens pas forcément le besoin d’une coupure mentale. Mais vu les deux claques que je viens de prendre –avec les France de 10 km-, j’ai l’impression d’en avoir besoin physiologiquement. Car ce n’est pas normal »), alors que Romain Courcières s’est classé 66e en 1h08’42’’.

Quant au tout récent champion de France du 10 km James Theuri, il a déclaré forfait, en raison, officiellement, d’un problème médical…