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France Elite : Benjamin Choquert double la mise

Après son titre sur le cross court cet hiver, Benjamin Choquert a doublé la mise en remportant le titre national sur un 5 000 mètres très ouvert.

On attendait Morhad Amdouni, engagé à fois sur 5 000 et sur 1 500 m. Mais celui qui s’est rapproché des minima pour les Mondiaux de Pékin sur 1 500 mètres au meeting Areva a privilégié la seconde distance, dont la finale est prévue samedi. Et ce surcroît de fraîcheur lui sera à coup sûr fort utile pour le meeting de Monaco, vendredi 17, quasi ultime chance pour les minima (3’34’’50).

Dans ce contexte, en l’absence du grand favori, la course devenait très ouverte. Car les meilleurs tricolores –les seuls à être descendus sous les 14’ cette saison, à Carquefou– sont en lice aux championnats d’Europe espoirs en Estonie (Alexandre Saddedine, Félix Bour et François Barrer,  même si ce dernier a dû déclarer forfait), preuve du déclin de la discipline dans l’Hexagone (gageons que le 5 000 m ne prenne pas le chemin du 10 000…).

Toujours est-il que Benjamin Choquert en a profité pour s’adjuger un titre en clair-obscur (ligne opposée exposée au franc soleil et ligne d’arrivée où l’air était davantage respirable) quelques mois après avoir engrangé celui du cross court cet hiver aux Mureaux.

Pierre Urruty, des Champs Elysées à Villeneuve d’Ascq

C’est Denis Mayaud qui avait décidé de secoueur le peloton. De sa foulée toujours aussi rasante –voire même davantage depuis qu’il embrasse une carrière de marathonien-, le sociétaire de l’As Saint-Junien a mené les débats jusqu’aux 2 000 mètres (5’40’’). Moment choisi par le Djiboutien Bouth Ibrhim Hassan pour placer une franche attaque et s’envoler vers la victoire (mais pas le titre, donc).

Derrière, après un passage en 8’30’’ aux 3 000 mètres, ils étaient six en lice pour le titre : Pierre Urruty, Riad Guerfi, Denis Mayaud, Paul Lalire, Benjamin Choquert, et Michaël Gras, parti en dernière position et qui remontait progressivement.

Photo Jean-Marc Mouchet

Peu après le départ, avant que Denis Mayaud ne prenne les choses en main (Photo Jean-Marc Mouchet)

Urruty –plus accoutumé à rester dans les roues- accéléra et prit alors quelques mètres d’avance. « J’ai eu une semaine difficile au boulot. Je suis levé depuis 3h ce matin pour aller sur les Champs et préparer le défilé du 14 juillet » expliqua celui qui fait partie de la Garde Républicaine. « Du coup, même si j’ai fait de bons chronos sur 1 500 et 3 000, je ne me sentais pas assez tranchant pour finir vite. J’ai tenté le coup ».

Benjamin Choquert préfère le laisser filer et « temporiser. Mais je ne savais pas si on allait revenir ». Quatre tours de l’arrivée. Riad Guerfi, le champion de France du 10 000 m qui avait demandé une qualification exceptionnelle, s’écarte sur le côté droit. Abandon, comme à Carquefou.

4e km. Derrière Bouth Ibrhim Hassan, Pierre Urruty passe en 11’22’’, quatre secondes d’avance sur le duo Choquert-Gras, et huit sur le duo Mayaud-Lalire.

Michaël Gras ne figurait pas dans la première liste de qualifiés ! 

Celui qui avait fêté sa première sélection internationale à l’occasion des Jeux de la Francophonie semble bien parti pour glaner son premier titre de champion de France. Mais derrière, Michaël Gras relance.

Choquert, qui avait connu une première expérience difficile sur marathon en avril à Rotterdam (lire ici) s’accroche et attaque à l’entame du dernier tour, revenant sur Pierre Urruty dont la foulée se fait plus heurtée.

Pierre Urruty, repris juste après la cloche par Benjamin Choquert et Michaël Gras (Photo Jean-Mrc Mouchet)

Pierre Urruty, repris juste après la cloche par Benjamin Choquert et Michaël Gras (Photo Jean-Mrc Mouchet)

« J’ai pris deux-trois fois le vent de face. Et la quatrième fois, je n’ai pas pu maintenir le rythme » releva le sociétaire du Ca Montreuil, désormais coaché par Jacques Darras, et malgré tout ravi de son premier podium national (il enchaîne la semaine prochaine avec un gros 5 000 m à Heusden avant les Jeux Mondiaux militaires en Corée du Sud à l’automne prochain).

Plus véloce, Benjamin Choquert prend finalement le meilleur sur Michaël Gras. « Je n’avais pas les moyens de la battre » souligna le Talençais, auteur d’une course intelligente…et qui ne pensait même pas être de la partie à Lille (lire ici) –il fut repêché au dernier moment pour ces France (avant-dernier qualifiée avec 14’20’’15) !

« Après cet hiver, c’est la deuxième blague de l’été »

« Ça fait du bien » poursuivait-il, radieux. « Je commençais à déprimer en me disant que je n’y arriverai jamais sur la piste ». Michaël Gras cherche d’ici la fin de saison estivale un 5 000 m (sans doute à l’étranger) pour descendre sous les 14’, avant les 10 km de Lille (qu’il avait remportés l’an passé en 29’28’’) et ses débuts sur marathon, avortés ce printemps à Paris en raison d’une tendinite aux adducteurs. « Je commence à me sentir bien et j’ai envie de continuer sur ma lancée. Je ne vais pas couper de l’été ». Attention toutefois au couperet de la blessure, lui qui a enchaîné les pépins physiques ces derniers mois…

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Le Djiboutien Bouth Ibrhim Hassan (Photo Jean-Marc Mouchet)

 

« Après cet hiver, c’est la deuxième blague de l’été » se marrait Benjamin Choquert. « On savait que c’était ouvert. Ça me remonte un peu le moral après la déception en duathlon (il n’a pas été sélectionné pour les Mondiaux en Australie en octobre) » indiquait celui qui va « couper un peu avec l’athlétisme », se changeant les idées sur quelques duathlons (Alpe d’Huez et Embrun) et un triathlon d’ici la fin de saison (avant de sans doute repartir sur un marathon en 2016). « Se faire plaisir sur d’autres courses, profiter des paysages, ça change et j’aime ça ».

Le top 5 du 5 000 m masculin : 1. Bouth Ibrhim Hassan, 13’59’’62 ; 2. Benjamin Choquert (champion de France), 14’10’’41 ; 3. Michael Gras (vice-champion de France), 14’12’’37 ; 4. Pierre Urruty (médaillé de bronze), 14’20’’49 ; 5. Denis Mayaud (4ème Français), 14’22’’08.

Les résultats complets : cliquez-ici.

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Benjamin Choquert, Benjamin Pirès et Mohammed Moussaoui (Photo Jean-Marc Mouchet)

Photo Jean-Marc Mouchet

Photo Jean-Marc Mouchet