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Emmanuel David : ‘Je viens pour m’aguerrir’

Auteur d’un chrono de 2h19’35’’ au Marathon de Paris en 2009, Emmanuel David, 35 ans a décidé de se consacrer pleinement au trail à partir de 2012. En dépit de ses références athlétiques, ce pilier du Dijon Université Club a envisagé le trail avec humilité, car pour lui il s’agit : « D’un autre sport », dont il doit assimiler les fondamentaux. L’an dernier, à l’occasion de sa découverte des Templiers, il avait pris la 18e place. Cette fois, fort d’une année d’expérience supplémentaire, « Manu » espère un meilleur résultat. Toutefois, s’estimant toujours dans une phase d’apprentissage, son but consiste avant tout à s’aguerrir..

En mars, alors que tu comptais parmi les favoris de l’Ecotrail de Paris réputé peu technique et donc adapté à un marathonien, tu as terminé 11e. Que s’est-il passé?

– Tout simplement, je me suis planté. Je pense que je n’étais pas prêt pour tenir sur la longueur. Egalement, je sortais de la saison de cross, où j’avais accumulé de la fatigue. Aussi, j’ai mal géré l’alimentation. J’ai commencé à souffrir de crampes au 50e km. Comme, je ne voulais pas abandonner, j’ai fini dans le dur. Pourtant, tout roulait à l’entraînement et je suis rarement sujet à des troubles gastriques, ou intestinaux. Mais là, j’avais le ventre qui ne cessait de gargouiller. Peut-être ai-je mal appréhendé le froid?.

Ensuite, à quoi se résumait ton programme?

– Je souhaitais travailler mes points faibles en trail. Principalement le dénivelé, dont je ne suis pas coutumier. A dessein, j’avais prévu de me rendre à Faverges et à la 6000 D. Hélas à Faverges, j’ai chuté dans la descente à mi-course. Blessé aux côtes, j’ai vraiment été contraint de renoncer, car c’était trop douloureux. Les deux mois suivants, j’ai été obligé de me limiter à de petites sorties en vélo et d’annuler ma participation à la 6000 D, vu qu’au moindre choc j’avais mal. Vers le 15 août, je me suis posé la question de mettre un terme à ma saison. Néanmoins, le désir de reprendre a été plus fort et j’ai décidé de m’aligner aux Templiers. A partir de là, j’ai repris progressivement l’entraînement. Le 21 septembre j’ai gagné l’Alésia Trail, long de 51 km. Mais durant cet effort s’inscrivant dans la préparation des Templiers, je me suis fait une légère entorse à une cheville. Prudent, alors que j’avais l’intention de prendre part aux France de trail court, j’ai préféré m’abstenir et jouer la prudence, parce que je savais pour l’avoir foulé, que le parcours de Gap est constellé de cailloux. A la place, je suis allé faire du dénivelé dans le Jura, situé à proximité de la Côte d’Or. Donc, je vais pouvoir me rendre aux Templiers..

Sachant que tu n’es pas à 100%, pourquoi tiens-tu absolument à courir les Templiers?

– Même si je sais que physiquement, je suis moins bien que l’an passé, je veux retrouver ce site. Indépendamment de mon résultat moyen, j’avais apprécié cette expérience. Là-bas, il règne une ambiance particulière, que l’on ne retrouve pas ailleurs. Cette épreuve est riche en émotions. Et de mon point de vue, le parcours est magnifique. .

Quels enseignements as-tu tiré de ta première participation?

– Il s’agissait de mon premier trail long et j’avais commis des erreurs. Je n’avais pas reconnu le parcours et j’avais attaqué trop vite. Au 35e km, j’étais revenu sur Julien Rancon. Bref, je sais que vais devoir bien gérer la spécificité de ce tracé, riche en côtes et en descentes, qui font mal. En plus, la fin est terrible. J’ai beau avoir été un marathonien à moins de 2h20, quand tu affrontes des pentes terribles, où tu es contraint de marcher, cette vitesse de base ne sert à rien. Il s’agit d’un autre sport, impliquant un nouveau type d’entraînement. Ca me plaît de découvrir autre chose..

En termes de résultats, qu’espères-tu?

– Je vais là-bas pour m’aguerrir. Bien que me sentant moins fort, en un an j’ai beaucoup appris à propos de la technique et cette expérience acquise me permet d’espérer une meilleure place que l’année dernière. Et comme ma saison ne va pas s’arrêter là, les Templiers devraient me servir de tremplin pour la SaintéLyon. Finalement, je crois que je serai seulement opérationnel l’an prochain, quand j’aurai intégré tous les paramètres inhérents au trail..

Selon toi, qui sont les favoris?

– Je vois un super favorien la personne de Julien Rancon. Il a effectué une super saison. C’est lui, qui a le mieux doser ses efforts, en ce sens où il n’a pas enchaîné beaucoup d’épreuves. Après, Sébastien Spehler semble capable de tout. Egalement, je suis curieux de voir ce que va donner Xavier Thévenard. Quand aux étrangers, ne les connaissant pas, je ne me prononcerai pas.