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Emilie Menuet, athlète du week-end

Emilie Menuet a réalisé la performance du week-end, en claquant en 1h31’38’’ (12e) sur 20 km marche à La Corogne (Espagne), minima pour les Jeux Olympiques en poche (pour sept secondes !), nouveau record personnel (1h32’20’’, précédent record), à quelques encablures du record de France de la discipline (Nora Leksir, 1h31’15’’ en 2000). Seulement, la date limite de réalisation des minima était fixée…au 25 mai.

Emilie Menuet en saura davantage la semaine prochaine, après avis du CNSOSF (Comité olympique National Français, qui valide in fine les qualifications olympiques). Celle qui s’entraîne depuis novembre sous la férule de Pierre Pompili (à la place de Marc Glaudel) prendra à court terme le départ du meeting national de marche organisé par son club de l’AJ Blois-Onzain le 8 juin sur 5 000 m, avant les France sur la même distance (et non plus sur 10 000 mètres, dont elle championne de France en titre).

Comment s’est déroulée la course ?

Je savais que la date des minima était dépassée, mais c’était une course importante pour les marcheurs (inscrite au calendrier des meetings IAAF, ndlr). Avant la course, je me suis dit que je verrais en fonction des sensations, en essayant de me faire plaisir, sachant que j’avais été déçue de mes perfs précédentes.

Le départ a été décalé de dix minutes car il y a eu un gros orage avant la course. Le premier kilo a été plutôt progressif, le temps de se mettre en rythme, puis on était entre 4’30’’ – 4’35’’ au kilo. J’étais dans le groupe devant, puis j’ai un petit coup de mou entre le 9e et le 10e.

Une Italienne et une Espagnole me sont alors passées devant, ça m’a motivé pour rester avec elles. Cela m’a permis de bien relancer, puis au dernier kilo, j’avais calculé à peu près combien il fallait que je fasse (pour les minima, ndlr). Je me suis dit : “Ne craque pas, ne craque pas !“ (sourire). Le fait de ne pas être seule lors de ces moments-là compte beaucoup. Il y avait une grosse concurrence avec la championne du Monde (la Chinoise Hong Liu, victorieuse en 1h27’43’’, ndlr), des filles parmi les meilleurs du Monde etc…ça aide forcément pour faire de bons chronos.

Je suis passée à la mi-course en 45’44’’, j’ai été régulière sur les deux 10 km, je n’ai pas trop craqué.

Vous devez être très satisfaite de ce nouveau record personnel !

Oui bien sûr. Je savais que je m’étais bien entraînée, mais là, comme je me posais plus trop de questions, c’était un peu une surprise. Et j’étais très contente de partager ces moments là avec Violaine (Averous) et Inès (Pastorino) qui étaient également en lice.

Oui, ça me conforte dans l’idée que je peux faire ces chronos là. On a toujours des doutes, ça confirme un petit peu ce que j’avais fait l’année dernière (ses 1h32’20’’ puis sa sélection aux Mondiaux de Pékin, ndlr).

Que s’était-il passé lors de vos précédentes sorties (1h33’27’’ aux championnats de France le 13 mars, mais surtout 1h34’45’’à Podebrady le 9 avril, et 1h36’43’’ le 7 mai à Rome) ?

J’avais eu encore un peu mal à mon ischio après les France. Je n’avais pas pu m’entraîner comme je le voulais. Entre Podebrady et Rome, on est partis en stage avec la Fédération, mais ensuite, une fatigue un peu chronique s’était installée. Comme il y avait l’objectif de la coupe du Monde, je me forçais un peu à aller à l’entraînement.

Finalement, après la coupe du Monde, j’ai pris 4-5 jours de repos. Il fallait que pour mon corps et ma tête, je stoppe un petit peu, pour aussi assimiler ce que j’avais fait à l’entraînement. Je pense que c’est ce qui m’avait manqué, d’autant que les compétitions s’étaient enchaînées rapidement. Je n’avais pas pu souffler comme mon corps en aurait eu besoin.

Je sentais au début des courses que physiologiquement, je n’arrivais pas à tenir le rythme : j’étais essoufflée, j’avais les jambes lourdes. Ce week-end, ce n’était pas du tout les mêmes sensations.

Interview : Quentin Guillon.

Photo : Emilie Menuet lors des championnats du Monde de Pékin (Photo Q.G).