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Cross Ouest-France : Awake Ayalew Yimer s’impose, Hassan Chahdi, une course prometteuse

Awake Ayalew Yimer, entre héritage éthiopien et avenir barheïen. A l’image de la course des dames, c’est un Éthiopien naturalisé Barheïen qui s’est imposé au Mans. Awake Ayalew Yimer a devancé trois Africains et le Français Hassan Chahdi, auteur d’une course maitrisée et prometteuse.

La course des hommes fut un copié/collé de la course des femmes : un Barheïen, trois Africains et un Français. Sauf que chez les messieurs, Hassan Chahdi a pu préserver les fruits de ses efforts. Alors que chez les dames, Christelle Daunay (6e) n’a pas pu résister à l’accélération de ses adversaires et au retour de Claire Perraux. Certes, Awake Ayalew Yimer a fait perdurer l’héritage éthiopien, en succédant à Berban Nebebew. Mais au travers de sa victoire, il a aussi assuré son avenir barheïen.

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Hassan Chahdi, lui, a confirmé ses bonnes dispositions actuelles. Après sa déception aux Europe de cross (39e), l’Isérois a retrouvé de la confiance sur la route : 10 km de Houilles (15e en 29’30) et 10 km de Nice (2e en 29’07, record personnel). Une montée en puissance qui a trouvé une résonnance au Mans où il a terminé cinquième et première Français, devançant dans l’ordre, ses compatriotes Abdellatif Meftah (8e), Yohann Durand (9e) et El Hassane Ben Lkhainouch (10e). Une montée en puissance en forme de prise de pouvoir, notamment face à Meftah, qui l’avait devancé à Nice de 6 secondes.

A l’issue de sa course mancelle, Hassan a répondu à nos questions.

Hassan, quelles ont vos impressions durant votre course ?
Je me sentais bien et j’ai essayé de m’accrocher. J’avais deux choix. Soit je restais avec les Africains, soit je faisais la course avec les Français. J’ai préféré rester à la bagarre, devant…
 
On vous a vu prendre la tête à mi-course. Ce n’était pas risqué ?
Je voulais relancer, car je n’aime pas courir par à-coups, comme peuvent le faire les Africains. Je ne voulais pas rester tout seul sur l’une de leur accélération. Alors, tactiquement, j’ai voulu imposer un train pour ne pas être esseulé.

Cette course vous donne des ambitions pour la suite de la saison ?
Depuis le 10 km de Houille, je me sens bien et j’ai envie de me rattraper par rapport à mes championnats d’Europe de cross. Et après ma course au Mans, j’ai envie de faire quelque chose de bien aux France (le 1er mars aux Mureaux). Aujourd’hui, je suis devant Meftah et Ben Lkhainouch, mais dans six semaines, ce sera sans doute différent. Il faudra être prêt le Jour J. Je ne considère pas comme le favori pour les France et il n’y aura pas que moi, Meftah et Ben Lkhainouch. Durand revient bien et il y a un bon groupe de Français. Cela peut aussi déterminer mon choix pour les championnats du Monde en Chine (Guiyang, le 28 mars), s’il y a une équipe solide ou pas. Personnellement, cela dépendra aussi de mon état de forme, car si je vais là-bas, ce sera pour faire un gros truc. Le cross est une discipline que j’adore et face aux meilleurs du monde, je veux être en pleine possession de mes moyens.

Vous avez également des ambitions sur la route. Vous avez déjà un programme pour 2015 ?
Je vais peut-être disputer mon premier semi-marathon à Paris (8 mars). Cela dépendra de ma participation, ou non, aux Mondiaux de cross en Chine. Pour l’instant, rien n’est décidé. Je vais en parler avec mon coach, Jean-Claude Vollmer. Cela fait deux ans que je m’entraine avec lui et il commence à me connaitre. Je lui fais confiance et je sais que son orientation sera la bonne.

Même si ce n’est pas à Paris, faire un semi en 2015, c’est pour préparer votre montée sur marathon ?
Effectivement. Maintenant, comme je m’entraîne à l’Insep, cela me tenait à cœur de courir mon premier semi à Paris. D’autant que j’ai envie de courir un marathon à l’automne et peut-être à Berlin. C’est un rêve pour moi de courir là-bas. C’est une grande ville et il y a toujours d’excellents chronos et des records du Monde, là-bas. Si je dois faire un marathon, autant le faire dans une ville où l’on trouve une grande motivation pour cette distance. Et si c’est en 2016, ce sera à Paris.

La suite de votre carrière, vous la voyez donc sur la route ?
Je vais aussi continuer le cross et faire un peu de piste. J’aime bien toutes les disciplines de l’athlétisme dans le demi-fond et le fond. Je suis assez libre dans mes choix et je peux en discuter librement avec lui. L’important est de garder la notion de plaisir. Même si à partir d’un certain, la route est une pratique attrayante pour gagner sa vie. Psychologiquement, je m’oriente aussi plus pour être performant sur la route.

Quelles vont être vos ambitions sur marathon ?
Ce sera d’abord une découverte et je n’ai pas encore de chrono précis en tête. Je sais que depuis tout jeune, mes coaches me disent que je ferai du marathon. J’ai 25 ans et je sais que je suis jeune et que je manque d’expérience, mais ce n’est pas un handicap. Je sais que c’est une pratique qui demande de la patience, de la préparation. Il me faudra deux ou trois ans pour faire une performance. Pour l’automne, c’est donc trop  tôt pour parler de chrono.

Pour une qualification pour les Jeux Olympiques, vous vous projetez donc vers 2020 et Tokyo…
C’est à cette période que je devrais atteindre mon pic de forme sur la distance (Hassan aura 31 ans en 2020, ndlr). C’est un pari sur l’avenir. Je sais que je ne vais pas 2 h 09 pour mon premier marathon. Cependant, compte-tenu de ma préparation, si je sens que je peux me casser les dents à Berlin, j’attendrais 2016 et Paris pour faire mon premier marathon.

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Texte Bruno Poirier

Photos Yves-Marie Quemener