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Christelle Daunay : la reprise et l’impact du titre

La reprise de l’entraînement après le titre de championne d’Europe du marathon.

« J’ai coupé une dizaine de jours et j’ai repris sérieusement quatre-cinq semaines après le marathon. Si la reprise s’est bien passée ? Euh non (rires). Comme après chaque marathon, c’est toujours difficile de remettre le corps et l’esprit en route. C’est plus une fatigue nerveuse, l’envie qui n’est pas encore bien présente pour retourner à l’entraînement, et le corps qui est encore un peu fatigué. J’ai eu un petit problème de dos ponctuel mais c’est reparti. »

Les 10 km de Paris Centre (5 octobre : 2ème en 32’37’’ derrière la vice-championne d’Europe du marathon Valéria Straneo, 32’35’’).

« Je n’y allais déjà pas forcément avec l’optique chronométrique –plus pour me faire plaisir. C’était aussi se retrouver avec les filles du podium de Zurich (la Portugaise Jessica Augusto, 3e à Zurich, était au départ et a réalisé 33’09’’), profiter de ce bel évènement mis en œuvre par Nike, qui a reformé le podium de Zurich alors qu’il y avait également la présence de Carl Lewis. Je pensais qu’on allait courir un peu moins vite. Valéria Straneo était en forme et avait certainement envie de savoir où elle en était dans l’optique du marathon de New York (elle a terminé 8e en 2h29’24’’ dimanche 2 novembre). Elle a mené la course, j’ai essayé de suivre un max jusqu’à l’arrivée et elle m’a battue au sprint. Le lendemain, c’était compliqué car mon corps n’était pas prêt à ce genre de performance. J’avais mal aux jambes et j’ai mis quelques jours à récupérer de ce 10 km. »

« L’objectif, c’est le marathon en avril »

Le semi-marathon de Birmingham (19 octobre : 6e en 1h13’25’’)

« J’avais envie de faire un semi-marathon. Je connais bien les Great Run, et je n’avais pas fait Birmingham. Oui, ça été un peu plus compliqué (sourire). Je n’ai pas retrouvé ma forme, heureusement car ça ne fait que quelques semaines que j’ai repris l’entraînement. Mais je pensais faire un semi dans de bonnes conditions. Le parcours était cependant sans cesse vallonné, avec beaucoup de portions montantes, et on a eu un gros vent de face les 10 premiers et les 5 derniers km. Je n’avais pas le physique pour lutter ce jour-là dans ces conditions. 1h13’, ça faisait longtemps que je n’avais pas couru ce chrono (la dernière fois : 1h13’39’’ en 2010 au semi de Rome-Ostie, ndlr), mais les conditions étaient particulières. »

Les cross ?

« L’objectif principal, c’est le marathon au mois d’avril.  Comme je l’avais dit après Zurich, l’objectif est de trouver un marathon qui puisse me permettre de reproduire ce que je valais au mois d’août ( 2h25’14 », record des championnat, sur un parcours difficile), donc un chrono inférieur au record de France. Pour le choix du marathon, il n’y a rien de décidé. J’ai battu le record de France à Paris (2h24’22’’ en 2010, ndlr), donc on peut faire de bonnes perfs là-bas, on l’a aussi vu avec Bekele en avril.Du coup, je n’ai pas forcément d’objectifs intermédiaires précis. Je vais faire des courses pour voir où j’en suis, des courses plaisir où j’ai envie d’aller courir. A l’heure actuelle, la prochaine compétition sera le cross d’Allonnes (23 novembre). C’est aussi chez moi, au Mans. Je n’irai donc pas faire la sélection à Gujan. La suite n’est pas encore définie. »

Pourquoi pas les Europe de cross, au regard de son potentiel physique (dernière sélection en cross : les Mondiaux en 2013 à Bydgoszcz, 35e ; aux Europe : dernière sélection en 2008 ; 18e à Bruxelles) ?

« Au niveau physique, oui il y a un bon coup à jouer. Mais ça signifie aussi se relancer dans un objectif important, se reconcentrer à nouveau alors qu’il y peu de temps, j’étais déjà dans un gros objectif. Il faut aussi savoir relâcher un peu et ne pas toujours se mettre des évènements importants réguliers. »

« Un beau retour médiatique »

Et en 2015, où le rendez-vous sera organisé en France ?

« C’est justement l’année prochaine, donc on verra d’ici là. Je prends plus petit à petit. Avant Zurich, je m’étais dit : peut-être les Europe 2014. Et après, tu te dis que ça va être compliqué. Entre le corps et la tête, les choses peuvent évoluer. Pour l’instant, je me limite jusqu’au mois d’avril et on verra ensuite. Mais les Europe de cross en France, ça sera un bel évènement. »

L’impact du titre européen.

« Le titre a mis en valeur mes performances antérieures, et les gens se représentent plus mon palmarès. Ça a mis en avant ma personne et l’athlète en même temps, ou plutôt l’athlète et la personne (sourire). Les gens m’ont peut-être découvert un peu plus. Ceux qui me connaissaient par mon palmarès ont pu voir d’autres facettes, de part la mise en avant dans les médias. »

Les sollicitations (notamment un grand entretient dans le quotidien sportif L’Equipe).

« Oui, je suis aussi passée au 20 heures de TF1. J’ai eu un beau retour médiatique et ça fait plaisir que la discipline soit mise en valeur. Ça fait du bien d’être reconnue ainsi. Au niveau des partenaires, ça bouge peu : il y a beaucoup des sollicitations mais ce n’est pas toujours simple de concrétiser.  Non, à l’heure actuelle, il n’y a rien de plus que ce que j’avais avant Zurich. »

« A un moment donné, il faut faire faire la part des choses, dire stop et repartir » 

Décompression ?

« C’est vrai qu’il n’est pas toujours évident d’allier les deux : quand on est ainsi mise en avant, on a envie de répondre aux sollicitations. C’est aussi nécessaire car les gens sont demandeurs. Il faut donc savoir répondre présent, mais si ça dure trop longtemps, ça peut être compliqué de retrouver la forme. Le week-end dernier (26 octobre), j’étais encore à Marseille-Cassis (dix jours avant, il y avait le Marseille-Cassis des petits, et 2 500 enfants ont couru pendant 58’, soit le record de l’épreuve ; c’était un bel évènement et le fait que 2 500 enfants courent sur les plages du Prado, c’est vraiment encourageant) et c’était l’une de mes dernières sollicitations avant de vraiment remettre le pied dedans. Ça fait de longues semaines que j’ai repris l’entraînement, mais la fatigue et les déplacements peuvent engendrer une méforme. A un moment donné, il faut faire faire la part des choses, dire stop et repartir. »

Un élan pour le projet marathon ?

« Il va y avoir un bilan de la première année effectué dans les jours à venir (les 14 et 15 novembre à Saint-Etienne, ndlr). »