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Marathon de Paris : Benjamin Malaty 1er Français

Benjamin Malaty a fait davantage que confirmer sa performance de l’an passé, améliorant son chrono d’une minute quinze secondes, en perdant moins de temps dans les derniers kilomètres qu’en 2012. Sûrement en raison de ces « footings costauds » effectués durant sa préparation, atteignant plusieurs reprises les deux heures. Treizième et premier Français (il devance Abdelatif Meftah, 15e en 2h12’25 qui a fini les pieds en sang) il représentera la France aux Mondiaux de Moscou sur la distance. Progressivement, il se rapproche ainsi des 2h10, chrono qui lui offrirait une place aux Jeux de Rio. Plongée dans la tête du Talençais, de vendredi à l’arrivée où son large sourire était similaire à celui qu’il affichait il y a an.

– Vendredi: «C’est le jeu»

Le fait de venir dès le jeudi pour les partenaires était certes un peu contraignant mais c’est aussi le jeu. C’est aussi grâce à cela qu’on est mis en valeur. Je suis habitué à travailler tous les jours (chargé de mission pour la ville de Talence) donc passer 5 heures avec les partenaires ne m’a pas fatigué.

– La veille de la course: «Dès 22h30 au lit»

C’est passé très vite. Je suis allé au footing peu après le petit déjeuner. Midi est vite arrivé. L’après-midi, j’ai fait un petit check up au kiné pour vérifier deux trois petites choses. Puis il y a eu la réunion d’avant course pour préparer les bidons. De la famille est aussi passée, ça fait plaisir de les voir. Tout est allé très vite. Je suis allé au lit tôt, à 22h30, chose qui ne m’arrive presque jamais.

«Les intestins en pleine bourre»

La nuit a été un peu agitée. Je me suis réveillé à trois heures, j’ai réussi à me rendormir ensuite. Mais cela n’est pas trop préjudiciable la veille de la course. J’avais de très bonnes sensations au réveil, après le petit déjeuner, j’ai senti que les intestins étaient en pleine bourre, en bonne forme (rires).

– La course : « James Theuri m’a emmené comme un chef »

J’ai un petit peu douté les premiers kilomètres. C’est parti un peu vite, donc on a du ralentir avant de se remettre dans le tempo. On est passé en 15’25 au 5e, un peu moins vite que l’an passé (15’15). On doute toujours un peu, car au 10e kilomètre (30’54) on se dit qu’il reste encore trente kilomètres. Puis après le 10e, on a été hyper régulier en 3’05. Je tiens d’ailleurs à remercier James Theuri qui m’a emmené comme un chef. Il a vraiment été costaud d’autant plus qu’il était seul. Sur semi, je passe exactement dans le même temps que l’an dernier (1h05’02). Mais je me sentais beaucoup mieux. Les conditions climatiques étaient très bonnes. James me laisse au 28e mais j’ai Abdelatif (Meftah) en point de mire. Et au 30e, je passe avec vingt secondes d’avance par rapport à l’an dernier (1h32’22, à 14 secondes de Meftah). Je continuais avec des kilos en 3’05 – 3’07, je me disais: «c’est bon».

«Vraiment dur au 34e»

Ça a commencé à être vraiment dur au 34e, avec le vent qui revenait. J’ai eu 2-3 km très dur avant de revenir sur Abdel. J’ai maintenu un tempo avec du 3’15 mais c’était difficile. Abdel attaque très fort au 39e. Je me suis dit que les championnats du Monde, c’était perdu. Mais sur marathon, quand on attaque très fort, ça peut faire très mal. Je l’ai laissé partir avant de revenir au train. Puis je le passe au 40e et il n’a pas pu rester. Là j’ai compris que logiquement, c’était bon pour les Mondiaux.

– «Hâte de mouiller le maillot»

J’ai rempli le contrat, j’ai fait une bonne performance pas loin de 2h10. Ça me fait un peu chier de faire 2h12’00, j’aurai bien voulu faire deux secondes de moins! Je suis un petit plus fort que l’an dernier mais il y a encore des choses à travailler. Il y a une trentaine de secondes à gagner sur la fin. On va essayer de bien récupérer. C’est génial d’aller à Moscou. J’ai hâte d’y être, de mouiller le maillot. Je suis très content de prendre de l’expérience, de rentrer dans l’ambiance de ces grands championnats pour voir comment ça se passe.