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Bascou et Lavillenie au top  

Dimitri Bascou et Renaud Lavillenie se sont notamment distingués lors de la troisième et dernière journée des championnats de France Elite à Angers.

Un gros finish pour Mahiedine Mekhissi

Sur le steeple, Romain Collenot-Spriet a tenté le tout pour le tout en partant en solo sur les bases des minima pour les Europe (8’28’’). Personne ne suivit la foulée du Blésois, finalement rattrapé à 1 000 mètres du but, sous l’impulsion notamment de Valentin Pepiot. En contrôle, Mahiedine Mekhissi attaqua à la cloche, comme il l’avait prévu avant la course indiqua t-il par la suite, et réalisa un gros dernier tour (vainqueur en 8’29’’01). Il aurait été intéressant de voir si Yoann Kowal, qualifié pour Rio mais forfait à Angers, touché au mollet, aurait été en mesure de contrarier les desseins du double médaillé olympique.

« L’essentiel était de gagner et de finir fort.  Ça me rassure, j’ai besoin de retrouver de la confiance et d’enchaîner les compétitions » a souligné Mahiedine Mekhissi.

Djilali Bedrani, qui a réalisé les minima pour les Europe d’Amsterdam, a devancé pour l’argent dans les tous derniers mètres Valentin Pepiot (8’36’’30 contre 8’36’’62). Ce dernier double la mise après le bronze récolté vendredi sur 5 000 mètres dans un chrono qui laisse penser que les 8’28’’00 qualificatifs pour les Europe étaient peut-être à sa portée (alors qu’il aurait pu ne pas courir aujourd’hui en raison d’une entorse de la cheville contractée la veille lors de son footing de récup).

Bosse fiévreux

Elodie Normand a de son côté fait forte impression, conservant son titre glané l’an passé. La sociétaire du Sco Ste-Marguerite Marseille a placé une franche accélération ligne opposée pour déposer Aurore Fleury, qui avait emmené un bon tempo jusqu’alors (et finalement 3e en 4’19’’56) et Lucie Lerebourg (2e en 4’16’’27).

Sur le 800 mètres, le grand favori Pierre-Ambroise Bosse, fiévreux, avait la veille déclaré forfait pour la finale, ne voulant prendre aucun risque en vue des grosses échéances à venir (il avait passé de longues minutes hier à récupérer après sa série).

Le Poitevin Aymeric Lusine en a doublement profité : il fut dans un premier temps repêché après que Bosse ait renoncé, avant de créer la (très) grosse surprise au terme d’une finale éminemment tactique. Bien placé, il réussit à résister au retour de Sofiane Selmouni qui, enfermé toute la course, parvint finalement à se décaler à l’entrée de la dernière ligne droite pour produire son effort.

Les deux coureurs furent crédités de 1’50’’16 mais c’est Lusine qui l’emporta à la photo finish, Nasredine Khatir complétant le podium (1’50’26’’).

Un 110 m haies de feu

A l’issue des séries, ils étaient quatre à avoir couru sous les 13’35’’ qualificatifs pour les Jeux de Rio. Wilhem Belocian (13’’30) et Aurel Manga (13’’33) avaient rejoint Dimitri Bascou (13’’31) et Pascal Martinot-Lagarde (13’’29 vent régulier), qui avaient déjà réalisé les minima auparavant (Bascou a amélioré son chrono de l’année en séries, avec 13’’24). Ce qui promettait une finale à fort suspense.

Et elle le fut, Dimitri Bascou réalisant une très grosse course, vainqueur en 13’’05, bien que le vent fut un poil trop favorable (+ 2,01) pour homologuer ce qui aurait constitué son nouveau record personnel, en même temps que le 2e chrono mondial de l’année. « J’ai de quoi être confiant pour la suite. C’est extrêmement positif ».

Wilhem Belocian a signé dans son sillage un très bon 13’’15, alors que Manga a pris le bronze en 13’’32, Pascal Martinot-Lagarde, déstabilisé après avoir tapé la 7e haie, se classant 6e en 13’’73.

Antonin Boyez aime Angers

En début d’après-midi, le 5 000 m marche a vu la victoire de Kévin Campion, qui est descendu sous les 19’ (18’59’’46) alors que Yoann Diniz a fait à peine un kilomètre avant de mettre le clignotant, invoquant une allergie au pollen. « J’ai été un peu surpris en voyant Yohann s’arrêter. Je me suis retrouvé tout seul devant et puisqu’on était partit vite, j’ai essayé de jouer le chrono. J’ai quand même eu un petit creux en milieu de course. Mais je termine en moins de dix-neuf minutes, c’est bien. Je pars maintenant à Font-Romeu où je vais passer un mois, avec Yohann (Diniz) et Emilie (Menuet) pour vraiment attaquer le travail spécifique pour le vingt bornes » souligne celui qui sera à Rio dans six semaines.

A noter également la belle médaille d’argent d’Antonin Boyez (19’45’’47), qui a connu des mois compliqués, et qui est l’archétype de l’athlète qui se démène pour concilier vie professionnelle et sport de haut niveau. « On s’est relayés avec Jean (Blancheteau, l’espoir, dont on vous parlait cet hiver, a pris l’argent en 20’05’’82) sur des bases de 3’54’’. Cela fait trois fois que je viens à Angers et que je fais deuxième : en 2009 derrière Yoann sur 20 km, en 2012 sur 10 km et aujourd’hui sur 5 000 m derrière Kévin. On s’en fout mais c’est quand même marrant » souriait-il. « Je suis satisfait d’être là, je me suis fait plaisir aujourd’hui ».

Meilleure perf mondiale de l’année pour Lavillenie

Sinon, Renaud Lavillenie a établi la meilleure performance mondiale de l’année en franchissant 5,95 m alors que Jimmy Vicaut avait confirmé samedi ses excellentes dispositions du moment, en s’imposant sur la ligne droite en 9’’88, à deux petits centièmes de sa meilleure perf mondiale de l’année (9’’86, également co recordman d’Europe).

Ces championnats de France ont été fructueux du point de vue des minima olympiques, que ce soient pour Pauline Pousse (62,68 m), qui accompagnera Mélina Robert-Michon à Rio au disque (« elle m’a poussé dans mes retranchements » a expliqué la vice-champion du Monde 2013, finalement victorieuse avec un jet à 63,40 m), Cindy Billaud sur 110 m haies (12’’83) ou Bastien Auzeil, brillant vainqueur d’un décathlon (8 1191 points) auquel Kévin Mayer et Romain Barras n’ont pris part qu’à quelques épreuves .

Quand à Teddy Tamgho, il avait lui aussi glané son ticket pour le Brésil samedi à l’issue de son dernier triple bond (17,15 m)…en se fracturant simultanément le fémur.