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Après le titre aux championnats d’Europe de marathon, Christelle Daunay vise son record de France  

Christelle Daunay a raconté aux médias français et étrangers son titre de championne d’Europe obtenu samedi matin sur le marathon, agrémenté du record des championnats, en 2h25’14’’. En deux temps, d’abord en zone mixte, puis quelques minutes plus tard lors de la conférence de presse officielle à l’hôtel de ville de Zurich.

Christelle, quels sentiments vous animent ?

« Je l’ai fait. I can do it. Je la voulais et ce n’étais pas simple. Le chrono le montre. Ça été très vite. Il fallait être là. Il ne fallait pas s’emballer, les adversaires étaient redoutables. Je savais que j’étais forte et il fallait le prouver sur le terrain. Je suis très heureuse. Cela concrétise le palmarès au niveau du marathon, avec les top 5 dans les Major. »

Comment avez-vous vécu la course ?

« Il fallait restée patiente car le parcours était très difficile. On est parties sur des bases très élevées. Je suis restée dans le groupe, tout en étant là. J’ai été attentive au retour de Jessica (Augusto, la Portugaise qui a fini troisième) qui revenait dans la deuxième partie de course. Et il fallait surveiller Valeria (Straneo, vice-championne du Monde à Moscou et 2e à l’arrivée) qui était très forte. »

Qu’est ce qui a été le plus dur ?

« Il fallait être patiente pour pouvoir décrocher Valeria. Le duel a été très serré jusqu’au bout. Personne n’a voulu lâcher l’affaire. Je suis contente que ça soit moi la meilleure aujourd’hui. »

Vous avez presque 40 ans. Quel est le secret de votre longévité ?

« Le plaisir, l’envie, et le travail. Tant que la forme est là, je continue à courir avec plaisir. Le titre me donne encore l’envie de poursuivre. J’avais tout misé pour ce 16 août. Je ferais le point dans les jours à venir. Je me remettrai un objectif dans la tête. »

Comment avez-vous négocié la longue côté à parcourir à quatre reprises ?

« Elles font très mal. Je les ai montées  à mon rythme pour ne pas me faire mal car je savais qu’on pouvait revenir dans les descentes dans problèmes. »

 

« J’ai pensé à tout le travail réalisé, les sacrifices, à l’équipe de France »

 

Quand avez-vous entériné la décision de participer au marathon de ces Europe ?

« Pour nous, les marathoniens, ce n’est pas toujours simple de courir un championnat. Cela concrétise un palmarès. J’ai beau avoir faire 3e (2009)et 4e au marathon de New York (2013), il me manquait un titre ou une médaille avec l’équipe de France. Beaucoup de personnes me l’ont fait comprendre. J’avais besoin de ce titre pour moi-même et le marathon français. Je suis avant tout marathonienne. C’était aussi ma discipline.

J’ai pris la décision après le marathon de New York 2013. J’ai construit ce titre et je suis contente de l’avoir fait. Je suis encore capable d’aller vite, comme je l’ai prouvé aujourd’hui. Je vais certainement allée chercher un record de France la prochaine fois (2h24’22’’ par elle-même en 2010 à Paris).

J’aurais pu faire le 10 000 : j’avais aussi les capacités d’aller chercher une médaille. Il y a aussi un projet marathon avec l’équipe de France. J’espère que cette médaille d’or va entraîner une émulation pour la discipline. »

Dans quelle mesure la mise en place du projet marathon a-t-elle influencé votre décision ? 

« C’est avant tout moi qui l’ai prise. Etant leader féminine et en général, je me devais de porter les couleurs de la France dans cette discipline.

A quoi avez-vous pensé lorsque le trou s’est fait ?

« J’ai pensé à tout le travail réalisé, les sacrifices, à l’équipe de France. Que c’était mérité. Que moi aussi j’allais avoir cette médaille d’or. J’avais envie d’aller la chercher. J’ai été sûre, sûre de gagner au 41e. J’ai attaqué au 36e. Ça tapait dur musculairement. J’avais six secondes d’avance au 40e. Je ne fléchissais pas, mais musculairement je souffrais. Les deux derniers kilomètres ont été difficiles. »

Vous pensez déjà au prochain marathon ?

« Depuis les JO de Londres (elle avait contractée une fracture de fatigue à quelques jours de l’épreuve et avait déclaré forfait), je vois petit à petit. Je n’ai pas d’objectifs car je misais tout pour le 16 août. Tant que je prends plaisir, et que la forme est là, je me mets des objectifs. Je verrais plus tard, dans les jours à venir. Rio ? Pourquoi pas. Je vous en dirais plus au prochain marathon. »

 

A lire également, le compte rendu complet de la course et le portait de Christelle Daunay : ici.

 

Photo : Q.G