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André Giraud évoque la création de l’Ekiden de Paris

Vice-président délégué à la Fédération, en charge du suivi du projet de développement de la Fédération, de l’animation des territoires et des relations avec les collectivités territoriales ainsi que du marketing, André Giraud revient sur la création de l’Ekiden de Paris (un relais à six sur une distance de 42,195 km), qui aura lieu le 3 novembre prochain. L’interview a également dévié sur le marathon, avec le projet de la création d’un groupe France qui a été entériné.

Comment est né ce projet de l’Ekiden de Paris?

Dans le cadre des accords de partenariats que nous avons à la fois avec la mairie de Paris et avec notre partenaire Asics, nous avons décidé de créer un évènement de course sur route, qui soit un évènement propre à la Fédération. Jusqu’à maintenant, la Fédération soutient et labélise un certain nombre de manifestations, mais elle n’a pas sa propre organisation.

L’idée de l’Ekiden de Paris est que la Fédération soit “propriétaire“ d’un évènement, au même titre que le meeting Areva à Paris -depuis deux saisons, la Fédération a tout repris en main sur le meeting Areva. Notre objectif fédéral est d’avoir dans chaque discipline une organisation phare. Nous sommes en train de travailler sur un évènement trail qui ne sera pas le championnat de France. Ce n’est pas encore arrêté. L’athlétisme sur piste, c’est le meeting Areva, et aujourd’hui, on est à la recherche de la création d’un grand cross. Ce sont des épreuves de promotion de nos différentes disciplines. Pour la route, l’évènement phare de la Fédération sur l’olympiade, avec nos deux partenaires, sera donc l’Ekiden.

Pourquoi un Ekiden et pas un 10 kilomètres, un marathon ou autre?

Compte tenu de l’histoire et du désintérêt de la Fédération pour les courses hors stade il y a une quarantaine d’années, on a toujours été un peu été à la remorque des organisateurs. Maintenant que la course sur route est devenue une discipline à part entière de l’athlétisme, il fallait que nous trouvions un évènement. Si nous étions orientés vers un marathon ou un semi, on aurait été en concurrence avec des grands évènements parisiens. Etant donné notre partenariat avec la mairie de Paris, il fallait trouver un évènement sur route qui n’existait pas encore. Il n’existait pas de grand Ekiden populaire.

Il y avait un créneau de disponible, et l’Ekiden correspond aussi aux valeurs collectives que nous voulons donner à la course hors stade, puisque c’est une épreuve de relais, par équipes, et que nous sommes une Fédération de clubs. On veut également qu’il y ait un esprit d’ouverture et on accueillera des clubs qui ne sont pas affiliés à la FFA, comme des associations, des entreprises. On va essayer d’élargir ce champ pour conforter notre politique de développement.

«Un aspect convivial, festif, et pas réglementaire »

N’avez-vous pas peur que cet évènement phagocyte les championnats Nationaux d’Ekiden, qui ont eu lieu le week-end dernier?

Non, car ce sont deux choses différentes. L’esprit de l’Ekiden de Paris, c’est une épreuve de promotion populaire. Ce n’est pas une épreuve où l’on va rechercher la performance. C’est une épreuve en relais qui va nous permettre de sortir du cadre institutionnel. Quand on voit le succès de Paris-Versailles, qui n’est pas une épreuve officielle…

On la soutient et ça n’empêche pas les 20 km de Paris d’exister. Il existe des épreuves qui ne sont pas officielles et qui ont un gros succès. C’est vers cet aspect là, festif, convivial, que l’on veut aller, et pas réglementaire (avec des minima etc…, ndlr). Mais ces Nationaux d’Ekiden ont dû mal à se développer. C’est un championnat. C’est un créneau que l’on offre à des clubs qui ont des sections de courses sur route et qui aiment bien se mesurer sur un aspect performance.

Il y avait quand même 180 équipes (165 engagées en fait, ndlr), c’est pas mal. Cela fluctue selon les années, d’autant plus que la date est variable (63 équipes à l’arrivée lors de la précédente édition, en juin 2012)…C’est notre problème. Puisque l’on s’appuie sur des organisations existantes, on est obligés de s’adapter à ces organisations, selon les candidatures. C’est un championnat national, et pas un championnat de France.

«Une représentation française au Japon »

Justement, quelle est la différence entre les deux?

Elle est en phase avec nos partenaires: quand on signe des contrats de partenariats, on les signe sur des vrais championnats de France: les Elite, les Elite en salle les cross. Ce sont les trois gros championnats que nous avons contractualisés avec nos partenaires. Après, on a un deuxième niveau que l’on appelle les championnats Nationaux, un peu comme en football. Ce ne sont pas des championnats dévalorisés, mais on n’a pas de contraintes partenariales particulières. Nos partenaires ne communiquent pas dessus. Il y a une certaine liberté d’organisation.

Il y a pourtant les championnats de France de 10 km, de courses en montagne, de semi-marathon, de trail et de marathon (et les championnats Nationaux des 100 km, du kilomètre vertical, des 24 heures et d’Ekiden).

Pourquoi le 10 kilomètres? Parce que le 10 km est très populaire. Chaque année, on a entre 1500 et 1800 participants. A partir du moment où il y a du monde, on donne le label “France“. 1 600 personnes à Gap pour le trail, c’est un phénomène que l’on ne peut pas ignorer. Il faut aussi que l’on soit en phase avec la demande.

La marque Asics étant japonaise, est-il envisageable d’engager qu’une équipe de France participant l’Ekiden de Chiba fin novembre, comme ce fut le cas à la fin des années 1990 et au début des années 2000?

Il y a eu une demande qui est en cours de réalisation. Depuis la visite du président Bernard Amsalem et du DTN (Ghani Yalouz) au printemps dernier à Tokyo, une invitation a été lancée pour que l’on envoie une équipe homme et une équipe femme. Cela été acté au niveau de notre bureau fédéral. Il y a la volonté de notre partenaire et des institutions japonaises d’avoir chaque année sur le grand rassemblement Ekiden au Japon une représentation française.

La difficulté est que si on envoie les meilleurs, ça se chevauche avec la préparation des championnats d’Europe de cross. Il y aura une équipe en 2014, mais ça sera peut-être une équipe bis.

L’Ekiden se court sur la distance d’un marathon. Y a-t-il un lien avec la volonté de relancer le marathon?

Franchement, non. La relance du marathon est actée. C’était dans les tuyaux depuis quelques mois et ça m’a été confirmé depuis quelques jours: le groupe marathon homme et femme va être constitué autour de Philippe Rémond (record personnelsur marathon: 2h11’22 en 1995), qui va être un peu l’ambassadeur et le manager de ces deux groupes, avec l’accord de Jean-François Pontier. Philippe Rémond ne va pas remplacer les cadres de la DTN.

«Un cadre bien précis entre les marathoniens et la Fédération »

Quel sera précisément son rôle?

Son rôle est de faire en sorte que l’on ai un véritable groupe de marathoniens et de marathoniennes performants, qui évitent de se disperser. Jusqu’à maintenant, les sélections dans les grands championnats se faisaient à partir de minima et ensuite, il n’y avait aucun contrôle. On ne peut pas préparer un marathon comme on prépare un 100 ou un 200 mètres. Il y a toute une préparation à mettre en place pour être performant le jour J, et on ne peut pas aller courir le cachet tous les dimanches. Et malheureusement, c’est ce qui s’est passé, notamment à Londres (aux JO, les trois français engagés avaient abandonné, ndlr).

Il y aura un pacte, un contrat passé entre une génération de marathoniens et marathoniennes, dans un cadre qui sera bien précis, et fixé avec la Fédération. Par exemple, le groupe France marathon sera amené dans le cadre de sa préparation à participer à des grandes épreuves sur route. Quand les athlètes vont signer le contrat, ils n’iront pas courir où ils veulent et quand ils veulent. Sinon, ils sortiront du groupe. On voudrait déjà avoir une équipe homme et femme qui a un esprit d’équipe à Zurich. Oui, des moyens financiers seront dégagés dans le cadre du suivi des athlètes.

Et quid de Jean-François Pontier, qui est le manager hors stade à la FFA ?

Ce n’est pas une polémique. Il y a la DTN qui a un rôle de technicien. Et puis il y a l’expérience de quelqu’un qui a pratiqué le haut niveau. Avec Philippe Rémond, on est plus dans le management, dans la préparation d’un objectif que dans la technique. J’étais chef de délégation à Moscou, je peux vous dire que Mehdi Baala a joué un rôle essentiel auprès des demi-fondeurs. Pontier et Rémond vont travailler ensemble, il n’y a pas de concurrence.