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Affaire Calvin – L’athlète et l’AFLD se renvoient leurs versions des faits

C’est aujourd’hui que les deux parties qui s’affrontent dans « l’affaire Clémence Clavin » ont communiqué, à quelques heures d’intervalle, lors de deux conférences de presse organisées à Paris.

– A 15 heures, au siège de ses avocats c’est d’abord l’athlète, soupçonnée de soustraction à un contrôle antidopage, qui a donné sa version des faits, après plusieurs semaines de silence.

Voilà ce que dira, en substance, la vice-championne d’Europe de marathon 2018 :

« Ça fait 12 ans que je suis athlète de haut niveau. Je n’ai jamais eu de problème avec l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD). Ce que j’ai vécu le 27 mars, c’était tout sauf un contrôle. C’était d’une grande violence, une incompréhension de ce qui m’arrivait. À 17h30, j’ai récupéré mon fils à la garderie, cela faisait deux jours que j’étais arrivée à Marrakech. On a fait une petite balade dans le quartier, mon mari (Samir Dahmani) était allé chercher un gâteau pour l’anniversaire de mon fils. J’étais dans la rue, à jouer avec des enfants. Et des gens sont arrivés en me saisissant le bras et en disant  »Police française. Il est où Dahmani ? » Je n’ai pas compris. On est ensuite allés dans la direction où il était. Je tends alors mon fils à son père. À ce moment-là, une des personnes me tape le bras violemment. Mon petit tombe sur le sol et se met à pleurer. Mon mari commence à se disputer avec ces gens, je me suis écartée. Mon mari m’a rejointe. Un moment vraiment particulier. C’est vraiment la première fois que je me faisais attaquer de la sorte. […] On a cherché à faire ausculter mon fils par un médecin. Ensuite, c’était de savoir ce qu’on pouvait faire. […] Nous sommes rentrés vers minuit. On nous a racontés qu’il y avait trois personnes qui avaient arpenté le quartier en tapant aux portes en se présentant comme la police française et qui cherchaient  »les Français ». À aucun moment, ces gens se sont présentés comme des représentants ou des contrôleurs. […] Ils cherchaient mon mari. Et je n’ai reçu aucun document. Je n’avais jamais vu ces personnes, deux hommes et une femme. D’après les témoignages, ce serait les mêmes personnes qui cherchaient dans le quartier. À aucun moment, on ne m’a dit :  »On va faire un prélèvement ».

 Son avocat Me Arnaud Péricard, a annoncé, que la marathonienne était suspendue provisoirement, à titre conservatoire, dans le cadre d’une procédure disciplinaire lancée par l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD). L’athlète a été notifiée ce matin du 10 avril de cette suspension pour « soustraction au prélèvement d’un échantillon ». En outre, un « no show » lui a été notifié, puisque le jour de cette histoire, à 20 heures, Clémence Calvin n’a pas pu être localisée. Elle ne devrait donc pas pouvoir s’aligner sur le marathon de Paris dimanche, sauf à procéder à un recours en référé devant le Conseil d’État.

– Une heure et demie plus tard, à 16h30, c’était à l’AFLD d’organiser sa conférence de presse, pour donner sa version des faits. L’AFLD a d’abord précisé qu’elle était en droit d’effectuer des contrôles à l’étranger, ce que le camp de Clémence Calvin semblait mettre en doute. L’un des représentants de l’Agence a ensuite qualifié « d’invraisemblances » le récit de Clémence Calvin. « Deux allégations de Clémence Calvin sont graves et infamantes pour l’agence : le fait que nos agents auraient usé de violence contre elle et son enfant. Cela est dénué de ton fondement » a poursuivi l’intéressé. « Deuxième allégation : nos agents ne se seraient pas présentés comme des préleveurs. Ceci est entièrement faux ! Nous donnerons toutes les suites, y compris judiciaires, que ces allégations réclament » a conclu l’AFLD.

Photo Getty Images