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Quand Ben Johnson joue avec  son passé de dopé dans une pub pour paris sportifs

Ben Johnson a créé la polémique en apparaissant dans une publicité vantant la nouvelle application mobile d’une société de paris sportifs et dans laquelle le Canadien met en scène et multiple les références à son contrôle positif aux Jeux de Séoul en 1988.

Les sites de paris font souvent des…paris audacieux dans leur communication. C’est le cas de l’un d’entre eux, qui a choisi comme égérie…Ben Johnson.

Le Canadien, champion olympique du 100 mètres en 1988 à Séoul (record du Monde à la clé, 9’’79), fut destitué de son titre (et de son record) 48 heures plus tard, à la suite d’un contrôle positif au stanozolol (un stéroïde anabolisant).

Dans cette pub tournée en Australie, on voit le Canadien se présenter comme « le champion olympique 1998 du 100 mètres »…alors qu’une incrustation sur l’image vient préciser : « * pour 48 heures ». Puis une voix-off relève : « Quand il est question d’amélioration de la performance, Ben connaît vraiment son sujet ».

Le spot, non dénué d’humour donc, présente aussi quelques saillies bien senties. Il est notamment dit que l’application sur mobile « a constamment été testée positive à la vitesse et à la puissance» ou qu’elle « un grand succès fort grâce à des experts du monde entier en matière d’amélioration de la performance ».

Cité par la BBC, le ministre des sports australien Greg Hunt a regretté le caractère « complètement inapproprié » de la présence de Ben Johnson dans la publicité, alors que le sénateur Nick Xenophon a analysé : « C’est nuisible à plusieurs niveaux : un tricheur est glorifié, tout cela est en lien avec le jeu (les paris sportifs, ndlr) et promu de manière inconséquente auprès des enfants ».

L’Agence Antidopage Australienne (ASADA) a également réagi par communiqué. « L’ASADA n’approuve pas le message fourni dans la publicité, qui loue l’utilisation de substances interdites dans le sport. C’est un message particulièrement néfaste qui est diffusé, à savoir que l’utilisation de produits dopants dans le sport est normale. Cette campagne de publicité diminue les efforts des athlètes propres et déprécie le travail de ceux qui œuvrent en faveur d’un sport propre dans le monde entier ».

Un porte-parole de Sportsbet, la société de paris sportifs en question, a déclaré au News Ltd Media que ladite pub « ne diffusait pas un message louant les produits dopants », mais « ne s’interdit pas d’introduire un peu d’humour dans la publicité ».

Sur un post de blog, la société, qui indique qu’elle ne retirera pas le spot, assure : « Nous pensons que c’est plutôt drôle, mais certains médias ont complètement perdu la tête. Nous avons reçu énormément de retours positifs de la part du public, qui voit la pub pour ce qu’elle est, une blague pince-sans-rire ».

Le spot, savamment élaboré, est un joli coup marketing de la société de paris. Qui interroge aussi la sanction « sociale » du dopage, puisque Ben Johnson « profite » de ce contrôle positif en se mettant en scène…A la place, il aurait très bien pu apporter son écot, dans l’ombre plutôt que dans la lumière, à la sensibilisation, l’éducation de ce fléau qu’est le dopage et des implications afférentes, auprès des institutions compétentes (ou incompétentes parfois)