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Mo Farah : « La Reine a fait de moi un Chevalier ; Donald Trump semble faire de moi un étranger »

Mo Farah, à l’instar de nombreuses personnalités ou individus du monde entier (réunis autour du hashtag #Muslimban), s’est inquiété du décret anti-immigration signé par Donald Trump, décret qui a provoqué un véritable tollé. 

Là, il n’est plus question du nombre de titres accumulés, de l’enquête qui fut menée à l’encontre de son coach Alberto Salazar, d’AUT indûment délivrés, de chronos (trop) stratosphériques comme un mille bouclé en moins de 2’20’’ aux Mondiaux à Pékin sur 5 000 m (lire ici)

Là, le sport devient secondaire. Donald Trump, président nouvellement élu à la Maison Blanche a en effet signé un décret vendredi 27 janvier interdisant l’accès au territoire américain les 90 prochains jours aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane (Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen) mais pas ceux dans lesquels la société de  Trump, Trump Organization, est engagée commercialement…).

Le Wall Street Journal a ensuite précisé que cette interdiction « s’applique également aux personnes originaires de ses pays mais qui possèdent un passeport d’une autre nationalité. Cela signifie par exemple que des Irakiens ayant un passeport britannique et voulant entrer aux Etats-Unis ne pourraient pas le faire ».

C’est ainsi que Mo Farah, né en Somalie, mais qui possède un passeport britannique (c’est ainsi qu’il a toujours couru sous les couleurs de la Grande-Bretagne) pourrait être interdit d’entrer sur le sol américain les 90 prochains jours, lui qui vit et s’entraîne une bonne partie de l’année à Portland dans l’Oregon.

« Politique ignorante et pleine de préjugés »

Actuellement en Ethiopie où il se prépare avant une course indoor à Birmingham le 18 février, le quadruple champion olympique a réagi sur son compte Facebook : « Le 1er janvier, Sa Majesté la Reine (Elizabeth) a fait de moi un chevalier. Le 27 janvier, le président Donald Trump semble faire de moi un étranger. Je suis un citoyen britannique qui vit aux Etats-Unis depuis six ans. Je travaille dur, je paye mes impôts et j’élève mes quatre enfants dans un endroit où ils se sentent désormais chez eux. Aujourd’hui, on nous dit –à moi et beaucoup d’autres- que nous pourrions ne plus être les bienvenus. Il est profondément inquiétant que je doive dire à mes enfants que Papa pourrait ne pas pouvoir rentrer à la maison, que je doive leur expliquer pourquoi un président a mis en œuvre une politique ignorante et pleine de préjugés ».

Farah a ensuite ajouté dans un message partagé plus de 240 000 fois : « Je suis arrivé en Grande-Bretagne en provenance de la Somalie à huit ans. On m’a donné la chance de réussir et de réaliser mes rêves. Je suis fier de représenter mon pays, de gagner des médailles pour les Britanniques et d’avoir été élevé au rang de Chevalier, qui est le plus grand honneur. Mon histoire est le parfait exemple de ce qu’il peut se passer quand des politiques de compassion et de compréhension sont menées, et non pas de haine et d’isolement ».

Plus globalement, le New York Times souligne que le décret mis en œuvre par Trump pourrait avoir un impact considérable sur le sport, et pourrait d’ores et déjà menacer la candidature de Los Angeles à l’organisation des Jeux Olympiques 2024, pour lesquels Paris et Budapest sont aussi en lice.

Photo : Mo Farah aux Mondiaux de Pékin en 2015 (Photo Getty Images).