VO2
VO2 RUN - Le magazine de toutes les courses à pied !

Marvejols-Mende : « des descentes terribles » dixit Yohan Durand

Yohan Durand, en pleine préparation pour le marathon de Berlin, a pris part dimanche 26 juillet à Marvejols-Mende, l’une des plus grandes classiques françaises en course à pied. Impressions.

L’Alpe d’Huez marquait la fin des étapes montagneuses sur le Tour de France cycliste, samedi 25 juillet. Pour certains, le Tour s’est prolongé un peu, hier…

Marvejols-Mende, classique française et 43e édition du nom, se distingue par son profil (très) atypique) : un peu plus de 22 kilomètres, et deux grosses bosses à passer –la première a des allures de col au regard du profil.

Capture3

Yohan Durand y mettait pour la première fois les pieds. Venu glaner le maillot à pois de meilleur grimpeur, il est reparti avec un énorme point de côté, mais le dossard rouge de combatif du jour pour n’avoir pas abandonné. « Je suis venu, j’ai vu, j’ai perdu!! » a souligné avec le sourire sur sa page facebook l’athlète coaché par Pierre Messaoud.

Après quatre km plats ou en léger faux plat montant (« ça ne part pas trop vite ») les coureurs attaquent l’ascension de Goudard, aux (très) forts pourcentages. « J’ai temporisé quand ils (les coureurs des haut plateaux trustant les avant-postes) ont relancé un peu avant le début de la côte. Ils ne montent pas l’ascension super vite. Par contre, je pensais que j’allais pouvoir récupérer dans la descente. Au contraire, ils ne récupèrent pas et les descentes sont terribles, avec des passages à 12-13%. Ils descendent comme des avions, sur 2’30’’ au kilo. C’est impressionnant. Tu charges musculairement et tu ne peux pas récupérer cardiaquement, car tu vas vraiment très vite ».

« Un coup de poignard »

Il faut ensuite gérer le replat de 3-4 bornes (« ce n’est pas évident de maintenir un bon tempo car tu arrives un peu en survitesse, en ayant les jambes chargées »), avant de s’atteler à la bosse de Chabrits, moins pentu que la première mais dont l’enchaînement cisaille les cannes. « L’enchaînement côte-descente et deuxième côte est vraiment délicat. J’étais 13e, à 500 m du sommet de la deuxième côte et j’ai eu un gros point de côté, comme une crampe, sous les côtes au niveau du foie. Ça m’est arrivé d’un coup, comme un coup de poignard. Je ne sais pas ce que c’est. Impossible de respirer normalement. J’ai trottiné 100, 150 m et j’ai ensuite été obligé de m’arrêter. Je marchais, je re-trottinais et j’ai fait quatre bornes comme ça » explique Yohan Durand, finalement 25e en 1h20’57’’.

Après ses débuts sur marathon à Paris (lire ici), Yohan Durand lorgne le marathon de Berlin le 27 septembre prochain. Il a débuté début juillet à Font Romeu la préparation de son deuxième 42,195 km.

A l'arrivée du marathon de Paris (Photo Jean-Marc Mouchet)

A l’arrivée du marathon de Paris (Photo Jean-Marc Mouchet)

« Je n’étais pas fantastique. C’est une course où il faut arriver relativement frais musculairement. Même si j’ai diminué le kilométrage la semaine dernière, j’ai quand même fait trois bonnes semaines à Font Romeu. J’ai cherché à récupérer les derniers jours avant la course, mais je ne pensais pas honnêtement que ça serait si dur ».

« Valider le premier cycle d’entraînement »

Pas risqué de s’aligner en pleine prépa sur une course si difficile ? « C’était un risque. Après, il n’y a pas forcément de compétition l’été. C’était aussi pour valider le premier cycle d’entraînement sur Font Romeu depuis début juin, avec pas mal de condition physique, de travail de côtes, de renforcement,  beaucoup de footings sur des terrains vallonnés, pour justement prendre du volume musculaire, en vue des derniers kilomètres du marathon. A Paris, c’est vraiment à partir du 34, 35e km que j’ai commencé à être dans le dur musculairement, alors que j’étais à l’aise cardiaquement. Et on voulait garder le contact avec la route » poursuit Yohan Durand, qui vient d’en finir avec un footing de récup matinal à Font Romeu -il est remonté dans la foulée de Marvejols-Mende- (« j’ai les jambes sacrément chargées, surtout les ischios ») où il bénéficie de conditions idoines de récupération (kiné, cryothérapie).

Il s’alignera à Lille sur le semi début septembre –sa seule course avant Berlin. D’ici là, la préparation continue entre Font Romeu, et Bergerac chez lui où il placera des séances à l’allure marathon, en plaine donc.

Kévin Begnis et Aline Camboulives premiers Français.

Kévin Begnis, 9e des France de 10 000 m en 29’48’’04, a pris une belle 13e place –premier Français- en 1h18’19’’, le podium tricolore étant complété par Geoffrey Clavier (16e en 1h19’16’’) et Pierre Urruty (18e en 1h19’25’’), troisième des championnats de France de Villeneuve d’Ascq sur 5 000 m (lire ici).

L’Ethiopien Delesa Terefa s’est imposé en 1h13’12’’ devant les Kenyans Charles Ogari et Kevin Limoh (1h13’33’’ et 1h13’52’’).

Aline Camboulives à Zermatt mi-juillet

Aline Camboulives à Zermatt mi-juillet

 

Triplé éthiopien chez les femmes, avec le succès d’Alebache Abere Selam (1h25’01’’). L’éclectique Aline Camboulives, termine 4e et première Française (1h29’09’’).

2867 participants étaient inscrits à cette 43e édition, finalement bouclée par 2439 coureurs.

Les résultats de Marvejols-Mende : cliquez-ici.

Pour prolonger : retrouver dans le dernier numéro de VO2 Run actuellement en kiosque (disponible également sur notre site ici) le plan d’entraînement  des cinq dernières semaines de préparation de Yohan Durand avant le marathon de Paris.

Ainsi que des conseils pour contrecarrer la décompression post-marathon.